‹ L'église anglicane avant la Réforme; abrégé d'histoire ecclésiastiqueChapitre 2 sur 13 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L'EGLISE ANGLICANE : Que de personnes se servent de cette expression sans en comprendre toute la signification ! Quelle est cette Eglise, et à quelle époque remonte-t-elle? Comment peut-elle justifier son nom et sa place dans l'histoire des peuples?

Que d'erreurs sont lépandues dans le monde au sujet de l'Eglise anglicane I A'eut-on, par exemple, s'enquérir de la date de son organisation ? Les uns répondent qu'elle doit sa fonda- Fausses tion à un acte du Parlement anglais; d'autres, ^otiofis. en plus grand nombre, afi&rmeront que cette Eglise commença avec Henri VIII ; qu'elle n'est qu'un des multiples fruits de la Réforme du XATième siècle; que c'est l'Eglise des riches et de la noblesse seulement ; que ses pasteuis sont pa^'és par l'Etat; qu'elle n'est qu'une branche de l'Eglise romaine; qu'enfin, telle que cette dernière, elle a

retardé, au lieu d'avancer, le développement moral et intellectuel des peuples. Xous nous proposons, dans ce qui va suivre, de démontrer la fausseté de toutes ces assertions.

L'Eglise anglicane existait déjà depuis plusieurs siècles quand, pour la première fois, le mot "Parlement " fut introduit dans la langue anglaise. La monarchie n'était pas encore fondée en An- Otgani- gleterre que déjà l'Eglise anglicane était une TÈ^Use^ institution florissante. C'est dire que cette Eglise est la plus ancienne des institutions qui virent le jour dans les Iles Britanniques. D'ailleurs, c'est elle qui a toujours joué le plus grand rôle dans le relèvement moral des peuples qui l'habitent. Ce n'est donc pas au sein de la Réformation qu'il faut placer le berceau de l'Eglise anglicane, nous devons remonter au temps des premiers apôtres de Jésus-Christ.

Comprenons, d'abord, ce que veut dire ce mot " L'Eglise ". L'Eglise est le corps mystique de Jésus- Christ (Col. 1-24), auquel les chrétiens sont unis par leur baptême ( Actes 1 1-41 ), et dans le- ÇfJ^^y^^ quel ils sont nourris par les movens de grâce dési- * gnés par Jésus-Christ lui-même (Actes 11-42,

VIII 14-37, XIX-5-7)- C^s moyens de grâce sont administrés par des personnes dûment auto-

risées par les évêques qui sont les successeurs des apôtres (Tite I. 5). Jésus-Christ vint sur cette terre pour établir une église (Matt. XVI 18). Il choisit douze Apôtres pour en être les pierres fondamentales, lui-même devant en être exclusivement la pierre d'angle ( Eph. 11 20). Christ donna aux Apôtres la mission d'enseigner et de baptiser les nations (Matt. XXVIII. 19-20 ), et les Epitres nous montrent clairement comment ils remplirent cette mission. Vers l'an 30, après ^fjf^'''^' avc)ir entendu la prédication de St. Pierre, 3000 Voj'a^-es personnes se convertissent et sont ajoutées à l'E- ^^ p^^^i glise par la cérémonie du baptême ( Actes 1 1-41 ). Plus tard, St. Paul se convertit (Actes IX 18-20), et devient un des plus fidèles serviteurs du Christ. Cet Apôtre fit plusieurs voyages missionnaires. Il visita l'Arabie, l'Asie-Miiieure, l'Espagne et la Gaule. Plusieurs historiens, dès le premier siècle du Christianisme, affirment que St. Paul se rendit en Angleterre, ce que très probablement il fit afin d'aider à l'établissement du Christianisme dans ces contrées lointaines.

En l'an 44 des Presbyteri, ou anciens, sont établis dans chaque Eglise (Actes XIV 23), comme l'avaient déjà été les diacres qu'on avait choisis et mis à part par l'imposition des mains

( Actes VI ), et St. Paul, à Ephèse, charge Timothée d'ordonuer des prêtres et de les établir dans les Eglises ( I Tim. V-22 ).

Les Eglises étant devenues trop nombreuses

^ ,. pour que les Apôtres pussent les surveiller toutes,

i'on des il^ établirent des nommes capables de leur aider

Evêqiies ( Tite 1-5-10 ). Ainsi du temps de St. Paul, et

et des Diacres, longtemps avant la mort de St. Jean, les Eglises

étaient administrées par les évêques, assistés de

prêtres et de diacres. Cette division en trois ordres

du ministériel apostolique a toujours subsisté.

tant dans l'ancienne Eglise bretonne que dans

l'Eglise anglicane de nos jours.

Un siècle à peine après la mort de St. Jean les chrétiens pouvaient déjà dire: "Nous ne , sommes que d'hier, et déjà nous remplissons vos de villes, vos municipes, les places publiques, le

r Eglise, palais, le forum. Dans les champs, dans les îles, dans les forteresses, on ne rencontre que chrétiens ; gens de tout âge, de tout sexe, de toutes conditions et de toutes dignités s'affilient au Christianisme."

En l'an 43, A.D., l'empereur Claude, accom- Invasion pagné d'une flotte de 800 vaisseaux de guerre, Romaine débarque à Ebsfleet et commence une guerre qui,

ayant duré 40 ans^ se termine enfin par la soumission de la Grande Bretagne et son occupation ^/^/^^^"^^ par les armées romaines durant plus de trois César. siècles. La religion des anciens Bretons était celle des Druides. Ils avaient le plus grand respect pour les essences forestières, notamment le chêne. Ils offraient leurs sacrifices au fond des bois, dans des lieux obscurs, parmi ces rois de la forêt dont ^^^^^^^ la hauteur des cimes et la majesté du tronc ins- anciens piraient tant d'effroi au peuple. Les prêtres ^^^'^■^' Druides exerçaient la plus grande influence sur les événements les plus courants de la vie, et leurs paroles étaient regardées comme des oracles.

Le langage des Bretons était le Celtique, langue commune à certains peuples de la Gaule. Les Romains introduisirent le latin, l'anglosaxon fut apporté par les nations germaniques, j^ano-a^e puis l'allemand et le français par les conquêtes des des Danois et des Normands. C'est de la fusion ''^ ^^^^' de ces cinq idiomes que nous avons obtenu la langue anglaise.

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