‹ L'eglise au VI siecleChapitre 10 sur 105 · EL DE · texte numérisé non relu

EL DE

! Un moine alexandrin appelé Dorothée, s'étant avisé d’é- |

crire un livre pour défendre le concile de Chalcédoine, fut exilé

dans une des oasis (Revue arehéol., t. XX VI, p. 397; cf. Théophane, a, 6002).

: ? L'un d'eux était intitulé Cyrille ou Philalèthe ; il y ré

futait certains recueils de textes mis en circulation par les dis

physites en vue d’établir que Cyrille était d'accord avec eux. ;

Sur cette littérature, v. Zacharie, Vie de Sévère (Patrol. Orient. 2

UT, p. 105); FRE Le Mohenase sévèrien, p.123 et suiv. £

… moines orthodoxes, se répandit dans les rues, marchant

vers le palais et criant: « Chrétiens! voici le moment du martyre! N’abandonnons pas notre père ». Anastase prit peur, fit fermer les portes et préparer des navires, pour le cas où il lui faudrait s'enfuir !.

Macedonius fut mandé au palais. Bien que, depuis longtemps, on le tint à l'écart, il obéit, ne voulant pas avoir l’air de tremper dans les séditions populaires: l’émeute s’apaisa. Maïs la leçon ne profita pas. Anastase s’obstinait en son dessein. À force d’instances il obtint de Macedonius qu’il signât * un acte où il renouvelait son adhésion à l’'Hénotique, déclarait s’en tenir aux deux premiers conciles, ceux de Nicée et de Constantinople et gardait le silence sur ceux d’Ephèse et de Chalcédoine. Il n’en fallait pas pius pour le brouiller- avec les moines orthodoxes; c’est ce que l’on chérchaït et ce qui arriva en effet.

Le patriarche, toutefois, ne tarda pas à ouvrir les

yeux sur les inconvénients de cette fausse démarche.

Pour en atténuer l'effet, il se rendit au monastère de

1 C’est, je pense, au milieu de ces conflits constantinopolitains que furent composées diverses pièces apocryphes dirigées contre Pierre le Foulon et son « Crucifié pour nous », qui nous ont été conservées, avec les actes de deux conciles tenus en 536, dans un recueil canonique monophysite. Texte grec dans Mansi, t. VII, p. 1037, 1045, 1049, 1109-1136. Sur les versions latines v. Maassen, t. I, p. 753. Cf. O. Günther, Die Ueberlieferung der Sammiung in Sachen des Monophysitismus, dans les Nachrichten de Gôttingen, 1894, p. 117.

2 Théodore le lecteur, texte publié dans la Revue archéol. de 1873, 6. XX VI, p. 398.

Date et protesta eee de 88 | fidél concile de THARREE C'est à ce moment sans A

. L'empereur les fit demander au patriarche ; celui-ci refusa, et, pour plus de sûreté, fit sceller le manuscrit

dans l’autel de Sainte- Sophie; mais l’économe de cette

église, un certain Calopode, le vola et le porta au palais -

La fin approchait *.

En dépit des prières et des larmes de l’impératrice,

très attachée à son évêque, la perte de Macedonius fat

. résolue. On travailla son clergé; on ferma la ville aux

moines qui du dehors venaient le soutenir, aux Acé-

É: | mètes surtout; on s’assura les troupes par des largesses,

es adjurations et des serments; on intenta à cet homme

vénérable des procès calomnieux et absurdes *; enfin

__ un concile, réuni à cet effet, prononça la déposition ME A

1 Marcellin, à. 511; Théodore le lecteur, Z. c., p. 399; Théophane, a. 6004. — La Chronique d’Edesse (n° 83) parle ici, non de l’autel de Sainte-Sophie, mais du tombeau de sainte Eu- phémie, qu'Anastase aurait fait forcer. s =? Sur ce dernier stade de l’affaire, nous sommes renseignés avec précision par un document inséré dans l’Historia miscel- lanea syriaque, VII, 8. C’est une lettre écrite de Constantinople, au moment même, par un prêtre d’Amid, Siméon, à un archi- - mandrite de son pays. La pièce est, cela va de soi, dans l'esprit. À 2e plus hostile à Macedonius. | $ Il s'agissait de pédérastie ; or Macedonius était eunuque. 288 en déclara, du reste, qu’il était prêt à se défendre non seule- LA ment devant les trois tribunaux auxquels on l'avait déféré, ceux k du préfet du prétoire, du maître des milices et du préfet urbain, : mais encore à l'Hippodrome ou aux thermes de Zeuxippe, c’est , dire devant la foule. (Théod. le lect., Revue archéol., t. XXVI

SC

4 (6 août 511) '. Le lendemain, Sainte-Sophie fut envahie » par le parti vainqueur; on y célébra la liturgie, en “ passant, bien entendu, sous silence, le nom du patriarche »… déposé. Quand ce fut fini, l’empereur envoya son maître des. offices, Celer, qui passait pour lui vouloir du bien, signifier au malheureux un ordre d’exil. Il le trouva dans un coin de l’église solitaire, la tête appuyée sur ses genoux: «Le maître du monde, lui dit-il, a décrété votre bannissement. — Où? demanda le patriarche. — Au même lieu que votre prédécesseur ». La nuit suivante Macedonius franchit le Bosphore et prit le chemin des Euchaïtes.

