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tretenaient ”.

Les Africains allèrent plus. loin. Sous la présidence | de l’évêque de Carthage, Reparatus, ils excommuniè rent Vigilé, jusqu’à résipiscence, et envoyèrent à l’empereur un mémoire bien senti pour la défense des Trois Chapitres. En Gaule le bruit se répandit que Vigile avait abandonné le concile de Chalcédoine. L’évêque d'Arles, Aurélien, vicaire du pape, se voyait assailli de < questions. Il prit le parti d'envoyer à Constantinople pour se mieux renseigner. Pendant que son messager | un certain Anastase, était en voyage, un grand concile national se réunit, le 28 octobre 549, à Orléans. Soixante-et-onze évêques y étaient présents ou représentés. Contrairement à leur usage, qui était de ne pas s’occuper de questions doctrinales, les prélats du royaume franc émirent une déclaration où ils renouvelaient la condamnation d'Eutychès et de Nestorius, condamna-

tion prononcée par le saint-siège apostolique *.

1 J. 924. C’est sans doute aux évêques d’Illyricum que Justinien adressa une longue et sévère réprimande dont le texte ne nous est pas parvenu en entier. (P. G., t. LXXX VI, p.267; Mansi, t. IX, p. 589).

2? Quas etiam sectas sedes apostolica sancta condemnat (Canon I). La lettre de saint Nizier de Trèves à l’empereur Justinien

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était inquiet, cela est manifeste, mais on ne sa-

vait pas sûrement de quoi on devait s'inquiéter. Les

renseignements font défaut pour l'Espagne; mais les = dispositions y étaient vraisemblablement les mêmes . ee en Gaule.

À Constantinople, l'opposition se renforçait de jour

en jour. L’envoyé de l’évêque d'Arles y fut témoin d’un grand scandale. Les diacres Rusticus et Sébastien, de plus en plus insolents, firent au pape l’affront de l’a- bandonner, le jour de Noël, au moment, où, sur l’invitation de l’empereur, il allait célébrer la messe à Sainte- Sophie. Vigile endura encore cette injure; puis, comme

les coupables continuaient leurs menées, il se décida à les destituer !. “

Anastase avait pu faire parvenir au pape la lettre de l'évêque d'Arles. On ne sait s’il lui fut permis de s’en-

retenir lui-même avec Vigile. Après de longs délais ?

(M. G. Ep., t. III, p. 118) n’a rien à voir avec cette affaire, ni avec celle de l’Aphthartodocétisme (v. plus loin, ch. VIL). Nizier, sur la foi d'un prêtre syrien monophysite, qui circulait en Gaule, s'était laissé persuader que l’empereur était tombé

x dans le nestorianisme le plus aigu, ou plutôt dans l’hérésie de: es Paul de Samosate et il lui en faisait de grands reproches, le blâmant en particulier de ce qu’il persécutait les religieux orthodoxes (lisez monophysites): Patres... in exilio transmisisti. Ceci concorde avec l'attitude ordinaire de Justinien à l’égard des dissidents monophysites. Toutefois, comme l’empereur est, pour l’auteur de la lettre, in wltima aetate, il faut admettre qu’elle a été écrite aux environs de l’année 560.

HR RETE

? La lettre fut remise au pape le 14 juillet 549; la réponse

est datée du 29 avril 550 (J. 925).

ORIGÈNE BT LES TROIS CHAPITRES | il expédia! à Arles la réponse du pontife *, réponse pleine de précautions, où on pouvait voir que le pape maintenait fermement le concile de Chalcédoine tout en réprouvant les détracteurs de saint Cyrille, et c'est là, en effet, tout le Judicatum. Mais sur les conflits sou- $ levés par ce document, pas un mot. Du reste, comme on se doutait que le messager complèterait sur ce point

le texte de la lettre, on le retint très loñgtemps à Constantinople et on ne le laissa partir qu'après l'avoir largement chapitré.’A son retour en Gaule, Anastase, converti par des arguments de toute nature, se fit l’apo- ÿ

logiste de la politique impériale et de la condamnation È à te

des Trois Chapitres *

Par cette démarche, on voit que Justinien avait

fini par s’apercevoir que les Occidentaux ne comprenaient rien à la question et qu’il était indispensab

de la leur expliquer. Vigile, de son côté, lui fit entendre

1 Per hominem quem Anastasius direxit. (J. 925). . Ë

2 Après avoir déclaré qu’il condamnait les détracteurs des quatre conciles et des décrets de Léon et autres papes, il ajoute: Simili poena plectentes etiam eos qui fidem b. Cyrilli... aliorumque Patrum quos apostolicae sedis praesules susceperunt atque secuti sunt, execranda superbia impia vocaverunt. (P. L., xx op 41; MG, Ep., III, p.67).

