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seul à soutenir la lutte contre les progrès incessants du parti monophysite.
Cette lutte demeura quelques années une lutte sourde et sans épisodes. Dans la métropole dé l’Orient, à la place de Palladius, Flavien, nonce d’'Antioche à Constantinople, avait été nommé patriarche. C'était l'homme de l’'Hénotique, toutefois avec des inclinations chalcédoniennes ’. Il fut installé en 498, la même année où Symmaque l'était à Rome. Déjà, depuis treize ans, l’épiscopat syrien, outre la direction officielle des patriarches hénoticiens, Pierre le Foulon et Palladius, subissait l'influence de Philoxène de Maboug, en fonctions depuis l’année 485. Les opinions de Philoxène étaient à l'opposé des sentiments de Flavien et il n’était pas homme à transiger. Le conflit, toutefois, fut d’abord latent. L'empereur, lui aussi, temporisait. C’est seulement depuis l’année 506, alors que, la paix étant faite avec les Perses, il se sentit plus maître de ses mou vements, qu'il se laissa décider à sortir de l’espèce de neutralité représentée par l’Hénotique et à marcher vi-
goureusement avec le parti monophysite.
Il est clair que l’Hénotique ne servait à rien, que
derrière lui s’abritaient, en Egypte et à Constantinople,
1 On ne conçoit guère comment Anastase, avec ses sentiments monophysites, ait pu désigner, pour les hautes situations ecclésiastiques, des hommes comme Macedonius et Flavien. Il faut qu’une autre influence, sans doute celle de l’impératrice Ariadné, se soit fait sentir en ces affaires.
Ducuxsne, L'Église au VI siècle. 2
accepter résolument le concile et les deux natures, 0 = les rejeter sans ambages. Anastase, en bon diacrinomène, penchait vers ce dernier parti. Plus il allait, plus | x
s’exaltait sa ferveur religieuse et son obstination mo- È
| nophysite, plus il subissait l'influence des cercles dirigeants du parti, des moines de Gaza et de l’évêque d'Hiérapolis. Sur les quatre patriarcats d'Orient, un
seul était à eux, celui d'Egypte; les trois autres étaient 1
. “ Edie [l passa par les écoles littéraires d'Alexandrie et
e OGcupés par des prélats chalcédoniens de sentiments. importait de s’en débarrasser. C’est à ce moment qu'entre en scène l’homme le plus important du monophysisme, le moine Sévère ' |
Ce personnage était originaire de Sozopolis en Pi- |
1 Le livre intitulé Le Monophysisme Sévérien, étude histo- rique, littéraire et théologique sur la résistance monophysite au concile de Chalcédoine jusqu’à la constitution de l'église jacobite, par M. Joseph Lebon, Louvain, 1909, traite d’une façon très remarquable les questions qu’annonce son titre. On y voit en particulier que l’opposition des sévériens au concile de. Chalcédoine et à saint Léon se fonde sur la conviction bien ar- rêtée que la doctrine des deux natures est nestorienne; que. cette appréciation elle-même repose sur l’équivalence absolue, pour les cyrilliens, des termes nature, hypostase, personne; qu’enfin la formule monophysite « Unique est la nature incarnée du Verbe» provient non d’une tradition sincère, mais de livres apocryphes, fabriqués par les Apollinaristes sous le nom des papes Félix et Jules, de saint Grégoire le Thaumaturge et de saint Athanase. Tout cela est de la dernière évidence. Le livre pag atient d’intéressants renseignements sur les plus anciens auurs monophysites, Dioscore, Timothée Elure, Philoxène, SE ones de Saroug, ete.
