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Malgré tout, la lettre d’Anastase IT était portée par deux évêques; les instructions de ceux-ci étaient assez larges pour qu’ils aient pu entrer en rapports, même avec les nonces d'Alexandrie; tout cela témoignait, chez le nouveau pape, d’un certain dégoût de ce lamentable schisme, et de quelque inclination vers les mesures qui auraient pu en préparer la réduction. En ceci il était en avance sur l’opinion de son clergé.-Sur des lettres du pape Gélase où était exposée la culpabilité d’Acace, une manifestation favorable aux idées romaines s'était produite dans l’église de Thessalonique ‘; on avait prononcé l’anathème contre l’ancien évêque de Constantinople; le métropolitain André, bien qu’il fût, en cette affaire, plus réservé que ses fidèles, avait envoyé son diacre Photin à Rome. Le pape fit bon accueil à cette
démarche. Il n’en fallut pas davantage pour que les
exaltés l’accusassent de vouloir réhabiliter Acace ; nombre de clercs et de prêtres romains se séparèrent de sa communion *.
Photin, plein d’optimisme, était allé, en sortant de Rome, raconter à Constantinople la façon aimable avec laquelle il avait été accueilli par le pape. Cela encou-
ragea les nonces alexandrins, un prêtre Dioscore et un
1 J. 746; Thiel, p. 626.
2 Liber pont., t. I, p. 258. Ce récit du Liber pontificalis, in-
exact et passionné, a fait, pendant tout le moyen-âge, le plus
grand tort à la réputation d’Anastase IT. Dante vit le sarcophage de ce pape en un coin de l’enfer (Inferno, XI, 6-3).
lecteur Chérémon !, à tenter, eux aussi, un rapprochement avec le saint-siège. C’était assez extraordinaire, car ils représentaient auprès de la cour un évêque d'idées tellement avancées que sa communion était repoussée par le patriarche de Constantinople. Ils s’entretinrent cependant avec les légats d’Anastase IT et finirent par leur remettre un mémoire justificatif, avec une profession de foi qui se tenait dans les lignes de l’Hénotique.
Nous ne sommes pas renseignés sur les rapports que les légats, bien qu’ils n’eussent pas apporté de lettres pour lui, durent avoir avec le patriarche Macedonius *. Le patrice Festus avait, dit-on *, promis à l’empereur - d'amener le pape à l’Hénotique. Il se flattait, je pense. Du reste, toutes ces démarches demeurèrent sans ré- Sultat, car le pape Anastase mourut prématurément (498, 19 novembre), et l’élection qui eut lieu trois jours après (22 novembre) aboutit, après bien des vicissitudes, à lui donner, en Symmaque, un successeur peu porté à la conciliation. |
Dans ces conditions, Macedonius, bien assuré de
n'avoir pas à compter sur l’appui de Rome, se trouva
1 Ces alexandrins étaient, en somme, des hénoticiens modérés. Ils restèrent longtemps en charge à CP. Macedonius ne voulut pas les admettre à sa communion (Revue Arch., t. XX VI, p. 396; Théophane, a. 6002). Sévère ne les aimait pas; il les considérait comme des ennemis de la vraie « piété » (Æp., IV, 2, p. 255).
? Théodore le lecteur, IT, 17, dit que Macedonius avait voulu
envoyer ses synodiques au pape par le patrice Festus, mais que l’empereur l’en empêcha.
3 Théodore le lecteur, II, 17.
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