‹ L'eglise au VI siecleChapitre 11 sur 105 · L. depuis longtemps, avaient frappé Nestorius et Eutychès · texte numérisé non relu

L. depuis longtemps, avaient frappé Nestorius et Eutychès

et ne voulut pas entendre parler de toucher à Diodore

D … et aux autres.

4 En 511 Soterichus et Philoxène obtinrent la réunion à Sidon * d’un grand concile dont le but était de forcer

1 Sur ceci, Théophane, a. 6001 “ 508-9). Cf. Sévère, Ep A (Brooks) SEE 2? Sur ce concile les ee ue les plus précis sont | ceux que nous fournissent deux personnes qui y prirent part, 558 : ÉTEA (Ep., IV, 2) et Philoxène (Lebon, Le monophysisme sé- É vérien, p. b2, note 1). Mais ce ne sont que des renseignements 14 partiels. Ceux de Théophane dérivent sans doute de Théodore

À ile de Chalcédoine ou à s’en aller. d'ancn s a 4 £ à l'automne, avec un certain appareil. L'empereur s était : fait représenter par un tribun appelé Eutrope. Il y avait environ quatre-vingts évêques. Sévère, présent,

lui aussi, déploya une grande activité !, Les moines de .

Syrie présentèrent un formidable réquisitoire *, en soi-

% xante-dix-sept articles, contre le diphysisme et le con- & cile de Chalcédoine. Il paraît qu’ils trouvèrent à qui parler? et que la discussion prit une tournure désa- | gréable au parti, car le tribun s’empressa de dissoudre l’assemblée et engagea les deux patriarches à s'arranger

x "5 : - isolément avec l’empereur. Ils écrivirent tous les deux.

le lecteur; Marcellin en dit quelque chose dans sa Chronique; voir aussi l’Historia miscellanea, VIT, 10, 11. Les vies de Sévère par Zacharie et de saint Sabas par Cyrille de Scythopoliscontiennent aussi quelques allusions. Quant à la date, Marcellin indique l’année 512, Théophane l’année 510-511, l'Hisé. mise. l’an 560 de l’ère d’Antioche (511-512). C’est celle-ci qui estexacte: | l’année d’Antioche commençait au 1er septembre ou au 1 oc- tobre (Lebas et Waddington, Voy. arch., t. III, n° 2667). Au moment où le concile se réunissait, Sabas arrivait à Constantino- ple, il y passa l’hiver et peu après son départ éclata l’émeute du Trisagion (novembre 512). On ne se trompera donc pas beaucoup en plaçant au mois d'octobre 511 la réunion du concile de Sidon. 1 Zacharie, Vie de Sévère, p. 111.

? Le rat s’en est conservé dans l’Hist. misc., VII, 11. 3 Le métropolitain de Tyr et ses suffragants Hétnone aullement favorables aux monophysites. Ils produisirent des lettres des patriarches d'Alexandrie Pierre (Monge), Athanase II et Jean (Hemula) desquelles il résultait que ces personnages, si consi- dérés dans le monde monophysite, n'avaient pas hésité à rester en communion avec des évêques qui ne condamnaient pas ouvertement le concile de Chalcédoine (Sévère, Ep., IV, 2, p. 255).

ë 2 LE done: non la définition de foi, mais seulement la condamnation de Nestorius et d’Eutychès. D’Elie on : reçut à Constantinople une lettre plus catégorique

contre le concile; mais elle avait été falsifiée en route

et l’empereur, averti, se montra fort irrité contre le 4 * patriarche de Jérusalem. Sabas était à Constantinople, : | avec un cértain nombre de ses moines*. Il s’employa | pour son patriarche auprès d’Anastase et d’Ariadné. Les militants monophysites avaient fondé de grandes

. espérances sur le concile de Sidon. Ils furent assez mor-. tifiés de son issue piteuse; à Constantinople on les chansonna ?. Ke ces chansons n’empêchèrent pas que

| ès rentré à Antioche, ne s’y retrouvât en butte aux intrigues et aux sommations violentes. Dress 4 avait la main; cauteleux comme il était, il continuait

.: à se dissimuler derrière les moines et les évêques. Les 4 | choses en vinrent à un tel point que le malheureux a - patriarche se décida, de guerre lasse, à condamner le concile. :

4 __ Cette faiblesse arrivait trop tard. Ce n’est pies de sa défaillance que l’on avait besoin, mais de sa place.

Sous prétexte que ses déclarations n'étaient pas sin-

1 I] eut alors le plaisir d'enlever à Sévère un de ses meil- leurs partisans, Mamas, le supérieur des moines d’Eleuthero- | polis. Ceux-ci avaient été acéphales jusqu'alors. Ils se rallièrent au patriarche Elie.

