‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 171 sur 270 · P. G., I. XC, col · texte numérisé non relu

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puis de longues années peut-être, la mémoire des couches virginales. Cette mémoire, en faveur de qui saint Etienne a reculé d'un jour, est au moins contemporaine de saint Sophrone, puisque ce patriarche nous montre déjà le protomartyr fixé au 27 décembre, et sa popularité nous est attestée par les pratiques superstitieuses dont elle fournit l'occasion aux Byzantines '.

Inchangé, le culte des anges s'adresse, en dehors de Michel et de Gabriel, à la masse anonyme des esprits célestes. Uriel et Raphaël pourtant sont connus : une ancienne prière liturgique les mentionne, Œcuménius de Tricca fournit leur nom à André de Césarée, saint Anastase le Sinaïte les nomme une fois^. Saint Jean-Baptiste, pour la part qu'il a prise à la théophanie du Jourdain, est honoré le 7 janvier, et les apôtres se groupent au 30 juin derrière saint Pierre et saint Paul. Les martyrs ont aussi une solennité commune le premier dimanche après la Pentecôte, solennité déjà vieille de plusieurs siècles et destinée à devenir un jour la fête de tous les saints 3.

Les pèlerinages continuent de se joindre aux fêtes pour honorer Dieu et ses élus. On fréquente même les sanctuaires que la conquête arabe a mis sous le joug de rislam.

Jérusalem en particulier n'a rien perdu de son prestige et, comme le montre une légende assez jolie, on prend encore cette ville pour la métropole de la prière. Chaque dimanche, après les messes dites, quand les anges de toutes les églises se réunissent et montent

1. p. G., t. LXXXVI, col. SSeï»»; Syntagma,t. H, p. 486, 487.

2. A. RoccHi, Codices crijptenses, Tusculum, 1883, p. 257; P. G., t. CVl, col. 300"; Anast. Sinaït., col. 60" ; cf. Labarte, Histoire des arts industriels au moyen âge, 2* édit., t. III, p. 14.

3. PriRA, Analecla, t. I, p. 23, 165, 169; P. G., t. L, col. 706; t. LXXXVIII.COl. 477.

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porter à Dieu les mérites de l'univers entier, l'ange du Saint-Sépulcre est seul en possession d'ouvrir ce cortège et de le présenter au Très-Haut. Ses collègues^ s'il n'était à leur tête, devraient rester sur place, les ailes repliées, et attendre. Aussi, pour ne pas retarder les anges, le patriarche saint Zacharie a-t-il ordonné que la messe dominicale de l'Anastasis serait célébrée très tôt et très vite .

Comme Jérusalem, malgré son plus grand éloignement, le Sinaï voit accourir de nombreux visiteurs : un jour, c'est un total de 600 pèlerins qu'abrite son monastère ; un autre jour, c'est une caravane de 800 Arméniens qui arrivent à la fois. Telle est l'attraction exercée par ce terrible sommet « foulé de Dieu » et par cette mystérieuse chapelle où tous les soirs, avant d'en fermer la porte, un paramonaire tremblant promène l'encens embaumé ^l Plus accessibles, les reliques des saints Jean et Cyr reçoivent aussi leurs dévots, spécialement de Chypre : T évoque Théodore de Paphos s'y rend sous Constantin Pogonat avec, semblct-il, autant de facilité que l'évoque Léonce de Néapolis sous llcraclius-^

Il n'est pas rare, pourtant, que les sujets de l'empire soient maltraités durant ces pieux voyages. Ils les entreprennent les années de paix, à la faveur des trêves ofliciellcs conclues entre Conslantinople et Damas, mais les brusques changements de politique leur réservent parfois le martyre. Voilà du moins le sort de soixante Byzantins qui meurent sur la croix, à Jérusalem, un 21 octobre'*.

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