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apprit le droit à Béryte. Zacharie le rhéteur, qui avait été son compagnon d’études, nous renseigne sur sa conversion. Îl paraît qu’en son pays on avait coutume de différer le baptême jusqu’à l’âge adulte. Tant qu’il vécut à Alexandrie, Sévère se maintint dans une sorte de neutralité froide, se montrant peu porté vers les païens, peu enclin au christianisme. À Béryte, Zacharie, fort zélé, parvint à l’intéresser aux choses religieuses, lui fit lire de bons livres, le mena à l’église et l’induisit en ascétisme. Bref, Sévère consentit à se laisser baptiser, et la cérémonie eut lieu à Saint-Léonce de Tripoli (488), dans une église conformiste, c’est-à dire hénoticienne. Sévère était un esprit sérieux; devenu chrétien, il ne voulut pas l’être à moitié: il se fit moine et prit l’habit dans le couvent acéphale où se perpétuait, près de Maïouma de Gaza, la tradition de Pierre d’Ibérie. Après avoir mené quelque temps la vie solitaire et poussé
l’ascèse jusqu’à compromettre sa santé, il revint à
Maïouma, et bientôt il y fonda un nouveau monastère,
qui ne tarda pas à prospérer. C’est alors qu’il reçut la prêtrise des mains d’Epiphane, évêque de Magydos en Pamphylie, privé de son-siège pour cause de résistance ‘ à l’'Hénotique.
Les moines de Maïouma, quoique non conformistes, vivaient en paix avec le clergé local. À Jérusalem, le patriarche Elie voyait avec moins d’indifférence ce foyer
de schisme prendre des proportions de plus en plus
1 Résistance monophysite, cela va de soi.
d'exécution était un certain Nephalios, Res.
acéphale lui-même, qui naguère s'était signalé à Alexan | drie par les démarches le plus intransigeantes !. Main- | tenant il était passé, comme disaient les Acéphales, au concile de Chalcédoine, tout au moins à l’Hénotique. Molestés par lui, Sévère et ses moines prirent le part |
2 d'aller à Constantinople (v. 509), réclamer auprès de |
45 empereur. On les vit arriver, au nombre de deux cents. .
Leur affaire fut bientôt réglée : ils expliquèrent qu'ils étaient en communion avec les moines d'Egypte, lesquels | étaient laissés tranquilles. Sévère avait des amis très haut placés. On accepta leur système de défense. Néan- = moins ils prolongèrent leur séjour, trois ans durant, dans l'intérêt, non plus de leur monastère palestinien, | E du monophysisme en RER RS eux et 1
à Fran de bonne heure. Déjà la situation était assez tendue entre le palais et l'évêché. La mère de l’empereur
était, dit-on, manichéenne; le bruit se répandit, dans
Hist. ane., t. IIT, p. 507.
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exécuter en deux églises des compositions d’un style inaccoutumé, qui parurent fort suspectes. Vers le même temps, Xenaïas de Maboug, mandé auprès de l’empereur, avait fait un long séjour à Constantinople. Macedonius ne voulut pas le recevoir, pas plus qu’il ne recevait les nonces égyptiens. Aux ouvertures qu’on lui faisait de temps à autre sur l’opportunité de répudier le décret de Chalcédoine, il n’avait qu’une réponse, c’est qu’une telle démarche ne pouvait se faire qu’en un grand concile, tenu sous la présidence du pontife romain. Les esprits étaient très excités; des fanatiques essayèrent d’assassiner le patriarche ; l’empereur, se jugeant menacé, lui aussi, prit des précautions osténsibles. Macedonius était très populaire; c'était un saint homme; on l’avait en vénération. Aussi n’était-il pas facile de s’en débarrasser.
Telle était la situation à l’arrivée de Sévère et de ses moines. Le groupe que formaient ceux-ci fut bientôt renforcé par d’autres solitaires, venus des environs d’Antioche, encore plus exaltés que les palestiniens ‘. Naturellement, les diacrinomènes de Constantinople et
les ennemis de Macedonius se rallièrent autour de ce
1 Zacharie (P. Or., t. II, p. 111) parle d’une autre circonstance où les moines syriens et ceux de Palestine s'étaient trouvés rapprochés. Un monastère voisin d’'Apamée s’étant signalé par un zèle antichalcédonien trop exalté, le patriarche Flavien l’avait fait évacuer. Les moines étaient partis pour le midi; on les avait vus arriver à Gaza, la croix sur l'épaule, selon l’habitude de leur pays. Sévère et ses amis leur avaient fait bon accueil.