‹ L'église anglicane avant la réforme, abrégé d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 7 sur 20 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Missionnaires,

Ï "ANGLETERRE montra de bonne heure une sainte disposition à prêcher 1 E-

vangile aux habitants de l'Irlande. Le pre. 4 mier missionnaire fut Patricius, né en Ecos- " se en 372. Ce saint homme étant tombé avec plusieurs de ses compatriotes, entre les 1 mains de pirates, fut conduit en Irlande et #

vendu comme esclave à un homme fort ri-

che qui lui confia la garde de ses bestiaux

sur les montagnes et dans les bois. Il était déjà depuis six ans en esclavage lorsqu'un jour, se promenant sur le bord de la mer, il vit un navire sur lequel il monta pour être ramené dans sa patrie. Repris par d’autres pirates, il forma alors le projet de retourner en Irlande pour y annoncer l'Evangile.

Cette île était entièrement plongée dans les ténèbres du Paganisme quand Patricius y vint en l’an 431. Il]a pParcourut dans tous les sens, réunissant autour de lui une foule d’auditeurs auxquels il annonçait avec beau- Coup de simplicité, la Parole de la croix, qui avait si puissamment agi sur son coeur. Il

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fonda des écoles en divers lieux; il baptisa les rois de Dublin et de Munster, et les sept fils du roi de Connaught; ainsi qu’une grande par‘tie des sujets de ce prince. Patricius mourut à l’âge de cent vingt et un ans ayant eu la joie de voir presque tous les habitants professer lc christianisme. !

Il serait impossible, dans le cadre restreint de cet ouvrage, de mentionner tous les missionnaires qui, pendant les premiers siècles, vinrent dans la Grande-Bretagne.

Nous nous bornerons seulement à citer le nom des principaux. Remarquons, en passant, que ce n’est pas à Rome seule que l'Angleterre doit sa conversion; cet honneur appartient principalement aux missionnaires qui vinrent de l’Ecosse, de l’Irlande et de la Gaule méridionale. ? Vers la fin du quatrième siècle, Ninyas ou Ninian, fils d’un prince breton, avait été consacré en France par l’évêque Martin de Tours et envoyé (384 A. D.) pour évangéliser les païens du nord de la Bretagne. Il s'établit en Ecosse où il fut évêque, et mourut en 432, au moins cent soixante-cinq ans avant la mission d’Augustin. ‘Nous savons, d’autre part,” dit l’his-

(1) Descombaz, Æist. de l'Eglise chrétienne, p. 86 (2) Green, ist. of the English people, p. 58.

trien Chastel, “que l’Eglise bretonne, jus ? épon qu’à la conquête des Anglo-Saxons, Pepe à le rite romain et l'autorité papale.” 1 Véoi: Un autre des Premiers missionnaires fut jp je St, Colomban, Il naquit en Irlande, et fut 4 . instruit au monastère de Clonard. Vers l’an ü té 568, alors qu'il avait quarante ans, Colom- =. ban passa dans la Grande Bretagne et s’établit dans une île appartenant à l’Ecosse | Gù il fonda le célèbre monastère d'Iona. Les © rois d'Ecosse et d'Irlande, vendant plusieurs À siècles, vinrent dans cette Île pour y être 3 Couronnés par St. Colomban et ses succes. À seurs. La pierre sur laquelle ces princes 4, * S’asseyaient pour leur Couronnement est actuellement placée sous le trône de l’abbaye de Westminster, et sert encore aujourd’hui | aux Souverains anglais dans une occasion . Semblable. \ Grégoire, plus tard surnommé le Grand, niais alors simple diacre, se promenant un jour par le marché de Rome, vit des petits garçons qu’un Juif mettait en vente, Frap.

pé, tant par leur chevelure blonde que par la beauté et la blancheur de leur visage, Grégoire s’informa de leur pays et de leur religion. “Ils sont Angles, mais idolâtres,” lui

(1) ist, du Christianisme, vol, I, p. 92.

Fe 29 bretonne, jus !

