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bellion ouverte; un grand nombre de moines furent
; ” Er à massacrés, comme coupables de lèse-majesté. Plusieurs
prélats, parmi Fe 7 savant évêque de Maboug, Théo-
dore d'Héraclée, Se retirèrent en Egypte ”, où le monas- : tère d’Ennaton, asile traditionnel des op leur offrit un sûr abri.
On ne sait ce que devint, en ces moments critiques, | le chef de l’église jacobite. Sa résidence ordinaire était PME un monastère appelé Goubba Barraya, entre Alep et : * Maboug. Pierre de Callinique, mort en 591, avait été remplacé par Julien, lequel, en 595, eut pour successeur Athanase. Celui-ci devait durer longtemps et voir | les événements les plus graves, la persécution de Do- mitien de Mélitène, l'invasion perse et la conquête musulmane. C'était un homme habile et d'esprit conciliant. La guerre qui, si souvent, désolait ces pays fron- Hors, se ralluma avec une singulière violence après … la mort de Maurice et l'avènement de l’abominable … Phocas Chosroës avait eu fort à se louer de l’em- | | pereur assassiné. Il se posa en vengeur, prétendit, ce qui était faux, qu’un des fils de Maurice, Théodose, avait échappé au massacre de sa famille et s'était réfugié à la cour persane, déclara qu'il allait le rétablir | sur le trône, et, sous ce prétexte, envahit résolument les provinces orientales. C’est en 604 que commença la marche en avant des forces iraniennes. Elle devait rendre les Perses maîtres de tout l'Orient, les conduire
bles tome, à
tal
? Michel, X, 28, 25.
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jusqu’au Haibhbes et au désert de Lybie. Les pays je cobites furent les premiers oe Les évêques persans , La
suivaient l’armée et conquéraient à leur manière. Les campagnes étaient monophysites, ES dans les villes, surtout depuis Domitien de Mélitène, les églises étaient | aux mains des Chalcédoniens. Ceux-ci furent évincés sans retard. Un évêque nestorien, venu de Perse, essaya de s'installer à Edesse; il échoua. Maïs la Perse pos- se sédait des évêques monophysites ; il en vint quelquesuns qui, sans s'inquiéter d’Athanase et de son épiscopat Jacobite, se saisirent des églises urbaines. On arrangea ce conflit. Quant aux Diphysites, comme ils ne s'étaient soutenus jusque là que par l'appui des autorités byzantines, leur défaite fut complète: «le souvenir du concile de Chalcédoine disparut depuis l’Euphrate jusqu’à l'Orient » ‘, c’est-à-dire dans tout le pays transeuphratésien qui avait fait partie de l’empire. ;
Ce n’est pas que l'invasion perse fût vue avec plaisirs Le patriotisme romain, fortifié par la terreur des Perses … adorateurs du feu, prima, même chez les moines les plus fanatiques, la joie de se voir délivrés des tracasseries et persécutions byzantines. On vit les moines de Mardin s’enfermer dans cette forteresse et demander à leurs évêques la permission de se battre contre l’envahisseur. Cependant, les Perses eurent le bon sens de s'abstenir de propagande religieuse et ces oppositions |”
finirent par disparaître.
1 Michel, X, 25.
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Mais, comme disent les chroniques, pendant que du dehors Chosroës attaquait le malheureux empire, Phocas le secondait au dedans pas ses rapines et ses massacres. Il s'était, dès le principe, posé en champion de l’orthodoxie. Les dissidents, les Juifs surtout, furent traités par lui avec la dernière rigueur. Ceux d'Orient, persécutés tout récemment par l’ardent Domitien, finirent par se révolter. À Antioche, à Tyr, dans toute la Phénicie et la Palestine, des agitations se produisirent. L’approche des Perses, qui, après avoir un instant perdu la position d'Edesse, s’y étaient réinstallés en 609, fa- É- vorisait ces éclats, si elle ne les déterminait pas. En : 609, une sédition épouvantable ensanglanta la ville d’An- : tioche. Les Juifs y prirent part et aussi les « factions », | Bleus et Verts. Bonose, un des généraux de Phocas, fut “Chargé de la répression. Elle fut atroce. Le clergé in-
ue peut-être pour défendre, par l’asile religieux, les per- Fe
La
tervint, dans des circonstances qui demeurent obscures, se
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sonnes compromises. Toujours est-il que le patriarche
__ Anastase ! fut massacré, avec des raffinements où l’obscénité le disputait à la cruauté.
"I n’y à aucune raison de croire que les monophysites aient été pour quelque chose en ceci, comme l’a cru M. Pernice (L’'Imperatore Eraclio, 1905, p. 22 et suiv). Sur cette affaire, v. Chronicon Paschale, a. 610 (en notant que les faits se rapportent à l’indiction précédente, celle de 608-9): Théophane, n. 6101; Jean de Nikiou, c. 104 (Notices et extraits des mss., t. XXIV, p. 539); Michel le Syrien, XI, I. Par qui Anastase fut-il massacré? Par les soldats, dit la Cronique pascale, document presque contemporain ; par les Juifs, dit Théophane. Jean de Nikiou parle de massacres perpétrés parles soldats dans les
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Ce fut le dernier patriarche diphysite. Peu après sa mort, Antioche tomba aux mains des Perses (611) et le siège patriarcal d'Orient demeura en fait! inoccupé.
