‹ L'eglise au VI siecleChapitre 20 sur 105 · RES · texte numérisé non relu

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subtile — = spneluent les ol « Ad eue a Corrap-

tible » !; les Sévériens répliquaient en criant au docé- . tisme ?. D'abord on s’en tint aux écrits théologiques et aux sobriquets ; plus tard on passa aux coups de bâton. Quant aux Acéphales, s’ilshse butaient, c'était pour une question de diptyques. Eux aussi détestaient Acace, È Pierre Monge, Pierre le Foulon, et tous ceux qui, comme les patriarches d'Alexandrie, continuaient d’honorer leur mémoire. Leur aversion était tout aussi persévérante que celle des papes Gélase, Symmaque et Hormisdas, | mais la raison en était tout opposée. Les papes reprochaïent aux patrons de l’Hénotique d’avoir abandonné tacitement le concile de Chalcédoine; les Acéphales leur en voulaient à mort de ne lavoir pas maudit en termes clairs et énergiques.

En changeant d’évêques, le clergé d'Orient avait changé, sinon d’opinion, au moins d’attitude: on tenait à sa place. Il en résultait * que les populations dévouées aux moines et aux prélats monophysites se trouvaient dépourvues de chefs spirituels. Il y avait bien, dans le pays syriaque, une douzaine d’évêques dépossédés; mais la police avait l’œil sur eux, et, fort sagement à son point de vue, elle leur interdisait toute ordination, = L'un d’eux, Jean, ex-évêque de Tella {, eut plus de cou- 1 Corrupticoles, Pyaprordrpu. Ils se qualifiaient eux-mêmes d’Incorrupticoles.

? ?AgSaprobdemrar. :

3 Sur ceci, v. Jean d'Asie, De beatis orientalibus, c. 24.

a # Autrement Constantine, à l’est d'Edesse. Sur Jean de Tella, voir sa vie, par Elie, son disciple, document très inté-

nu forteresse de ati sur l’Euphrate; de là, il rayonnait dans les monastères de la Syrie orientale et dans les déserts de l’Euphrate. On lui amena de

u toute la Syrie du nord et de la Mésopotamie des per-

sonnes jugées aptes au ministère pastoral; autorisé à cet effet par son patriarche Sévère et ses collègues dans l’épiscopat, il en consacra prêtres ou diacres un. très grand nombre ‘. Cela dura quelques années; mais à

la police intervint. Jean fut arrêté et ses papiers saisis, à.

ce qui permit de reconnaître les membres du nouveau clergé. 3 RS Tel était l’état des choses dans le patriarcat d’An-

tioche. Il fut troublé extérieuremeut par de graves con- ï

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vulsions de la nature. L'’indocile rivière d’Edesse déborda en 525, causant de grands dégâts: Antioche fut ;

détruite le 20 mai 526 par un épouvantable tremble- | ment de terre. C’est alors que disparut, avec bien d’au- : tres monuments, la célèbre église constantinienne. La

plupart des habitants périrent, avec eux l’évêque Eu-

Nu

phrasius. Quand le calme fut revenu, on lui donna pour successeur un des plus hauts fonctionnaires de l'empire, Ephrem, comte d’Orient, originaire d'Amid,

bre PS

ressant, publiée par Brooks, Corp. Scr. Christ. or., 3 série, DEXXV, p.23.

1 Jean d'Asie donne ici le chiffre de 170.000, qui est sûrement excessif. Il avait connu l’évêque de Tella; c’est même par lui qu’il avait été ordonné diacre. Elie, dote et biographe de Jean de Tella, ne parle pas de notables multitudes Wuc:-p..38- 2

à poursuivre l’œuvre d’union. a En Palestine, vu l’état des esprits, il n’y avait pas eu de difficultés. Seul le petit groupe des moines de Maïouma, fidèle à la tradition de Pierre d’Ibérie, re- fusa d'accepter le nouveau cours. On le transporta en ? Egypte, où il se joignit au monastère d’'Ennaton, dans les environs d'Alexandrie !. | Quant à l'Egypte elle-même, on n’osa pas y toucher. La population y était tellement soumise à ses =. chefs spirituels eb ceux-ci tellement décidés contre le concile de Chalcédoine, qu'on ne pouvait espérer y produire un revirement. Provisoirement les Egyptiens furent laissés tranquilles. L'Egypte devint même un lieu de refuge où, sans qu'on y mît obstacle, se reti- raient les gens qui, en leur pays, auraient été trop dangereux.

Au printemps de l’année 596 ?, le pape Jean, suc- cesseur d’Hormisdas, se transporta à Constantinople.

1 Jean d'Asie, De beatis or., 25.

? Sur l’année, il ne peut y avoir aucun doute. Le pape Jean mourut en 526, à Ravenne, sans avoir revu Rome depuis son retour de Constantinople. Il mourut avant le roi Théodoric (F 30 août 526), le 18 mai, d’après le L. P., peu de jours, post

paucos dies (Ann. Vales.), après son retour de CP. Supposer

que la Pâque célébrée par lui à CP ait été celle de 525, c'est se heurter à ce fait que la correspondance entre Denys le Petit et le primicier Boniface (Migne, P. L., t. LX VII, p. 513; Neues Archiv, t. IX, p. 109) suppose le pape à Rome à la fin de 525 où au commencement de l’année suivante. Sile pape s’est trouvé

LAR ACTION CHALCÉDONIENNE

D’était la première fois que le pontife de l'ancienne Fe Rome paraissait dans la capitale de l'empire d'Orient. Fe ; I n’y alla pas de son plein gré. Le roi Théodorie qui, sur ses vieux jours, devenait soupçonneux et malveil. lant, était en train de se brouiller avec l’empereur Justin.