» JUS ; à ; 1XONS, repoussa épondit-on. “Ils ne seraient pas des An

apale.” 1 £les, mais des anges, s'ils étaient chrétiens,”

ssionnaires fut répliqua D De quelle re vien- Irlande, et fut +5 ajouta-t-il. — De la province de

rd. Vers l'an + °1T8 1 De ira! c'est bien cela: de ira! je ans, Colom- "1 ne faut plus les laisser sous lire * de ‘Dieu; ils entendront la bonne nouvelle du

retagne 6. À

nt ré te - palut qui est en Christ. Comment s’appelle re d’Iona,. Le. leur roi ? — Ella ! — Puisse-t-il bientôt dant Rire “chanter Alleluia ! s'écria Grégoire, — Dès pour y être N° moment le voeu le plus ardent de son

st Ses Succes- “coe ur fut de répandre l'Evangile dans cette > ces princes 3 ipartie de l'Angleterre. Une fois évêque de ement est ac- rome, Grégoire résolut d'y envoyer des mise de l’abbaye Msionnaires. Il choisit pour chef de cette e aujourd’hui à mission, Augustin, prieur du monastère de ne: ogtaalon St. André. Les missionnaires, au nombre

… de quarante, arrivèrent à Ebsfleet le 23 Juilni # a À let 597. Ethelbert, roi des Angles et des romenant de 4 Saxons, avait épousé une chrétienne, Berit des petits the, fille de Charibert, roi des Francs. rente. Frap. F Ethelbert, quoique païen lui-même, favorisa de que par ta 4 là mission d’'Augustin. Il ordonna aux misvisage, Gré- Ê sionnaires de demeurer dans l'Ile de Tanet de ns reli- k. + jusqu’à ce qu’une décision fut prise à leur lolâtres,” lui + sujet. Un certain jour Ethelbert manda Au-

77" 4 gustin et ses compagnons qu’il voulut rece- ), 92.

(1) York. (2) Colère.

sERET nent ou à oem ee TUE

voir en plein air, craignant quelqu'opération magique. Les missionnaires vinrent en procession, portant une croix d'argent et l’ima-

aux missionnaires de s'asseoir. Augustin, avec l’aide d’un interprète, leur annonça la bonne nouvelle du salut. Toutefois, le roi ne voulut se compromettre en aucune manière, I] les autorisa à poursuivr: leur oeuvre et à baptiser ceux qu’ils pourraient per- Suader, et leur donna asile à Doroverne, antique capitale, aujourd’hui connue sous le nom de Cantorbéry.

Près de Cantorbéry se trouve une petite église qui depuis plus de treize siècles porte le nom de St. Martin de Tours. 1 C’est dans cette église que la pieuse Berthe adorait son Dieu. Les missionnaires romains S'y établirent, se livrant continuellement à la prière et prêchant la parole de vie à tous ceux qui venaient l'entendre. Touchés de

© établi “On vi prédi :libert

la vie simple des missionnaires et de la dou- Re $ = Colon (4) Leonard, Ass. of the Christian Church, p. 85. 4 sionn

…"This Church is still Standing’and is said to be the E Gran oldest’Christian house of worship in Britain.’ + ra

uelqu’opération Lou de leur doctrine, une foule de païens

inrent en prorgent et l’ima-

et demandant

nunes, leur saétaient venu:

vec ses nobles chêne, permit r. Augustin, ir annonça la itefois, le roi | aucune maivre leur oeuurraient peroroverne, anmue sous le

ve une petite siècles porurs. 1 C’est Berthe adores romains uellement à e vie à tous Touchés de t de la dou-

mr hurch, p. 85.

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LA

Se firent baptiser. Le roi Ethelbert, après mûre réflexion, accept la foi chrétienne, enfraînant avec lui nombre de ses sujets. Il fut baptisé le 7 juin 597. Après la converion du roi, le nombre de ceux qui venaient ‘aux instructions s’accrut tellement de jour “en jour qu'Ethelbert fit don d’un emplace- Mment convenable pour y hâtir une cathédrale «et de biens suffisants pour son entret'en.

À C’est vers le même temps qu’eurent lieu les premières tentatives pour introduire la ‘lumière du Christianisme chez les habitants We la Frise. Douze ministres de la Parole, appartensnt pour la plupart à la famille royle partirent d'Angleterre pour aller publier

“Willibrod. Ils s’établirent à Utrecht en l’an 2690; mais ils trouvèrent les Frisons peu “disposés à changer leurs idoles pour le Chris-

“tianisme. Toutefois Willibrod parvint à s’y

ss

+ établir, et sa mission obtint un grand succès. On vit alors s'élever plusieurs temples et les - prédicateurs de l'Evangile purent en toute liberté se consacrer à leur oeuvre.

C'est à cette époque que mourut St.

Celomban, le plus noble de tous les mis- Ÿ sionnaires qui soient jamais venus dans la & Grande Bretagne.

qu’église que ce soit, romaine, bretonne ou #

32 de R.