3 (Anastasius), cum de Constantinopoli exire non posset, usus est consilio ut promitteret se omnium episcoporum Gallicanorum ad damnanda capitula... animos inclinare. Cui et praemia plurima dantes districte ibi de hoc implendo sacramenta praestare fecerunt, et non permiserunt per eumdem Anastasium beatissimum papam quid in ipsa causa ageretur fratribus suis episcopis Gallicanis scribere. (Ep. clericorum Italiae. PEL EXT p. 1187.

Duousswe, L'Église au VI siècle. 13

que, si pour se décider lui-même, il ne lui avait pas

été inutile de venir à Constantinople, de subir l’ascen-

dant de la présence impériale et de prendre connais-

sance des raisons exposées par les théologiens grecs, à plus forte raison les évêques latins, et, en général, les réluctants de toute langue devaient-ils être placés dans . mêmes conditions. Alors, sans doute, ils compren-

__ draient, comme le pape, que les Trois Chapitres pou- vaient être condamnés sans dommage pour l’œuvre de Chalcédoine. Il y avait donc lieu de considérer la question comme non résolue, de retirer le Judicatum et de convoquer un concile œcuménique où l'affaire serait reprise à nouveau |.

Justinien entra dans ces vues. Mais en homme prudent et qui tenait à ses sûretés, il fit jurer à Vigile (E 50, 15 août) *, sur les clous de la Passion et sur les. , quatre Evangiles, qu’il s’emploierait de tout son pouso voir à faire condamner les Trois Chapitres et ne ferait rien en sens contraire. Ce serment fut prêté en présence d’Askidas et du consulaire Cethegus, le président du sénat de Rome, retiré à Constantinople. Cela fait, le Judicatum fut remis officiellement au pape et con-

sidéré comme non avenu °. On rendit aussi aux évê-

Le ' P. L., t. LXIX, p. 61 (J. 930) et 116.

12 * J.926; P. L., t. LXIX, p. 121; Mansi, t. IX, p. 368. ‘VeS ns 935 : Ho t. IX, p. 104; P. Le, tLXIK ED. ÉOLILE Dans la lettre du clergé d'Italie (. Eat: LXIX, D: 115) la résistance de Vigile postérieurement au Judicatum, est motivée en grande partie par de nouvelles exigences: on lui aurait de- mandé ut absolute ipsa capitula sine synodi Chalcedonensis men-

Ts té tds.

“ques les votes de avaient émis !, et il fut convenu qu'avant le concile on ne parlerait des Trois Chapitres

ni en bien ni en mal.

On se mit alors à préparer le concile. L'empereur avait déjà fait enquêter à Mopsueste pour le synode

présentement dans la ville qui l’avait eu pour évêque. Il fut établi par l'examen des livres de l’église et les dépositions des témoins que le nom de Théodore ne figurait pas aux diptyques de Mopsueste et qu'il y avait été remplacé par celui de Cyrille. On pouvait Sy attendre, car livres Soie remontaient au temps de l'Hénotique ou même du patriarche Sévère, eus peu favorable à Théodore. ü

D’autres préparatifs furent moins anodins. L'Afrique pouvait envoyer au concile un certain nombre d’évêé- . ques. À en juger par les récentes démonstrations du concile de Carthage, ainsi que par les écrits que Facundus répandait à Constantinople ?, il y avait lieu de tione damnaret. Ceci est tendancieux et très peu vraisemblable, On n’a aucune raison de croire que le J'udicatum n’ait pas été considéré par les adversaires des Trois Chapitres, comme une condamnation suffisante. Ni l’édit de l’empereur, ni le décret du concile de 553, ni aucun document du même bord ne font la moindre difficulté de mentionner le concile de Chalcédoine et de reconnaître son autorité.