Celui-ci, dans son zèle orthodoxe, s'était mis à tracasser.

les ariens de la capitale. On apprit à Ravenne qu'il y | avait eu des conversions forcées, des saisies d’églises. Théodoric se fâcha. Il fit embarquer une députation

composée du pape, de l’évêque de Ravenne Ecclesius,

ALCEVATe

de deux autres prélats et de quelques sénateurs du plus

haut rang l: ils avaient pour mission de réclamer la

restitution des églises ariennes et l’annullation des con

versions. Sur ce dernier point le pape déclara qu qe

telle démarche était contraire à sa conscience. C'était un étrange rôle que l’on imposait au chef

de l’église romaine. Lui que sa dignité avait toujours SES

retenu à Rome et qui ne s'était déplacé pour aucun des

grands conciles d'Orient, le caprice d’un roi barbare

l'expédiait en toute hâte et sans cérémonie dans la

LE capitale byzantine. Et quelle mission était confiée au

à CP aux fêtes de Pâques de 525, il n’a pu se trouver à Rome à la fin de cette année. La Chronique de Marcellin indique, il est vrai, l’année 525; mais elle se trompe quelquefois, par exem-

ple quand elle ie à l’année 519 l'avènement de Justin, qui

est de 518, ou quand elle fixe à l’année 581 la promulgation

du code at ï

1 Sur cette affaire v. la vie de Jean dans le Liber Dette 2% calis et la chronique connue sous le nom d’Anonyme de Valois :

(M. G. Script. ant., t. IX, p. 328).

ques contre les rigueurs de l’empire catholique.

Le pape Jean subit l’humiliation en considération de lintérêt de l'Italie romaine. Du reste l'accueil qu’il reçut en Orient était bien propre à le réconforter. L’empereur vint au devant de lui jusqu’à douze milles’ de

Constantinople, avec une immense multitude. Il se pros-

terna devant le vicaire de saint Pierre. Pour l’apôtre

en personne on n’en eût pas fait davantage ?*. On était à la fin du Carême. Le jour de Pâques, le patriarche Epiphane s’effaça devant le pontife de l’ancienne Rome. Ce fut le pape qui célébra la liturgie solennelle ; Sainte- Sophie retentit des prières latines ®. L'empereur avait

! La mansio Rhegium.

? Cui lustinus imperator venienti ita occurrit ac si beato Petro (Anonym. Vales.). Miro honore susceptus est (Chron. Marcell.); cf. le Zr P.

3 Le comte Marcellin, latin lui-même, quoique résidant à Constantinople, enregistre le fait dans sa Chronique, avec une joie peu dissimulée: Dexter dextrum ecclesiae insedit solium, diemque Domini nostri Resurrectionis plena voce Romanis pre- Cibus celebravit. — À cet événement se rattache tout un déve-

loppement légendaire. On forgea, dans le courant du VIIe siècle, unsécrit soi-disant composé par un évêque de Tyr, Dorothée, . personnage imaginaire. Il contient des groupes de petites notices sur les prophètes, apôtres, disciples du Seigneur, enfin des listes épiscopales pour les cinq patriarcats; celles-ci s’ar- -rêtent, dans les manuscrits, à la fin du VIe siècle, sauf celle de Constantinople, qui a été prolongée et tenue à jour. Son point de départ n’est pas celui des anciennes listes, lesquelles commencent à Métrophane, contemporain de Licinius; iei on remonte jusqu’à Stachys, soi-disant ordonné par l’apôtre André. Dans le prologue de la compilation on raconte que des discussions sur la préséance s'étant élevées entre le pape Jean et le

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Etre de nouveau par le pape.

Sur cette pompe, cependant, planait une grande | mélancolie. On accorda au pape tout ce qu'il deman- . dait, tout ce qu’il pouvait demander, y compris la res- F titution des églises ariennes. Mais on ne pouvait lui . accorder ce qu'il ne pouvait demander, la rentrée des 1 convertis dans la secte d’où ils étaient sortis. Il était la prévoir qu’en regagnant l’antre du lion, les délégués “ | italiens auraient à souffrir de sa colère. C’est en effet ce qui arriva. La mission fut mal accueillie au retour et jetée tout entière en prison; le pape J ean y mourut di. ‘3 en très peu de jours. |

patriarche Epiphane, celui-ci se réclama de Dorothée pour éta- blir que le siège de CP est de fondation plus ancienne que celui de Rome. Le pape aurait reconnu le fait-et accepté le . témoignage; mais, se fondant sur ce qu'il était le successeur … K du chef des apôtres (rod xopuouiou Tôy àroctéhwy), il aurait persisté à réclamer la préséance et l’aurait obtenue. On trouvera | ce document dans l’Oriens christianus de Lequien, t. I, p. 198. 4 et dans l'édition de Th. Schermann, Prophetarum vitae, ete. (coll. Teubner), p. 132 et suiv.

1 Thiel, p. 863.

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Les protégés de Théodora.

Justinien empereur. — Théodora protectrice des moines orientaux. —

Le colloque de 533. — Justinien en conflit avec les Acémètes. — Double légation à Rome. — Condamnation des Acémètes. — Théodose, candidat de Théodora, patriarche d'Alexandrie. — Sévère et le pape Agapit à Constan- | - tinople. — Mort d’Agapit. — Le concile de Ménas. — Les écrits de Re condamnés. — La mort. — Sévère et Cyrille. — Théodose quitte Alexandrie. — La fin de Jean de Tella. — Jacques Baradaï et les origines de l’église __ jacobite. E

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