Se sentant près de sa fin, il se fit cindui-

re Sur une colline d’où il pouvait voir tous les bâtiments attenant au monastère qu’il avait ! fondé. Après avoir invoqué la bénédiction de Dieu, il fit une visite à la chapelle du j monastère, s’agenouilla devant l'autel et se mit à prier. C’est dans cette position qu’il rendit son âme à Dieu. Il laissa assez de disciples pour continuer, en Irlande et en Ecosse, l’ocuvre qu’il avait si heureusement commencée. É

Augustin était passé en France pour * être consacré archevêque des Anglais par # Vergile, archevêque d'Arles, et Etherices, évêque de Lyon. A son retour en Angleterre 4 il baptisa plus de dix mille Anglais le jour # de Noël 597.

Augustin écrivit ensuite à Grégoire le Grand au sujet des évêques bretons qui, comme nous l'avons vu, s'étaient refugiés dans les provinces de Galles et de Cornouaille. Grégoire répondit qu’ils devaient tous se soumettre à Augustin; que si, dans quel-

autre, il trouvait quelque coutume qui fût :

plus agréable à Dieu, il devait l’introduire dans la nouvelle église des Anglais. C'est ce que fit Augustin, prouvant clairement que * l’église anglaise était indépendante de celle $

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Toutefois les évêques bretons, re-

‘de Rome.

gardant avec méfiance tout ami des Anglo- Saxons, leurs cruels persécuteurs, ne vou- Jurent pas accepter Augustin pour leur ar-

hevêque. Ce qu’ils avaient appris de l’arrogance de l’évêque Augustin n’était pas de Mature à les apaiser, car ils étaient déjà remli d'indignation de ce que les missionnaires italiens étaient venu établir l'autorité de eur évêque dans un pays et sur un peuple “qui n'était aucunement sous sa juridiction.

E. ls rejetèrent péremptoirement toutes les sug- “gestions de l’évêque de Rome réclamant la Driorité de leur Eglise sur celle de Rome. !

e roi Ethelbert convoqua alors un concile Augusténeizat en l’an 602.

4 Sept évêques bretons vinrent à ce con- Mile accompagnés de plusieurs savants de "Bangor, monastère de grande réputation auuel Dunot était attaché comme abbé. Ce onastère était divisé en sept parties dont Ja moindre comptait plus de 300 moines.

“Avant de se rendre au concile, les évêques “bretons allèrent consulter un anachorète qui s'était acquis une réputation de sagesse et de sainteté, et lui demandèrent s’ils devaient abandonner leurs anciennes traditions pour

(1) Æist. of the Christian Church, p.86.

Suivre Augustin. L'anachorète répondit: p an “Si cet Augustin est un homme de Dieu, #4 :

suivez-le. S'il vient à votre rencontre quand @e L Vous arriverez au concile, sachez que c’est ns un serviteur de Jésus-Christ. S'il ne se lève Bôtir Pas pour vous recevoir, méprisez-le, comme Dran il vous aura méprisé’ Arrivés au concile, & de les évêques bretons trouvèrent Augustin as- is [ sis. Ils jugèrent alors qu’il était orgueil- 48 pe leux et refusèrent de l’accepter pour arche- E vêque. Dunot, parlant en leur nom, dit.

“Qu'ils ne sauraient reconnaître à l’évêque 4 de Rome aucune Suprématie sur les église puisque dès le commencement tous les évéques étaient égaux. Sur le point de se sé parer, Augustin dit, “Puisque vous n’avez pas voulu la paix avec des frères, vous aurez Xk la guerre avec des ennemis.” Cette prophétie s’accomplit en l’an 607 quand Edilfrid, :

roi des Saxons Orientaux. Sur l’ancien em- !

placement d’un temple dédié à la déesse

(1) Green, Æist of the English people, p, 52 L.

orête répondit : !

homme de Dieu, * rencontre quand sachez que c’est ;

S’il ne se lève 4 prisez-le, comme !

rivés au concile, :

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Juste. Mellit 4 ertit Sigebert, ?

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eople, p, 52

Diane, Sigebert fit bâtir l’église de l’apôtre - St. Paul qui devait devenir la Cathédrale de Londres. Juste fut évêque de Rochester, lans la province de Kent, Ethelbert y fit âtir l’église de St. André et lui donna de Brands biens comme il avait fait pour l’égli-

e de Cantorbéry. De plus il fit passer des

bis par son conseil afin d’assurer aux églises

possession de ces biens.

Ayant consacré Laurent comme son suc- Cesseur, Augustin mourut le 26 mai 606. II t enterré à Cantorbéry, près de l’église de St. Pierre et St. Paul qui n’était pas Æncore achevée. Augustin avait fait revie le Christianisme en Angleterre, converti ne multitude d’âmes dans le royaume de

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