1 Libellis episcoporum redditis, dit Vigile, L. c., p. 60. J’entends cela des soixante-dix évêques qui avaient siégé avec lui pour le Judicatum.

2 Outre son Pro Defensione, il bis vers le temps où nous sommes, son traité Contra Mocianum scolasticum, pour

PLAN Ne CE HAE 2 4 Ni 1,

; x craindre qu’ils ne fissent une opposition acharnée à la condamnation. Les dernières guerres et révolutions de l’Afrique avaient mis beaucoup de personnes en des situations délicates. La police impériale profita de cela. On manda à Constantinople l’archevêque de Carthage, | Reparatus, avec plusieurs de ses collègues, et on les fit passer en justice, pour des raisons ou pour des prétextes qui n'avaient rien à voir avec les discussions doctrinales. Le préfet d'Afrique, de son côté, battait ses provinces pour y recruter des évêques portés aux complaisances et qu'il expédiait à Constantinople où l’on savait comment les entreprendre. L’archevêque fut condamné et relégué aux Euchaïtes; après quoi on lui donna un successeur ?

Malgré tous ces efforts, on ne parvenait pas à se rassurer sur l’issue du concile projeté. Il était de plus en plus clair que les Latins, une fois réunis autour de leur chef, ne s’empresseraient guère à seconder ses tendances à la conciliation et qu’ils l’'encourageraient plutôt à la résistance. Les conseillers de Justinien n’eurent pas de peine à lui persuader que ce qu'il avait de mieux à faire, c'était de reprendre la voie d’abord suivie: un édit impérial, auquel l’épiscopat acquiescerait. La seule

différence, c’est que l’adhésion aurait lieu en concile au

lieu de se produire par signatures individuelles.

défendre l’épiscopat africain contre Re attaques d’un avocat dévoué à la cour.

1 Victor Tunnun. a. 551, 552; cf. Ep. cleric. Italiae/ "PAr;, 6. LXIX, p. 116.

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perte, (2 bi ASE

AE

En violation du pacte précédemment arrêté, et sans en avertir le pape, on prépara dans le palais un nouvel édit. Askidas était, bien entendu, le principal meneur;

mais il] avait derrière lui l’empereur. Prévenu sous main

de ce qui se tramait, Vigile protesta. On ne l’écouta pas. Un beau matin l’édit fut affiché à la porte des églises !.

C’est sans doute pour en porter la nouvelle officielle au pape que l'archevêque de Césarée se présenta aussitôt au palais de Placidie, escorté de prélats grecs et latins et du clergé de Constantinople ?.

Ils y trouvèrent Vigile et l’archevêque de Milan, très émus, mäis très décidés. Vigile les adjura d’insister auprès de l’empereur pour lui faire retirer son édit, et, en tout cas, de refuser leur adhésion: « Je proteste, ajouta Datius, en mon nom et au nom des évêques de-Gaule, de Burgondie, d’Espagne, de Ligurie, d'Emilie et de Vé-

nétie, que quiconque signera cette pièce sera retranché

de notre communion, car il est certain pour moi que e

l’édit porte atteinte au concile de Chalcédoine et à la foi catholique » *.

Pour toute réponse Askidas et son monde se ren-

dirent à Sainte-Sophie, où ils célébrèrent une messe s0-

lennelle. Le patriarche d'Alexandrie, Zoïle, avait mani-

festé son opposition à l’édit, J'ustinien l’avait fait pour-

L C’est une pièce fort longue surtout pour une affiche. P. Gr.

t. LXXX VI, p.993; P. L., t. LXIX, p. 226; Mansi, t. IX, p.537.