Cependant les choses avaient changé à Constantinople : les cruautés de Phocas avaient fini par exaspérer tout l'empire. L’exarque d'Afrique, Héraclius, organisa une insurrection. Pendant que son fils appelé aussi Héraclius, faisait voile pour Constantinople à la tête d’une flotte imposante, son neveu, le patrice Nicétas, marchait sur l'Egypte par la voie de terre. En vain
Bonose vint-il la lui disputer. Dès les premiers mois de 610, il était maître du pays et Bonose en fuite s’empressait de rallier Constantinople. Il y arriva tout me. juste pour être enveloppé dans la catastrophe de son fé maître Phocas. Héraclius le fils fut couronné empereur A le 5 octobre. q
Cette révolution n’empêcha pas Chosroës de CODtinuer la guerre. Après quelque arrêt dans sa marche en Syrie, son lieutenant Scharbaraz s’empara, en 613,
de Damas, et, en 614, de Jérusalem. La population de la ville sainte, après avoir accepté une garnison persane, «0 l’avait massacrée. Les représailles furent terribles. Jé- us rusalem fut livrée au pillage, les habitants massacrés
églises, sans viser le patriarche; Michel le Syrien dit, sans autre détail, que le patriarche Anastase fut tué. Comme Théophane, il place les faits en 610.
1 Il y eut encore, il est vrai, pendant quelque temps des patriarches tree d’Antioche, mais des patriarches in partibus, résidant à CP. C’est seulement en 742 que le siège melkite d’Antioche fut de nouveau pourvu d’un titulaire.
à leur tour. On parle de 57.000 tués, de 35.000 pri sonniers !, Le patriarche Zacharie et nombre de ses fidèles furent envoyés en Perse ; d’autres étaient vendus sur place. Les Juifs, dit-on, ‘en achetèrent beaucoup pour les tuer ensuite, par plaisir. Les basiliques de la ville sainte, notamment celle de la Résurrection et celle du Mont des Oliviers, furent livrées aux flammes. Cependant, celle de Bethléem échappa, protégée par le - souvenir des rois mages. Ces personnages figuraient avec le costume national des Perses, dans la décoration extérieure de l’église, où la scène de l’Epiphanie était reproduite en mosaïque. Les envahisseurs respectèrent un monument de leurs ancêtres. Dans l’ensemble de la catastrophe, ce qui retentit le plus douloureusement au cœur de la chrétienté, ce fut la perte de la Vraie Croix, relique vénérable entre toutes, palladium des fidèles du Christ. En vain, essaya-t-on de la cacher. Les . Perses la découvrirent et l'envoyèrent à Ctésiphon, à comme un trophée de leur victoire. |
… Les Perses menaient leurs expéditions de guerre avec une grande férocité. Toutefois, quand on ne leur faisait pas résistance, ils se montraient assez accommodants. Même quand il leur avait fallu agir de vive force, ne ils s’arrangeaient, les premiers moments passés, avec les populations soumises. Chosroës, sur lequel, du reste, s’exerçaient des influences chréti nnes, ne tarda pas à donner des ordres dans le sens e la tolérance. Mo-
! Sebeos, 24 (p. 69 de la traduction française de Macler).
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deste, prêtre vénérable qui dirigeait un monastère aux environs de Jérusalem, prit en main la direction du patriarcat, au nom et à la place de Zacharie, retenu en captivité. Par ses soins les basiliques détruites furent relevées, sur des proportions moins amples, il est vrai. Du dehors, on l’aidait comme on pouvait. Le catholicos arménien Koumitas, le patriarche melkite d'Alexandrie, Jean l’Aumônier, lui faisaient parvenir des offrandes.
Cependant, les Perses poussaient leurs conquêtes parvenaient en Egypte. Les Egyptiens, on l’a dit sou vent, étaient, pour l’immense majorité, des dissidents monophysites, des non-conformistes, plus ou moins mal- :
(traités par le gouvernement byzantin. Il s’en faut ce- ce pendant qu’ils aient fait bon accueil à l'invasion et considéré les Perses comme des libérateurs !. On a làdessus des témoignages directs. Du reste, les massacres de Palestine, l’incendie des Lieux saints n'étaient pa de nature à les rassurer sur le traitement qui les attendait. Depuis plusieurs années, leur pays se remplis . sait de fugitifs que l'invasion chassait de la Syrie du nord; parmi eux figuraient plusieurs évêques jacobites, se bon signe que le fléau menaçait les dissidents comme < les autres chrétiens. Quand l'invasion s’étendit à l’Egypte, nombre de personnes émigrèrent vers Carthage.
! Voir l’histoire de Dé évêque de Coptos Pisentios (Amelineau, Etude sur le chr isme en Egypte au VII siècle) et la prophétie attribuée à henoudi dans une rédaction de sa vie, du VIle siècle avancé (Amelineau, Mémoires publiés par les membres de la mission archéol. française au Caire, t. IV, 1888, p. Lt).