Le païti monophysite aurait bien voulu lui donner Sévère pour successeur *; mais cela parut trop hardi. On se décida pour un dignitaire de l’église de Cons-

tantinople, un certain Timothée ?, qui remit dans ses

1 Suivant Théodore le lecteur (2. c., p. 399; cf. Théophane, a. 6004), le départ de Macedonius pour l’exil aurait précédé sa déposition. Il était déjà en route quand on s’aperçut qu’on avait oublié cette formalité. Ses ennemis s’assemblèrent ; ils se partagèrent les rôles de juges, d’accusateurs et de témoins, libellèrent une sentence et l’expédièrent au malheureux patriarche qui, dit-on, ne voulut pas la recevoir parce qu’elle émanait d’adversaires du concile de Chalcédoine : « Si des Sabbatiens ou » des Macédoniens me présentaient une sentence de déposition, » est-ce que je serais obligé de la recevoir? ». Ce propos, après les évolutions de Macedonius, semble peu vraisemblable.

2 Zacharie, Vie de Sévère (Patr. or., t. ÎI, p. 110).

3 Il était assez mal réputé dans les cercles orthodoxes; on le traitait de Jlirocbobéns et de xñlwv, mots difficiles à traduire, mais qui, en tout cas, ne sont pas synonymes d’austère. Sur ces termes, v. Miller, Revue archéologique, t. XXVI, p. 280. Les Monophysites, au contraire, l'avaient en assez grande estime

; $ A % CRT diptyques le nom du patriarche d'Alexandrie et se montra aussi défavorable au concile de Chalcédome

que l’état des esprits, à Constantinople, le lui permettait.

En Syrie les Monophysites se montraient plus entreprenants. Le moment était venu, croyaient-ils, où les entretiens d’Anastase avec Philoxène et Sévère al-

laient porter fruit. Les Acéphales, jusqu'alors demeurés en dehors de la communion des évêques officiels, ak laient faire l’union, non pas en sacrifiant quoi que ce | soit de leurs principes, mais plutôt en attirant à eux tout le système ecclésiastique qu’ils avaient si longtemps boudé. Dorénavant, pour être dans la voie véritable, dans l’orthodoxie reconnue et favorisée par l’empereur, il faudrait repousser ouvertement le dogme des deux natures, le tome de Léon et le concile de Chalcédoine. L’Hénotique était conservé pour la forme, mais il n'y aurait plus moyen de l’interpréter en faveur du concile, comme l'avaient fait jusqu'alors les évêques de Constantinople, ni même de s’en autoriser pour se tenir sur la réserve. Dans ces conditions, assuraient Sévère : et les siens, l’umion allait se faire sans trop de peine.

Philoxène se mit aussitôt à l’œuvre '. La guerre était

(Zacharie, Vie de Sévère, p.110). Il est difficile qu'Anastase, en un tel moment surtout, ait fait choix d’un homme décrié pour ses mœurs.

! Sur ceci, le document principal est une lettre adressée, vers 515, par les moines de Palestine (Sabas et autres) à Al- cyson, métropolitain de Nicopolis en Epire, lettre reproduite en extraits par Evagrius, H. Æ. III, 31, 88.

; déjà ouverte entre lui et son patriarche. Celui-ci, traité sans relâche de nestorien, s’'évertuait à condamner Nestorius ; et, comme on lui déclarait que cela ne suffisait pas, comme on ameutait contre lui, non seulement les

moines monophysites, acéphales et autres, mais encore | les évêques d’Isaurie et ceux de Üappadoce, avec leurs | - métropolitains Constantin de Séleucie et Soterichus de Césarée, il se décida à réunir un concile, où il con- À damna aussi Diodore, Théodore, Théodoret et Tbas, avec

bien d’autres prélats défunts, mais suspects au parti.

Pa

Bi poussa même la complaisance jusqu’à ajouter à son

décret synodal une déclaration en quatre articles, dif-

ficilement conciliables avec le dogme des deux natures. Ce document fut expédié à l’empereur, avec des lettres > du patriarche lui-même, de Constantin et de Philoxène: el ceux-ci n'étaient pas encore satisfaits ét leur correspon- dance en faisait foi. Elie de Jérusalem, sollicité, lui S 4 aussi, de prononcer des anathèmes, s’en tint à ceux qui,

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