2 Ménas, dans ces affaires, paraît toujours fort peu. C’est l’archevêque de Césarée qui a toujours le premier rôle.

8 J. 930, 931; Ep. cler. Ital. (P. L., t. LXIX, p. 54, 61, 117).

voir d’un successeur, sans forme de procès, du moins

à notre connaissance, Les conjurés ne manquèrent pas,

à la récitation des diptyques, de nommer cet intrus, | É Apollinaire, à la place de Zoïle !, s - En face de ces perfidies et de ces coups de force,

Vigile montrait maintenant du caractère. L’archevêque de Milan, après lui la plus grande autorité ecclésias-

tique du monde latin, le soutenait de toutes ses forces. Mais surtout il avait près de lui | Pélage, qui avait trouvé le moyen de revenir à Constantinople et lui communi-

à quait son énergie. Il rompit tout rapport avec Ménas, ee Askidas, et, en général, avec les signataires de l’édit. 2 Il ft même préparer une sentence de déposition contre ee - : Askidas, d’excommunication temporaire ? contre les au-

tres. Cest tout ce qu’il pouvait faire pour marquer sa 264 réprobation.

Cette attitude irrita vivement l’empereur. L’orage ne tarda pas à gronder autour du palais de Placidie. Bientôt le bruit courut qu'on se proposait d'enlever le

! Sentence de Vigile contre Askidas: « Quasi nihil tibi esset primae sedis antistitem praesentem et contradicentem contempsisse, pontificem etiam Alexandrinae ecclesiae, sacerdotem fratrem nostrum Zoilum, cuius nomen usque ad memoratum diem communicatum vobis fuerat diptychis eximentes, Apollinarem quemdam pervasorem atque ecclesiae ipsius atuitén vobis sociastis, ut vestra iniquitas non solum in removendo simplicissimo sacerdote, sed etiam in recipiendo patefieret pervasore. (P. L., t. LXIX, p. 61, 62).

? Donec unusquisque vestrum errore raevaricationis agnoscens, culpam apud nos propriam compale satisfactione

diluerit. (P. L., t. LXIX, p. 62).

ss

| pape et l'archevêque de Milan. Vigile et Datius prirent le parti de se mettre sous la protection de l'asile

religieux. Ils s’enfuirent dans l’église Saint-Pierre in Hormisda ?. Justinien donna ordre de les en arracher *. Le préteur de police, escorté d’une troupe armée, pénétra dans la basilique. Averti, Vigile eut le temps d’apposer sa signature à la sentence déjà rédigée contre les fauteurs de l’édit. Une personne de confiance reçut ce document en dééiggies mission de l'afficher s’il arrivait malheur au pape*. ; |

Tout à coup la porte s'ouvre: l’arc tendu, les soldats du préteur se précipitent à travers la nef. Le pape -et l’archevêque de Milan se serrent contre l’autel, autour d’eux, les clercs romains, fort émus, font néanmoins bonne contenance et cherchent à protéger les pontifes. Au commandement, les sbires s’approchent. Un à un, les clercs, les diacres, l’archevêque, sont arrachés de l’asile sacré. Resté le dernier, le pape se cramponne aux colonnes de l’autel. On ose porter la main sur le

successeur de saint Pierre; il est saisi par les pieds,

1 C'était l’église de ce palais d'Hormisdas où, peu d'années auparavant, on avait interné les moines d'Orient. (Ci-dessus, p. 81). 3

2? Le récit qui suit est tiré tant d’une encyclique de Vigile lui-même (J. 931) du 5 février 552, que de la lettre remise quelques mois après à des ambassadeurs francs qui allaient à CP. par des clercs de l’église de Milan. (Clerici Italie, P.L., t. LXIX, p. 114). L'événement eut lieu le 14 août 551. Tout semble s'être passé le même jour; pourtant il est à la rigueur possible que Vigile ait sé uelques jours à Saint-Pierre in Hormisda.

par la barbe. Malgré son âge, Vigile, homme de haute taille et d’une grande force corporelle, résistait à l’ef-

fort de ses agresseurs. Ils tirèrent tant que l’autel céda.

Les colonnes, la table sainte, tout croulait. Le pape eût

été écrasé, si des clercs, se précipitant, n’eussent sou-

tenu la ruine du monument. Cependant une grande foule était accourue. D'abord contenue par la frayeur, quand

elle vit les soldats saisir le pape et l'autel s’écrouler

5 “À sur lui, elle éclata en cris d'horreur et de colère. Epou-

victime et disparurent, poursuivis par les huées de la multitude.

