‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 175 sur 270 · Byz. Litt., p · texte numérisé non relu

Byz. Litt., p

3. Mansi, t. X, col. 938-961, 969, 972-976, 968, 992-997, 1000-1005, 1020- 1023, 1029-1032.

A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 243

la çolontè et l'énergie; Paul de Constantinople, avec une lettre au pape Théodore, le Type et trois discours prosphonétiques à Constant II ; Pierre de Constantinople, avec une lettre au pape Vitalien; Théodore de Pharan, avec plusieurs ouvrages, parmi lesquels une lettre à Sergius d'Arsinoé et des Explications de textes patristiques ; Cyrus de Phasis et d'Alexandrie, avec deux lettres au patriarche Sergius et les neuf articles du pacte d'union de 633; Macaire d'Antioche, avec une profession de foi, deux volumes de textes patristiques en faveur du monothélisme, un volume dit Suite des textes sur la çolonté, un discours prosphonétique à l'empereur et un traité polémique adressé au moine africain Luc ^

C'est à saint Maxime en personne que fut adressé l'un des écrits de Pyrrhus, et non le moindre. Maxime, qui nous donne lui-même ce détail, ajoute ailleurs que tel ouvrage de Théodore de Pharan traitait, entre autres questions, « de la substance, de la nature, de rhypostase et de la personne ». D'autre part, en les réfutant, Maxime nous a conservé deux 'ATropiai ou « difficultés » du diacre Théodore attaché à la suite du patriarche Paul 11 ^.

§ 45. — Les grands écrivains catholiques.

Du côté catholique, le vu" siècle produit ses trois principaux écrivains en la personne de saint Sophrone, de saint Maxime et de saint Anastase le Sinaïte.

Sophrone, dont l'activité littéraire conmience vers 605, se présente tout ensemble comme prosateur et

i. Mansi, t. XI, col. 273, rrn, i77, a-20, 3iN, 349-3C0, 381, S12, 513 5i4, 25, l>'21, 530-537, 5 «5, 557, 500, 5(>1, 5(> 1-57-2, 582. 2. /*. G., t. XCI, col. Ii9, 13(i, 21(>-2i8.

poète K Dans la prose il touche à plusieurs genres» Hagiographe, il collabore avec Jean Moschus à une Vie de saint Jean l'Aumônier aujourd'hui perdue et rédige un Panégyrique des martyrs Cyr et Jean avec un Recueil de soixante-dix miracles accomplis par ces deux saints, à quoi doivent peut être s'ajouter la Vie de sainte Marie l'Egyptienne et V Encomion de saint Anastase le Perse. Prédicateur, il prononce dix homé^ lies ou panégyriques pour autant de fêtes du Christ, de la sainte Vierge ou des saints. Théologien, il écrit sa fameuse Lettre synodique sur le monothélisme et véwmisix cents passages des Pères contre cette hérésie. Liturgiste aussi peut-être, il met la main au vieux typikon palestinien des saints Sabas et Théodose, et dicte la prière de la bénédiction de l'eau pour le jour de l'Epiphanie. Dans la poésie, ses productions sont des œuvres de courte haleine. Elles comprennent : un recueil de vingt-deux odes anacréontiques sur divers sujets; trois inscriptions métriques faites pour être gravées, l'une sur l'hôtellerie de saint Euloge à Alexandrie, les deux autres sur le tombeau de saint Jean l'Aumônier à Amathonte ; différentes petites pièces litur^ giques. Quant aux autres écrits qui portent le nom de Sophrone, ils sont inauthentiques.

Comme Sophrone de Jérusalem et plus que lui, saint Maxime cultive toutes les branches de la science sacrée^. Polémiste dans ses innombrables opuscules contre le monophysisme et le monothélisme, il fait d( la théologie mystique dans le Livre ascétique, dans lî Mystagogie, dans les 400 chapitres sur la charité, dans les 243 autres chapitres, dans les 200 chapitres sm

1. Byz. Litt., p. 188 et672; Patrol., p. 493 et 497; S. Vailiié, Sophrom le Sophiste et Sophrone le patriarche, dans HOC, 1903, p. 370-387; P. G. t. LXXXVII.

