Mansi, t. XII, col. 9M ; t. XIII, coU
tendance contraire du parti monastique, ils se montrèrent d'une indulgence grande vis-à-vis des faillis. Ils étendirent leur pardon jusqu'à sept évêques gravement compromis dans les incidents du 17 août 786 et acceptèrent même le repentir de Grégoire deNéocésarée qui avait tristement brillé parmi les coryphées d'Hiéria ^
La définition arrêtée à Nicée le 13 octobre fut proclamée à Constantinople, le 23, devant Irène et son fils, devant le peuple et la garnison. Cette huitième session fut la dernière, et les évoques la mirent à profit pour couronner leur œuvre dogmatique en y ajoutant une série disciplinaire de vingt-deux canons.
§ 8, — La reprise de l'iconoclasme.
Vaincu en 787 et contenu par la fermeté d'Irène, le parti iconoclaste ne désarma point. Les malheurs politiques essuyés sous l'avare Nicéphore et le faible Michel lui furent un prétexte de crier contre « l'iconolatrie » de ces deux empereurs et une occasion de se fortifier à Constantinople. En 811, dans le quartier de TExokionion, Termite Nicolas était devenu le centre des résistances. En 812, une conspiration se nouait en vue d'élever au trône un des frères aveugles de Léon IV. En 813, les mécontents organisaient une manifestation au tombeau de l'immortel Constantin V ^. Après de pareils incidents, et proclamé basileus par une révolte militaire, rarméiiien Léon Bardas pouvait-il ne pas remettre en honneur l'hérésie chère aux soldats?
Au jour de son couronnement, le 10 juillet 813,
I. Mansi, t. XII, col. 10i:;<«, 10:>9«>, iMÎ)»»; nt. Tarasii, p. 403, 4C6. â. Chr&iwgraph., a. 6303, C304, G305.
Léon V s'arrangea pour éluder la profession de foi requise en cette circonstance \ A la Pentecôte de 814, il chargea le lecteur Jean Morokharzanios, dit Hylilas, de recruter secrètement quelques affidés et de composer avec eux un recueil de textes iconoclastes. Bien que réunie en de nombreux conventicules, bien que renforcée au mois de juillet par l'évêque Antoine de Pergé, cette commission ne trouva rien autre que les citations déjà collectionnées en 753 '^. Léon V n'en voulut pas moins aller de l'avant. En décembre, dans une conversation qu'il échangea avec le patriarche Nicéphore et dans une conférence qu'il eut avec de nombreux évêques ou hégoumènes iconophiles, il commença par demander que l'on supprimât tout au moins les images placées trop bas, à portée des baisers du peuple ^. Dès lors tout le monde comprit que la guerre aux icônes allait se rallumer et chacun régla sa conduite sur cette persuasion. Pour sa part, le patriarche adressa des lettres pressantes à l'impératrice, au ministre des finances et au directeur de la chancellerie impériale afin de les intéresser au maintien de la paix religieuse et des pratiques iconophiles. En même temps, il réunit tous les prélats présents dans la capitale pour leur faire signer une promesse de fidélité à l'orthodoxie. Vaine précaution ! Quand l'empereur, qui avait encore baisé une image à Noël, eut refusé d'en agir de même à l'Epiphanie et déclaré ouvertement ses projets, la plupart des évêques tournèrent le dos au palais patriarcal et s'en allèrent attendre, dans les antichambres du Palais sacré, que la maladie emportât Nicéphore. Celui-ci s'avisa de ne pas mourir. Alors, ces parjures le sommèrent de comparaître à