Syntagma, t. H, p
monnaie les trésors de sacristie. Après sa victoire, de nouveaux ennemis sont venus s'installer, et d'une manière définitive, dans toutes les provinces à peine évacuées par les Perses. Que reste-t-il à l'empire en 640 ? Une Asie Mineure ouverte aux incursions et aux razzias des Arabes, une presqu'île balkanique rognée et courue en tous sens par les barbares, des îles en butte aux pirateries de tous les forbans. Placés à la tête d'un état ainsi réduit et ruiné, les princes ne songent plus à être des bâtisseurs comme Justinien. Appauvris, tremblants sous le coup de l'insécurité générale, leurs sujets ne se permettent plus les commandes coûteuses qui seraient nécessaires au développement des arts. Et les arts tombent.
L'architecture surtout subit une atteinte grave. Sans doute, on construit encore des églises, même dans les pays passés au pouvoir de l'Islam. Amrou, qui fait cinquante martyrs à Éleuthéropolis, n'autorise-t-il pas les chrétiens de la ville à bâtir un sanctuaire en l'honneur de ces héros et de leurs reliques * ? Mais les nouveaux édifices, qu'ils s'élèvent en terre musulmane ou enterre chrétienne, se ressentent tous des changements économiques intervenus : peu nombreux, peu considérables, ils ne permettent pas à l'architecture de se maintenir dans les hauteurs où l'ont portée Anthémius de Tralles et Isidore de Milet, ces immortels créateurs de Sainte-Sophie. La même cause influe sur la sculpture qui va se perdant. Elle influe aussi, quoique dans une moindre mesure, sur tous les arts qui concourent à l'ornementation des églises.
i. Martyr. LX milit. Gaz.., n. 3.
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§ 42. — Fêtes et pèlerinages.
C'est aux fêtes que se remplissent les églises, à Pâques surtout, car Pâques, ainsi que le chantent les Byzantins, est par excellence « le jour qu'a fait le Seigneur ». La solennité en est telle qu'elle se prolonge durant une semaine : ainsi le veut un usage ancien déjà et très répandu ; ainsi le veulent aussi les évêques de 691. Croirait-on que des erreurs ont encore lieu, entre 630 et 640 et même en 665, pour la fixation de sa date ^ ? Plus la huitaine pascale respire la joie, plus la semaine précédente appartient à la pénitence. C'est là, d'ailleurs, la caractéristique de tout le carême. Même les samedis et les dimanches de la période quadragésimale ont à présenter ce caractère en observant une certaine abstinence : en effet, user d'œufs et de laitages ces jours-là, comme le font les Arméniens, constitue une faute canonique égale à celle des Romains qui jeûnent le samedi^. Au troisième dimanche du carême, la Jérusalem de saint Sophrone célèbre une mémoire de la croix qui, encore inconnue de Constantinople vers 670, y pénètre à la fin du vn« siècle ou tout au début du viii* ^. A mi-chemin entre Pâques et la Pentecôte se dresse la Mésopentécosté ■*. Le contemporain d'Iléraclius qui nous a laissé un sermon pour cette fête nous en a laissé un autre pour la Métamorphose ou Transfiguration.
Dans le cycle festival de la Théotokos figure, et de-
1. J. DE NiKiou, p. 574; Breviar., p. 38; Chronoyraph.. a. Ul.'»6, 6187; tfarrat. Anastasii, n. 51; Syntagma, t. II, p. 460 , Dyz. Zeitschr., t. IX, p. 44.