2. Byz. Lin., p. 61 et 600; Patrol., p. 507; P. G., t. XC et XCI.

A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 245

Dieu et l'Incarnation, dans les 500 chapitres dii^ers sur Dieu et l'Incarnation^ sur la vertu et le vice, peut-être aussi, mais la paternité de ce dernier ouvrage est fort incertaine, dans les Lieux communs. Liturgiste dans son Comput ecclésiastique, il fait de l'exégèse dans sa volumineuse réponse aux 65 Questions et difficultés de Thalassius, dans ses Questions et réponses, dans son court traité A Théopemptos le Scholastique, dans son Exposition sur le psaume LIX, dans sa Brèt^e explication de l'oraison dominicale. Ses Lettres, parvenues jusqu'à nous au nombre de 45, témoignent tour à tour des mêmes connaissances variées. Partout, spécialement dans son traité De l'âme, l'illustre moine s'affirme philosophe de valeur. Partout aussi, il s'attache à ne donner que la doctrine des anciens pères, celle en particulier de saint Grégoire de Nazianze et du Pseudo-Aréopagite. Ces deux auteurs sont ses maîtres préférés. Aussi, non content d'écrire un commentaire De divers passages difficiles de saint Denys l'Aréopagite et de saint Grégoire le Théologue, compose-t-il des Scholies sur les œuvres de saint Denys l'Aréopagite et des éclaircissements sur les Obscurités dans saint Grégoire le Théologue. Faut-il, à la suite de certains manuscrits, augmenter ce bagage littéraire de productions encore inédites? Un codex du Sinaï y ajoute des chapitres contre Arius, Sabellius, Nesto^ rius et Eutychès; un codex de Munich, dix chapitres sur les volontés et les énergies avec témoignages patristiques. Et l'on sait, par ailleurs, que Maxime a écrit d'autres ouvrages : certains do ses opuscules polémiques ne sont que des fragments de vastes traités ou de longues lettres, et les chaînes grecques nous ont conservé de lui divers extraits appartenant à des travaux exégcliques aujourd'hui perdus.

Le temps n'a pas mieux traité l'œuvre d'Anastase

le Sinaïte ^ . Nous possédons VHodégos, où cet écrivain s'offre comme guide à qui veut défendre la vérité catholique contre l'hérésie ; nous avons Y Interprétation de VHexamérony où il consacre douze livres à montrer comment tous les détails de la création doivent s'entendre du Christ et de l'Église. Mais où sont quatre autres ouvrages que lui-même déclare avoir écrits? Ni le Tome dogmatique, ni le Tome apologétique, ni le Traité contre Nestorius, ni le Traité contre les Juifs ne sont parvenus jusqu'à nous. Par contre, il est vrai, un codex de l'Ambrosienne paraît conserver encore le livre Sur les différences spirituelles et morales qui distinguent les hommes. Les 154 Questions et réponses imprimées sont une œuvre très retouchée et très interpolée. Le reste du bagage anastasien est constitué par des pièces fragmentaires ou très courtes : cinq ou six homélies sur la communion, le psaume VI et la création de l'homme à l'image de Dieu; un recueil mutilé de textes des Pères contre les hérétiques ; un tableau des hérésies et des conciles réunis contre elles ; un résumé de la foi orthodoxe ; un mémoire sur la célébration du mercredi et du vendredi ; un éloge de la dignité épiscopale; une consultation sur le blasphème. Est-ce dans Anastase le Sinaïte qu'il faut saluer l'auteur du canon pour les pénitents et du canon pour les morts P Et les récits apologétiques récemment publiés ^ sous son nom lui appartiennent-ils? Quelques-uns peut-être, mais non point tous.

\. Byz. Lut., p. Qi'^Patrol., p. 511; P. G., t. LXXXTX; Jur.èccL, t. II, p. 243 et 257; Anal. Hierosol., t. I, p. xvi, n. 1 et p. 4U0.

2. F. Nau, Le texte grec des récits utiles à l'âme, claus Or, Christ., 1903, p. 5G-90.

A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 247

§ 46. — Hagiographes et panégyristes.

A côté de ces trois grands théologiens, et en même temps, l'Eglise byzantine du vu* siècle présente im groupe assez compact d'hagiographes.

Chypre, dans ce groupe, est représentée par Arcadius de Constantia, Léonce de Néapolis et Théodore de Paphos. En mourant, à la fin de G41 ou au début de 642, Arcadius laissa une Vie de saint Syméon le Thaumastorite, dont quelques fragments à peine ont été publiés, et un Encomion de saint Geo/^ges, complètement inédit*. A son contemporain Léonce, écrivain d'allure populaire, nous devons trois biographies : une Vie de saint Jean l'Aumônier, une Vie de saint Syméoji Sains et une Vie de saint Spyridon de Trimithoiite'^. Quant à Théodore, son œuvre comprend une autre Vie de saint Spyridon écrite en 665 et une Vie de saint Jean Chrysostome ^.

La Palestine possède un pieux romancier en la personne du Sabaïte qui enchâsse l'apologie d'Aristide dans un vieux conte indien et laisse le tout sous le titre de Vie des saints Barlaam et Joasaph. Mais en outre, et même en laissant de coté saint Sophrone, la Palestine peut encore citer deux véritables liagiographes. Immédiatement après le martyre (628) et la translation (631) de saint Anastase le Perse, un religieux de son monastère, entre Jérusalem et Bethlélieiu, narre le récit de ces deux faits *. Peu après la mort de saint

Page 1