LES PROTÉGÉS DE THÉODORA
céder sur les choses essentielles, sur lesquelles, d’ailleurs,
sa volonté convergeait généralément avec celle de sa
femme. Par ailleurs, quand Théodora voulait énergie
quement quelque chose, et cela lui arrivait souvent, elle
était sûre de l'obtenir. Les fonctionnaires le sentaient
et s’arrangeaient pour lui plaire, surtout pour ne pas . lui déplaire, ce qui était très dangereux.
Un événement qui se produisit dans les premiers
temps du nouveau régime donna la mesure de son
énergie et contribua beaucoup, on n’en peut douter, à assurer son influence. Le 11 janvier 532, une émeute éclata dans l’Hippodrome, à propos des éternelles que- , relles entre la faction verte et la faction bleue. Il à eut des pourparlers assez aigres entre l’empereur et les
chefs des Verts. De l’'Hippodrome l’agitation se répandit
dans la rue; les Verts et les Bleus, un moment récon- . ciliés, s’unirent contre le gouvernement; l’Augusteon fut envahi, le palais menacé, le feu mis aux édifices publics: Sainte-Sophie, Sainte-Trène, le Sénat, les ther- : ï mes de Zeuxippe, le grand hôpital de Samson, puis le vaste quartier qui de là s’étendait jusqu’au Forum de Constantin, tout fut la proie des flammes. Pas detroupes pour réprimer la révolution déchaînée; car c'était une 5 révolution. On acclama dans le Cirque les neveux d'Anastase, Hypatins et Pompeius, qui, malgré eux, semble-t-il, furent revêtus des ornements impériaux. Justinien, dé- * couragé, se préparait à leur céder la place; déjà ses é trésors étaient embarqués ; il allait s'embarquer lui-même
(18 janvier) quand Théodora intervint, Elle se rendit