CHAPITRE UL. | compte des ressources qui restaient encore, fit semer
l'or et la discorde parmi les émeutiers, rallia quelques
troupes, les mit aux ordres de Bélisaire et de Mundus
- et les jeta sur l’Hippodrome, que les émeutiers avaient __ transformé en place forte. Ils y furent massacrés en masse, au nombre de trente rüille, disent les chroni-
__ queurs les moins excessifs. Le lendemain Hypatius et
il le devait à Théodora.
à ce Cette femme terrible était très religieuse, comme Ù 52 son mari. Mais tandis que celui-ci s’intéressait par de- ___ voir à la police générale de l'Eglise et par goût per- sonnel aux discussions théologiques, Théodora se plaisait
à la dévotion. C'était la grande protectrice des saints
Aur
‘ moines d'Orient, dont l’ascèse formidable et voyante = l’impressionnait beaucoup. Malheureusement ils se trou- ES : valent en conflit avec l’orthodoxie officielle et le gouvernement les persécutait. Ce n’est pas sans impatience qu’elle entendait parler de ces rigueurs. Ils le savaient
lance. Aussi est-elle fort, célébrée par les écrivains mo- nophysites, Jean d’Asie surtout !, dont les récits cu-
rieux témoignent de la sollicitude de l’impératrice à
Pompée étaient exécutés. Justinien régnait à nouveau :
et ne se faisaient pas faute de recourir à sa bienveil-
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48 l'égard des dissidents et de son ingéniosité à les se- 3e courir sans se mettre trop ouvertement en opposition es: avec les règlements officiels.
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rence entre les dispositions de Théodora et celles de Justinien.
! Elie, le biographe de Jeanude Tella, ne fait pas de diffé-
vernement modifia (581)! son attitude à l'égard des ARE ns ous . moines qui, nee 1
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mésopotamiens, cinq cents environ, furent installés dans s4 . pe US
le palais d'Hormisdas *, voisin de la. demeure impériale.
On leur permettait de vivre à leur guise, en pratiquant
l’ascèse de leur pays; mais ils n'étaient pas autorisés
à circuler en ville. En revanche les visiteurs ñe leur
manquaient pas. On parlait beaucoup de leur vie mortifiée; leur étrangeté les rendait populaires. L'’impératrice les comblait d’attentions et venait souvent s’édi-
fier de leurs discours; l'empereur lui-même allait quel-
quefois les voir. Tout cela n’était pas fait pour plaire :
au clergé, ni aux religieux orthodoxes. Ceux-ci n'étaient pas au bout de leurs peines. Un moine d’Amid, appelé
Zooras “, qui, dans son pays, avait mené la vie de stylite
1 T’Historia miscellanea (VIII, 5) donne ici les dates de l’indiction IX et de la- V® année de Justinien; cette année eb cette indiction coïncident pendant l'été 531. É
2 Elie, L. ce, p: 99.
3 Jean d'Asie, De beatis or., 41.
4 Sur Zooras, v. Jean Asie, De beatis orientalibus, 2, et
les documents concile de Ménas.
Duonssne, L'Église au VI siècle. 6. 5