‹ L'eglise au VI siecleChapitre 59 sur 105 · AL · texte numérisé non relu

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3 Michel, X, 21, qui ajoute que ce monastère se trouvait «entre Balas et Ragali». Ceci donne un point situé au-delà de

l’Euphrate, entre les localités actuelles de Balis (Barbalissos) et de Rakkah.

| 66 | CHAPITRE X. ax # ne écobite d'Orient et l’église d'Egypte. Jean d'Asie ne reconnut pas le nouveau patriarche d’Antioche ‘. Cette opposition et celle des partisans que Paul “ 1 avait conservés en Syrie finit par inquiéter Pierre de Callinique. Il retourna à Alexandrie, déclarant qu’il ne voulait pas être une cause de scandale et qu’il se reti- rait. Sur ces entrefaites arriva la nouvelle de la mort de Paul. L’objection tombait. Pierre rentra en Syrie et continua ses fonctions *. Cependant, l’opposition ne ne désarma pas complètement. Jean d’Asie qui en était, | déplore amèrement ces querelles intérieures, œuvre lamentable de l’esprit de parti, de l’orgueil, de l’obstination. Il ne réfléchit pas que l’église jacobite elle-même, dans son ensemble, dans ses origines et dans sa persistance, procédait des mêmes inspirations.

Ainsi, grâce à la disparition de Théodore et de + FE les deux patriarcats non-conformistes avaient fini * par retrouver l'unité intérieure et par s'entendre entre eux. Ce ne fut pas pour longtemps.

ae Un sophiste alexandrin, appelé Etienne Niobé, in- | sistait beaucoup dans ses propos et ses écrits sur un | 3 des points faibles de la doctrine monophysite. Les ni disciples de Sévère admettaient qu’il fallait distinguer,

AS dans le Verbe incarné, les caractéristiques de la divi-

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__ nité et de l'humanité; mais cette distinction que l’on

! Jean d’Asie, IV, 44, 45; cf. Michel, X, 17.

? Jean d’Asie, IV, 60, 61. En 585, alors qu'il terminait son quatrième livre, il n’était point encore réconcilié avec Pierre de Callinique.

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Ces deux clercs, un certain Probus et un archimandrite appelé Jean Barbour, se laissèrent si bien convaincre que, rentrés dans leur pays, ils se mirent à faire de la propagande pour le dilemne d’Etienne. II fallait, | disaient-ils, nier toute distinction théorique ou accepter les deux natures. Cette affaire fit du bruit ; les deux théologiens furent condamnés par le synode d'Orient (587) et le patriarche prit la peine de les réfuter. Maltraités ; À par leurs coreligionnaires, ils s’entendirent avec le patriarche catholique d’Antioche, puis avec celui de Constantinople. Probus devint évêque officiel de Chalcédoine et mourut dans cette situation ?

Les Trithéistes d'Alexandrie continuaient leur sub tiles disputes *. Ils se plaisaient à proposer des objections, que les autres résolvaient comme ils pouvaient. Le patriarche Damien se laissa engager dans ces exer- “2 cices. Il écrivit contre les Trithéistes, mais avant de publier son livre, il l’envoya à son collègue de Syrie 4 pour qu'il en fit une révision. Pierre constata avec

1 Michel, X,21. Cf. Timothée, P. G., t. LXXX VI, p. 44.

2 Un spécimen de leur genre nous est offert par une sorte de Sic et Non dont Photius (cod. 232) nous donne une analyse. Sur l’auteur, il dit seulement que c'était un trithéiste, appelé Etienne Gobar. :

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évêque d'Alexandrie était tombé dans fe opposée. |

* Selon Damien, les propriétés constitutives des personnes divines et les personnes divines elles-mêmes sont identiques. Le patriarche d’Antioche jugea que son collègue

ed d'Alexandrie s’aventurait dans le sabellianisme, et lui

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écrivit en ce sens. Il n’en fallut pas davantage pour rallamer les discordes à peine éteintes !. Le phylarque

ghâssanide Gophna, qui patronnait en Syrie tout ce monde monophysite, perdait patience ?

© 2 Ocs princes arabes, si populaires chez les dissidents,

étaient, à cause de cela et pour d’autres raisons encore,

suspects à Constantinople. La situation presque royale

3 que Justinien avait faite à Hâreth, son fils Mundar

(Mundhir) * en avait joui après lui. Mais on leur repro-

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chaït de faire plutôt leurs affaires que celles de l’empire, et les relations que, soit directement, soit par leurs * congénères de Hira, ils entretenaient avec les généraux persans, n'étaient pas sans inspirer des inquiétudes. La brouille éclata sous l’empereur Maurice, qui succéda en 582 à Tibère IL. Mundar, victime d’une ruse traî-

! Un écho de ces querelles parvint jusqu’en Occident; car € 'est de cela qu’il s'agissait, me semble-t-il, dans une us, du patriarche d’Antioche Anastase, à ets le pape Grégoire répondit en septembre 597 (Reg., VIII, 25; J. 1489).

| ? Michel, X, 22, avec des fragments dote curieuse lettre du Dante Eat relative à ces événements.

3 Inscriptions le mentionnant comme patrice et phylarque. . Waddington, n . 2110, 2562 c.

tresse, fut arrêté (v. 584) et conduit à Constantinople ; on agit de même avec son fils Nanman; le royaume fut aboli et l’autorité sur les tribus arabes de la frontière fut répartie entre quinze phylarques !.

Ce changement politique n’était pas pour augmenter la sûreté des Jacobites. Il ne leur était pas indifférent

que les Arabes syriens, leurs coreligionnaires, inspi-

rassent plus ou moins de respect aux souverains by-.

zantins et au clergé officiel. À Constantinople, la persécution était toujours intermittente ; elle dépendait des dispositions du patriarche. Jean d’Asie, qui eut tant à souffrir sous Jean le Scolastique, se plaint aussi d'Eutychius qui le remplaça (577-582) après avoir été son prédécesseur. Jean le Jeûneur qui vint ensuite (582-595) laissa en paix les Diacrinomènes de la capitale. En Orient, ils eurent à subir une persécution violente (599) de la part de Domitien, évêque de Mélitène, un des hommes de confiance de l’empereur Maurice, avec lequel il était apparenté *. Nombre d’églises et de monastères, en Mésopotamie, furent alors enlevés aux Jacobites et livrés au clergé chalcédonien. A Edesse, le monastère

des Orientaux fit résistance et se mit en état de ré-

1 Michel, X, 19, sans doute d’après Jean d’Asie, VI, 41, 42

(chapitres perdus). Cf. Théophylacte Sim., IIT, 17; Evagrius, :

H. E., V,20; VI,2; Jean Moschus, Pré spirituel, c. 155. ? Domitien fut commissionné en 592-593 auprès de Chos-

roès IT, chassé de ses états et réfugié sur le territoire byzantin

(Théophyl. Sim., IV, 14 et suiv.; V, 8 et suiv.; Evagrius, H. E., VI, 18; Jean d’Asie, V, 19). Saint Grégoire le Grand l'avait connu à CP; il lui écrivit quelquefois (Reg., III, 62; V, 43; VEE, LV: IX, 4):

Dronesve, L'Église au VI siècle. 24

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