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Parmi elles figuraient les religieuses de deux couvents monophysites d'Alexandrie et un évêque de leur confession, appelé Thomas. Ces communautés, accueillies d’abord par les autorités locales, s’avisèrent de faire de la propagande dans les familles orthodoxes de Carthage, ce qui leur valut des désagréments !,
À Alexandrie, Coptes et Melkites vivaient ensemble tant bien que mal. Les Melkites, encore qu’ils fussent les moins nombreux, occupaient les basiliques officielles, le Caesareum, église patriarcale, Saint-Marc et la plupart des autres. C’est leur clergé qui desservait le sanctuaire célèbre de saint Ménas, dans le désert de l’ouest et celui des saints Cyr et Jean (Aboukir), sur la côte à l’est, tout près de Canope. Les Coptes, qualifiés administrativement de Théodosiens, n'avaient pas de résidence patriarcale en ville. Ils y possédaient pourtant deux églises, l’'Angelion et SS. Côme et Damien, construites par eux depuis le schisme. Leur patriarche résidait assez loin d'Alexandrie, au monastère d'Ennaton sur la côte ouest.
Entre les deux confessions, une sorte de modus vivendi avait fini par s'établir. On n'entend plus parler,
? Lettre XII de saint Maxime, P, G., t. XCI, p. 460-509. L’émigration mentionnée dans ce document a dû se produire notablement avant l’année 641; elle n’a donc rien à voir avec la conquête musulmane de l'Egypte, ni avec le monothélisme, comme on l’a dit trop souvent. Le préfet Georges qui escamota la lettre de l’impératrice Martine en faveur de ces religieuses, n’eut pas à payer son audace, car Martine cessa de régner à peu près vers le moment où sa lettre arrivait à Carthage.
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depuis Justinien, de rixes sanglantes entre les tenants et les adversaires de Chalcédoine. Euloge ‘ qui occupa longtemps (580-607) le siège patriarcal, se dépensa, il est vrai, avec ardeur dans la controverse contre les dissidents. Mais il s’en tint à la polémique écrite, assez inutile, car, sur de tels adversaires, les argumentations glissaient comme l’eau sur de l'acier poli. Toutefois, si le populaire copte ne prêtait guère attention aux raisons du patriarche melkite, il ne poussait pas l’hostilité jusqu’à s'abstenir de fréquenter les pèlerinages et les fêtes orthodoxes. Les malades qui venaient au sanctuawe d’Aboukir demander la guérison de leurs infirmités, n'étaient pas tous des partisans du concile de Chalcédoine. En ville, à certains jours solennels, les églises melkites se voyaient envahies par une grande affluence de dissidents. Ils assistaient aux offices et restaient jusqu'au moment de la communion; alors, pour ne pas participer aux mystères interdits, ils s’en … allaient. sk La haute sainteté, l'inépuisable charité de Jean | lPAumônier, successeur d’'Euloge, paraît avoir eu plus de succès auprès d’eux que les dissertations de son prédécesseur. Ce n’est pas qu'il ait exclu ce moyen de protestation: auprès de lui les savants moines Jean Moschus et Sophrone continuaient la controverse. Mais son affaire à lui, c'était le soin des pauvres. Nulle infortune ne le sollicitait en vain, et sa bourse, à chaque
1 Il avait succédé à Jean (570-580), lui-même successeur d’Apollinaire. Plusieurs lettres de saint Grégoire lui sont adressées.
nstant vidée, se remplissait à mesure, car Dieu semblait se plaire à le.seconder dans ses pieuses prodigatés. Cette charité faisait grande impression. On peut ‘en juger par ce fait que, ses prédécesseurs ayant laissé sept églises à Alexandrie, Jean trouva moyen, en quelques années d’épiscopat, d’en élever le nombre à soi- xante-dix.
as été tenable sans l'appui des autorités impériales. n lui eût dit, comme jadis à son prédécesseur Timo- thée Salofaciol: «Nous vous aimons bien, mais nous ne voulons pas de vous pour évêque ». Aussi, quand les Perses eurent commencé à ébranler la résistance d'Alexandrie, quand les fonctionnaires byzantins, jugeant la situation désespérée, se furent décidés à partir, le saint homme se résigna à les suivre et se laissa em- mener par le patrice Nicétas (617). L'année avant le siège, un fait important s'était ns au monastère | D Là, depuis l'invasion de Mésopotamie, plusieurs évêques jacobites avaient trouvé refuge. De ce nombre étaient Paul de Tella et Thomas de Harkel,
métropolitain de Maboug. Ils employaient leurs loisirs
ce temps-là, les Jacobites étaient encore divisés d’avec les Coptes. Il est à croire que, rapprochés par la vie
commune, apaisés par les NN à d’hospitalité, les représentants des deux églises dissidentes virent se dis-
siper peu à peu les nuages qui les séparaient, Thomas
Malgré sa popularité, sa position à Alexandrie n’eût
à reviser les manuscrits et traductions de la Bible. En
et Paul se trouvèrent bientôt avoir travaillé, non seule-