Mansi. t. XUI. col
258 DE L'APPARrnON DE L'ICONOCLASME
Signée de 338 évêques, cette définition proscrivit toute image du Clirist, de la Vierge et des saints; elle jeta Tanathème aux glorieux iconophiles Germain de Constantinople, Georges de Chypre et Jean de Damas ; elle sévit contre quiconque ferait, vénérerait, exposerait ou décèlerait la moindre icône, fixant la peine de la déposition pour les clercs et celle de l'excommunication pour les laïques, sans préjudice des rigueurs du bras séculier. Toutefois, même en appelant le culte des images une idolâtrie, le concile de 753 reconnut très haut que la sainte Vierge et les saints devaient être invoqués à titre d'intercesseurs auprès de Dieu. Et comme, sous prétexte d'y supprimer les représentations figurées, pas mal d'indélicats s'étaient permis de mettre la main sur les édifices du culte, tout au moins sur les vases sacrés, les ornements sacerdotaux et les linges liturgiques, le conciliabule s'éleva contre ces excès ^
§ 4. — Les erreurs de Constantin V.
En demandant à ses évêques des armes spirituelles contre les images et leurs partisans, le pouvoir ne s'était pas engagé à marcher toujours d'accord avec eux. Au bout de six ou sept ans, quand il fut bien avéré que l'imposante manifestation de 753 n'avait eu aucun résultat décisif, Constantin V oublia les quelques enseignements orthodoxes de son concile et, n'écoutant que sa colère, joignit aux pires écarts doctrinaux les pires brutalités gouvernementales.
Il s'en prit à la Théotokos en personne et refusa de reconnaître son pouvoir d'intercession, peut-être même
1. Breviar., p. 65;Mansi, t. XIII, col. 327, 329, 332, 344, 34o, 348,356.
sa maternité divine ^ Ce pouvoir d'intercession, il le refusa également, comme de juste, aux apôtres, aux martyrs, aux confesseurs, et il fit modifier par ses évêques ce que ceux-ci avaient défini sur ce point en 753. Non content de briser les images, il jeta les reliques à la mer, en commençant par celles de sainte Euphémie^. Laïcisateur forcené, il pourchassa le mot saint et le supprima de partout, même des expressions topographiques et géographiques ^. Quant aux édifices du culte, il en désaffecta quelques-uns pour en faire des casernes ou des écuries, et il en renversa quelques autres pour transformer leurs emplacements en dépôts de fumier '*. C'est aux églises conventuelles surtout et aux monastères que le persécuteur appliqua ce traitement. Autant Tépiscopat s'était fait docile, autant le monachisme montrait de hardiesse à défendre la cause des saintes icônes. En punition de cette iconophilie et aussi peut-être à cause du nombre important de recrues qu'il soustrayait à l'armée, Constantin lui voua une haine implacable. Déclarant le mot de moine aussi indigne d'être prononcé que celui de saint, il ne désigna jamais les religieux qu'en disant : « ces néfastes ». Pour éteindre leur maudite engeance, il porta la peine de mort contre les supérieurs qui recevraient des novices *. Pour imposer l'observation de cet édit, pour imposer aussi la définition dogmatique de 753, il fit des martyrs.
i. Chronograph., a. 62r>r;, 0238,6239; Nicéph. Patb., col.3Vl*; Vit. Nicetse MecL, n. âS.
± Mansi, t. XllI, col. 34!)»; Chronograph., a. O-rig.
3. Adv. Ccnstavt. CabaL, n. « ; VU. I Stephaui Jttn., col. nW; Vit. Nicelse M éd., n. 28.