2 Chronique de Marcellin : Infamem et inridendam synodum EXT apud Sidonem civitatem cuius de nomine in ridiculis nomina . praeponuntur.

bien de la paix, à se retirer momentanément. Il les

écouta; quand il fut hors d’Antioche, un concile réuni

à Laodicée ! prononça sa déposition et un ordre d’exil l’envoya à Petra. Des mesures semblables atteignirent les autres opposants, évêques, prêtres eb moines.

Enfin la place était libre: Sévère, le grand Sévère, pouvait maintenant s’y installer. Le 6 novembre 512,

il était consacré patriarche d’Antioche par les métro-

- . politains de Tarse et de Maboug, assistés d’une dizaine d’évêques ?. À ce moment, il déclara solennellement * qu’il acceptait l’'Hénotique, ce qui était renoncer à l’at-

2 * titude des Acéphales à l’égard de ce document. Il jeta en même temps l’anathème sur le concile de Chalcé-

doine et le tome de Léon. C’est la position dans laquelle

| Philoxène tenait, depuis vingt-cinq ans, celle aussi du pa-.

triarche égyptien : l’'Hénotique maintenu pour la forme, mais interprété nettement dans le sens monophysite. L’épiscopat syrien, dans son ensemble, fut travaillé

en ce sens et finit par se rendre, bon gré, mal gré. Il

Dune ! Lettre de Sévère, V, 3, p. 284, éd. Brooks; cf. V, 6, p. 316.

D. ? Les noms figurent en divers documents (Patrol. Orient., PR IT, p. 819 et suiv.). Ce sont tous des évêques de la province * 2 d’Antioche ou de celle de Hiérapolis.

x . # Nous avons encore, en syriaque, le texte d’une allocution

‘cères, Philoxène ot contre lui de nouvelles éme

tes; puis les gens de l’empereur le décidèrent, pour DES

en ce sens qu’il adressa aux moines du diocèse oriental, au

Ni) moment de son intronisation (Patrol. Orient., t. 11, p. 329). a Un fragment de cette pièce fut lue, en 649, au concile de Latran. Dans l’intitulé il est dit qu’elle avait été prononcé à Daphné, dans le martyrium de sainte Euphémie.

embla à Tyr un grand concile où Sévère vit autour

de lui les évêques de tout le patriarcat, sauf les pro

vinces ciliciennes. Les mêmes principes y furent pro-

clamés, avec la même interprétation de l’Hénotique !.

On trouve toujours plus fanatique que soi. Sévère

avait, bien entendu, expurgé ses diptyques de tous les

. noms suspects au parti monophysite; on-y eût cherché | vainement Jean, Domnus, Maxime, Calendion, Flavien IT. | Mais il y avait laissé Pierre le Foulon et Palladius. Cer: | tains évêques d’Isaurie trouvèrent que c'était faire trop 1 d’honneur à l’Hénotique, dont ces prélats avaient été . partisans; ils refusèrent de reconnaître Sévère ?. Pour

; 1 Sur ce concile, v. la lettre de Philoxène à Siméon de - Teleda (Lebon, op. cit., à la fin; fragments traduits, p. 56, note 1; p. 57, n. 6); v. aussi Dee miscellanea syriaque, VII, 12. Pois la date, bien qu’on en ait proposé une un peu - plus basse (515), je crois qu’il faut maintenir celle de 513. Sé- - vère était évidemment pressé de régler la situation de l’épis- » copat syrien tant à son égard à lui qu’envers le concile de . Chalcédoine. D'autre part Anastase, au commencement de 515, -n’a guère dû être tenté d'autoriser une manifestation si impo- - sante contre Le concile de Chalcédoine. Il était encore en né- 4 gociations avec le pape pour la réunion d’un concile à Héra- … clée. Avant la révolte de Vitalien, il n’avait pas la même raison . d'éviter les éclats. Le concile dut se tenir avant le mois de mai - et la deuxième sommation faite au patriarche Elie. Celui-ci, d’après l’auteur monophysite de l’Hist. misc., aurait signé la synodique du concile. C? est peu probabl 7 ? Déjà, au cours des négociations “ avaient eu lieu à . Constantinople, Sévère avait rencontré beaucoup d'opposition chez certains acéphales enragés, qui ne voulaient de l’Hénotique ni pour le fond ni pour la forme (Zacharie, Vie de Sé- > wère, Patrol. Orient., t. IT, p. 107)