. Ainsi échoua cet exploit misérable et lâche, dont le seul résultat fut d'attirer sur le pape les sympathies

de la population. Le gouvernement sentit combien il

importait de le déloger d’un lieu où l’on allait accourir

pour vénérer des martyrs vivants, écouter leurs exhor-

tations et leurs plaintes. Les pontifes ne voulaient pas entendre parler de sortir. Justinien essaya de leur faire peur en les menaçant des dernières violences. Peine

perdue! Il fallut négocier avec eux, leur donner des

sûretés et des serments. Ils n’obtinrent pas tout ce qu’ils

demandaient, car Justinien chicana sur les détails ; ce-

pendant ils purent rentrer au palais de Placidie !.

Ils n’y furent pas longtemps en repos. Chaque jour leur amenait de nouveaux déboires. Il n’était sorte de

vexations dont on n’usât à leur égard. On leur enle-

ROPAÇETE *.

PA leurs serviteurs, on les remplaçait par d’autres,

chargés de leur faire des affronts publics; on les ca-

lomniait en Italie, en vue de les faire déposer. À cet

effet on allait jusqu'à corrompre les notaires de Vigile

et à leur faire fabriquer de fausses lettres du pape.

En vain le pape envoyait-il à l’empereur protestation

sur protestation. On n’en avait cure. Bientôt le palais

de Placidie devint une véritable prison, dont les ave-.

nues furent gardées. À peine prenait-on n soin de dissimuler. Les gens ne 2 aout les postes des espions; lui-même, de sa chambre, il entendait leurs voix. Enfin, deux jours avant Noël, il se décida à s'échapper. Profitant d’une sombre nuit d'hiver, il se glissa, au risque de sa vie, sur un mur en construction, tâtant les pierres au milieu des ténèbres, et parvint ainsi à une issue libre de surveillance. De là, il gagna le bord de la mer. Une barque l’attendait et le passa à Chalcédoine, où il se réfugia dans l’église Sainte- Euphémie. Ses clercs, avec l'archevêque de Milan et quelques autres prélats, le rejoignirent bientôt, L’asile était bien choisi. Les défenseurs du concile

de Chalcédoine se trouvaient réunis au lieu même où

la célèbre assemblée avait tenu ses assises, juste un.

siècle auparavant. La sainte dont ils invoquaient la

1 Ici s'arrêtent les renseignements contenus dans la lettre des clercs d'Italie, de Milan sans doute. (P.L., t. LXIX, p. 114- 119). Ils avaient été fournis par des «fidelissimae personae » venues de CP. Ce qui suit est rapporté par Vigile lui-même.

bite ET LES TROIS CHAPITRES ; 201

# protection était celle-là même, à laquelle les Pères du

à concile, fort divisés et désespérant de s'entendre, avaient dévolu en quelque sorte le soin de trancher leurs controverses !. Aussi le souvenir de sainte Euphémie et celui du concile s'étaient-ils un peu entrelacés. Au dessus des querelles théologiques, des dogmes mystérieux, des sentences terribles, planait l’image de la jeune martyre.

Depuis que le con

ile était battu en brèche, on voyait

> partout, en Occident € sous le vocable de Sainte-Euphémi,

; en Orient, s'élever des églises

La fuite de Vigile, bientôt connue à Constantinople, S y causa grande rumeur. Le publie commença à s’intéresser à cette étrange partie qui se jouait entre le pape de la vieille Rome et l’hôte peu sympathique du palais sacré. L'événement, du reste, était de taille à soulever l'attention dans les pays les plus lointains. Aussi ne recula-t-on devant aucune démarche pour ramener les fagitifs au palais de Placidie. Déjà, pour faire quitter au pape l'asile de Saint-Pierre, on lui avait député des cortèges de hauts dignitaires; il en avait reçu d’autres au palais de Placidie; il en vint encore à Sainte-Euphémie. L’illustre Bélisaire les conduisait, flanqué de Cethegus, l’ancien chef du sénat romain. Ils étaient chargés de donner au pape toutes les garanties, de lui offrir tous les serments qui conviendraient. Mais Vigile, édifié depuis longtemps sur la valeur de ces promesses, répondit que le temps des serments était passé, qu’il

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1T. III, p. 442. \

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