‹ L'eglise au VI siecleChapitre 19 sur 105 · HE · texte numérisé non relu

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4 De cette opposition il était impossible de faire fi.

Persuader ces braves gens était une tâche au dessus

de toutes les éloquences. Pour eux c’eût été un crime,

- même d'écouter parler les gens du parti adverse, fus-

sent-ils évêques ou patriarches. Il fallut leur faire la

guerre. Les nouveaux titulaires des sièges d’Antioche, d’Edesse, d’Amid, assumèrent cette tâche désagréable.

La police les aidait. Elle ne trouva que trop à faire. Jean d'Asie, témoin oculaire, nous a laissé là dessus de tristes histoires !, On évinçait des monastères entiers, & jetant dehors, quelquefois au cœur de l’hiver, des vieil- .lards, des infirmes; les reclus étaient tirés de leurs trous, les stylites descendus de leurs colonnes. C'était un concert de lamentations, de malédictions aussi, Car Ces pauvres gens n'avaient point de relâche dans leur fureur contre le concile et ses partisans. La plupart d’entre eux,

absolument incultes, n'avaient aucune idée des natures

et des hypostases. Combien même avaient lu ou entendu lire le tome de Léon ou le décret de Chalcé- È doine? Ils maudissaient de confiance. Sur la porte de leurs couvents des anathèmes étaient gravés: maintenant ils les colportaient de solitude en solitude, les ré- , pétant aux paysans quand ils traversaient un village,

et leur inculquant, par le spectacle de leurs misères

sn ! De beatis orientalibus, é&. Van Douwen et Land, Amster- dam, 1889, p. 130, 217 et suiv. ; cf. Michel le Syrien, t. IX, p.179.

È ee police le traquait ; il était souvent obligé de changer de refuge, mais il se maintenait en communication avec.

les RMS avec ses ue DARLSRE et ses Éà

bonne contenance san la persécution à ne pas se

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- montrer trop durs aux défaillances des autres. Modér dans son intransigeance et surtout dans sa théologi

il lui fallait lutter contre Julien d'Halicarnasse, don

vieille marque, qui persistaient à refuser la communion des patriarches d'Alexandrie, successeurs de Pierre

Monge, l’hénoticien. Julien et Sévère échangèrent des

x x avait souffert en son corps ou en son âme, c’est a 35

l'avait bien voulu et nullement en vertu des conditions de son être humain. Ces idées se rapprochaient de celles d'Eutychès. Sévère n'allait pas jusque là. Dans le débat qui s’engagea entre lui et Julien, sa position est la même que celle des Diphysites et ses arguments sont à peu près identiques aux leurs. Les partisans de Ju-

lien — car il se forma des partis sur cette question

1 C’est alors qu’il publia son livre Contre le grammairien Jean, un de ses principaux écrits de controverse (Lebon, Ho nophys. sév., p. 152).

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