des raisons tout opposées, les métropolitaine de de Damas et de Bostra, Epiphane, Pierre et Julien, observèrent la même attitude. Deux évêques de la se- conde Syrie, Cosmas d’Epiphanie et Sévérien d’Aré-

thuse, poussèrent la hardiesse jusqu’à envoyer au nou-

veau patriarche une sentence de déposition *. À

Ainsi, dès le début de cet épiscopat, qui devait ou. vrir l'ère de la pacification générale, des discordes se manifestaient. Mais Sévère n’était pas homme à céder … à la première résistance. Ses synodiques étaient portées de ville en ville, et les autorités tenaient la main à ce qu’elles fussent acceptées; autrement, les évêques étaient traités en schismatiques et évincés de leurs sièges. (à et là cependant les populations s'insurgèrent. Les évêques d’Epiphanie et d’Aréthuse, bien qu’ils fussent spécialement compromis, parvinrent à se maintenir. = À Jérusalem l'archevêque Elie ? refusa la synodique.

On la lui renvoya peu après (mai‘518), avec des trou-

1 Evagrius, À, E., III, 34. Pour faire parvenir cette pièce à destination, l’archidiacre d’Epiphanie imagina de se déguiser en femme et de se présenter comme ayant un placet à rene au patriarche. Le stratagème réussit. Ê ? Tout en protestant contre les sentences ecclésiastiques par 4 lesquelles Euphemius et Macedonius avaient été dépossédés (Evagrius, III, 33), Elie. avait accepté d'être en communion avec leurs successeurs. En ceci il se conformait à l'usage et admettait qu’un si uvait être considéré comme vacant si l’empereur avait re contre le titulaire un décret d’exil. IL admit, pour la même raison, que le siège d’Antioche était devenu vacant par l’exil de Flavien ; s’il ne reconnut pas Sévère, ce n’est pas parce que son élévation lui paraissait entachée de nullité, c’est parce qu’il le considérait, lui, comme hérétique.

Lu sis T SA POLITIQUE RELIGIEUSE |

mais les moines, à l'appel de Sabas, envahirent

EX ville et firent une telle contenance que les officiers 4 impériaux reculèrent. L'empereur s’obstina; il prit son

ne et, quand il eut . mains libres de certains | A

# reléguer à Aiïla, au fond du Role d'Idumée.

On lui donna pour successeur un certain Jean, qui

promit tout ce qu’on voulut, et très expressément, de

se déclarer contre le concile de Chalcédoine. Mais les

moines orthodoxes de Palestine n'étaient pas moins

déterminés que leurs confrères monophysites. Ils par- #

» vinrent à retourner le patriarche, si bien que celui-ci

- : se laissa emprisonner plutôt que de prononcer les anathèmes demandés. À la longue, cependant, le bruit se répandit que la prison avait eu raison de sa constance. Les officiers impériaux étaient sûrs qu’il allait s'exécuter. Pour donner plus de solennité à cette manifes- 10

tation, une grande réunion fut indiquée : à l’église Saint-

… Etienne. Le neveu de l’empereur, Hypatius, qui faisait

le pèlerinage des Saints-Lieux, était attendu: il devait

À prendre part à la cérémonie. En effet, tout le monde ;

étant réuni, l'immense basilique remplie de moines et> 704

de peuple, on vit l’archevêque monter à l’ambon. Mais :

iciée : c'étaient les

il n’y montait pas seul; près de lui apparaissaient deux moines à tête blanche, à fi j

deux grands chefs des moines palestiniens, Théodose

Métert La révolte de Vitalien.

L 4 Ducuusne, L'Église au VI siècle. SEEN

Fe

C E 2 E tre t LS, CHAPITRE I. Én TOMOCIRS

et Sabas. On pense bien qu’ainsi encadré ce n’est pas

sur le concile de Chalcédoine que le patriarche fit tom-

ber l’anathème. L'histoire du prophète Balaam se renouvela. C’est Sévère qui fut maudit, avec son com-

plice Soterichus de Césarée. Le duc de Palestine ne

crut pas devoir insister; quant au neveu de l’empe-

k reur, il combla de présents et le patriarche et les moines,

Jeur assurant qu’il était venu pour vénérer les Lieux

Saints et nullement pour faire les affaires de Sévère.

Ainsi les choses ne marchaïent pas en Orient comme

Sévère l’aurait voulu: le grand dessein des Monophy- sites se heurtait à de sérieuses oppositions. Ce fut bien pire à Constantinople. Macedonius exilé y conservait

de nombreux partisans, qui fuyaient son successeur et,

autant qu'ils le pouvaient, lui faisaient la vie dure. Et

ce n’était pas de quelques monastères qu'il s'agissait.

