CHAPITRE II
L'Eglise dans la Grande Bretagne.
'EGLISE CHRETIENNE dans les Iles Britanniques doit son origine à trois sources distinctes. Premièrement, à l'ancienne Eglise bretonne ; deuxièmement, à la mission d'Augustin ; troisièmement, aux missionaires 2-na^es ^'Ecosse et d'Irlande. Nous ne saurions dire d'ancie?is positivement par qui le Christianisme fut introf/d^êa-t' ^^^^ ^" Angleterre. Selon l'histoiien Théodoret, vains St. Paul fut un des Apôtres qui porta le salut aux vwdernes j^^^ ^^ l'Océan." Au nombre <ie ceux qui sont d'avis que St. Paul fut un des apôtres qui vinrent évangéliser les Bretons sont les évêques Stillingfleet, Burgess, Uslier, Gibson et Nelson. Gildas. le sage historien breton du commencement du Vlième siècle, dit que le Christianisme fut introduit dans les Iles Britanniques en l'an 6i après Jésus-Christ. St. Clément de Rome, compagnon intime de St. Paul ( Phil. IV. 3 ), dit qu'en prêchant l'Evangile, St. Paul se rendit aux extrémités de l' Ouest. Par cette dernière expression l'on entendait l'Espagne, la Gaule et les Iles
Britanniques. D'antres historiens affirment que les premiers rites chrétiens furent pratiqués à Glastonbury par Joseph d'Arimathée et ses douze y ^^^o^^' compagnons. Ce que nous pouvons affirmer c'est qu'il y avait en l'an 300 une Eglise à Glastonbury dont, au dire d'un ancien historien, Aristobulus, qui mourut en 99, fut le premier évêque. D'après le témoignage universel des premiers historiens chrétiens, les habitants de la Grande Bretagne Londres. avaient été soumis à l'Evangile avant la fin du deuxième siècle, et il y avait un évêque à Londres en l'an 180. St. iVthanase mentionne les Bretons au nombre de ceux qui avaient accepté la foi. .^^ . Vers l'an 200, Tertullien écrivait: "Christ est /zV;/. prêché aux Barbares et règne sur des peuples que les Romains n'ont pu soumettre, dans les parties les plus éloignées de l'Espagne et de la Gaule ainsi que dans les Iles Britanniques." Au quatrième siècle Eusèbe affirme que quelques-uns ^J/ï*:^^ ^^ des apôtres traversèrent les mers et vinrent dans les Iles Britanniques, C'est à St. Paul que St. Jérôme attribue cette mission accomplie par lui après sa mise en liberté (61 A. D.). Ces témoignages semblent indiquer que le christianisme s'introduisit en Angleterre du vivant même des Apôtres.
Sous l'empereur Dioclétien, l'Eglise bretonne Persccu- fQ^mit plusieurs martyrs. Dans la ville de
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Caerlon-sur-Usk, Arron et Julius furent mis à mort. Toutefois c'est St. Alban qui est reconnu comme le premier martyr de l'Eglise bretonne. Pour échapper à ses persécuteurs, un prêtre St. Alban s'était réfugié dans la maison d'Alban, noble patricien romain alors vivant en Angleterre. La vie tissée de piété et d'humilité du saint prêtre fit une telle impression sur Alban qu'il demanda à être baptisé. Les persécuteurs ayant découvert où le prêtre chrétien s'était réfugié, Alban lui permit de s'échapper une seconde fois, en changeant d'habits avec lui et alla ensuite se constituer prisonnier. Questionné par les juges, Alban se déclara chrétien. A^'ant refusé de sacrifier aux divinités païennes, il fut condamné à m.ort. Témoin du courage et de la foi du martyr, le soldat choisi pour l'exécution laissa tomber son épée, déclarant qu' il acceptait lui-même la foi chrél ienne. Il fut immédiatement traduit en justice et, ainsi qu' Alban, souffrit le martyre le 22 Juin 304, près de 300 ans avant la venue d'Augustin en Angleterre. K. l'endroit même oii périrent ces deux chrétiens, l'empereur Constantin fit bâtir une église pour perpétuer la mémoire de St. Alban,
Cette église se trouve encore aujourd'hui dans la ville de St. x\lban à 30 miles de la ville de Londres.
En l'an 314 eut lieu le concile d'Arles. Trois évêques bretons, Restitutus de Londres, Euborius d'Arles,
d'York et Adelphius de Lincoln, se rendirent à ce de 2sicée
et d'' Avtconcile, accompagnés chacun d'un prêtre et d'un
jmmuni.
diacre. Les conciles de Nicée (325) et de Rimini (359) rassemblèrent un nombre encore plus grand d'évêques bretons. Nous vo3'ons donc que dès le déclin du Illième siècle de notre ère, le Christianisme était déjà fermement établi dans la Grande-Bretagne et que l'Eglise était gouvernée par des évêques, des prêtres et des diacres, et que l'évêque de Rome n'avait aucune autorité sur elle. Sous le règne d'Honorius, les Bretons avaient déjà secoué le joug de Rome. Mais, se vo3'ant menacés par les Pietés et les Scots, ils eurent recours, pour repousser ces barbares, à Tinter^'ention A?igIodes Saxons et des Angles, deux peuples féroces '^-'^^ns. et païens. Les Anglo-Saxons s'établirent dans la Grande-Bretagne, et après avoir vaincu les Pietés et les Scots, réduisirent ceux qui les avaient appelés. Ceux qui purent échapper à la persécution des païens se dirigèrent vers l'ouest dans la Cornouaille, le pays de Galles et le Cumberland.
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C'est pour cette raison qu'à partir de l'année 449 les annales de l'église chrétienne ne font mention que de ces parties en Angleterre. Le Christianisme avait pour ainsi dire disparu des lieux où il avait été primitivement établi