Le populaire avait Timothée en horreur; dans les plus

hauts rangs de la société il se trouvait des personnes qui le traitaient en intrus. De ce nombre était la femme d’Aréobinde, un des plus grands généraux de l’empire, Juliana Anicia Olybria. Cette princesse, fille de l’empereur Olybrius et de Placidie la jeune, réunissait en sa personne les traditions familiales des Anicii et des Théodose. C’est en vain « e l'empereur et son patriarche déployèrent en et multiplièrent les instances: Juliana ne voulut point de Timothée. Il en était de même du propre neveu de l’empereur, Pompée, et.

de sa femme Anastasie, ainsi que de Magna sa belle-

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sœur’, L’impératrice elle-même, Ariadné, ne cessait de ei reprocher à son mari le trouble qu’il entretenait dans À l'Eglise. Peine perdue; nul n’avait prise sur ce vielle lard têtu; il avait son plan et le suivait. | Le 4 novembre 512, un dimanche, on inaugura à > Sainte-Sophie le Trisagion monophysite, avec le Crucifitus pro nobis. Il y eut, bien entendu, des protestations énergiques; mais la police était en force: les À é L perturbateurs furent assommés sur place ou conduits | en prison. Les mêmes faits se reproduisirent le lende- - main, à l’église Saint-Théodore. Enfin le 6 novembre, die D lo jour même où Sévère était intronisé à Antioche 1888) ; conflit se transporta de l’église dans la rue. Une grande procession devait avoir lieu. Le patriarche prescrivit Ë d'y chanter le Trisagion interpolé. Mäis les moines diphysites arrivèrent en force; on les acclama. Au lieu 10 de processions, des cortèges d’émeute s'emparèrent de é la’voie publique. On criait: « À bas Anastase! Aréo- : 4 binde empereur ! ». On assommait les partisans de Sévère, la foule se livrait à tous les excès. Un moine monophysite eut la tête tranchée; on la promena au 2 bout d’une pique. Le corps fut traîné par les rues, avec celui d’une religieuse. Les statues d’Anastase furent | jetées par terre. Enfin, on se réunit au forum de Constantin, que l’on eut vite fait de transformer en place de guerre; les clefs de la ville, les étendards militaires, $

y furent transportés. L’exaltation était extrême. On

1 Revue archéol., t. XXVI, p. 397; Théophane, a. 6002.

La la maison de Marin d’Apamée, l’un des conseil lers les plus mal vus, et même celle de Pompée, neveu d’Anastase. Tout un quartier de Constantinople devint la proie des flammes. Les sénateurs Celer et Patricius, envoyés en parlementaires, furent accueillis par une grêle de pierres.

Pendant ce temps, le vieil empereur, retiré aux Bla- # se endurait les remontrances de sa femme, mais ne féchissait pas pour autant. Il n’était pas arrivé à quatre-vingts ans sahs savoir que les émotions populaires se calment quelque fois toutes seules. Il avait calculé que celle-ci n'irait pas loin. Au bout de trois ‘jours on apprit qu’il se rendait à l’Hippodrome, et les manifestants, déjà las de monter la garde au forum de Constantin, s'y transportèrent comme un seul homme, précédés de la Croix et de l'Evangile, hurlant le Tri- sagion catholique et poussant des cris de mort contre les mauvais conseillers. Anastase parut, sans couronne, en vêtements de deuil. Les crieurs embouchèrent leurs trompes et firent savoir aux émeutiers que le prince était prêt à s’en aller; mais que, comme ïils ne pou- : vaient pas être empereurs tous à la fois, il fallait choisir

l’un d’entre eux pour le remplacer. Ces propos et quelques promesses dont le vieux fourbe était d'autant moins avare qu’il avait bien l'intention de ne pas les tenir, eal-

sen à 9 * , 4 mêrent l’effervescence et chacun s’en retourna chez soit.

! Sur ceci, v. la Chronique de Marcellin, a. 512; Théo- phane, à. 6005, et Evagrius, III, 44, qui Dee cette émeute avec celle du temps de Macon

Mais ce danger était à peine écarté qu il s’en masit un autre plus grave. Un officier, appelé Vita lien ‘, très influent dans la région du Danube, eut l’idée

RE

de. Ra à profit tous ces troubles pour avancer ses #e

propres affaires. I parvint bientôt, sous couleur de re-

ligion, à former une troupe nombreuse, qui, renforce

par des bandes hunniques et bulgares, prit peu à peu

hommes, franchit le nouveau mur d’Anastase et vin

à camper à l’Hebdomon (513). De là il étendit ses postes

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