‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 197 sur 270 · Mansi, t. XII, col · texte numérisé non relu

Mansi, t. XII, col

mit tous les moines à l'impôt, même les solitaires, et il employa des Juifs à dépouiller les sacristies pour le compte du trésor. En 759, il enleva aux chrétiens la tenue des écritures fiscales. En 766, il fit abattre les croix debout sur les églises, interdit toute réunion liturgique de nuit et porta défense d'étudier d'autre langue que l'arabe. En 772, il imposa aux chrétiens et aux Juifs d'exhiber un signe extérieur qui les distinguât des croyants ^ Sa mort survenue en 775, n'emporta point ses décrets. Lui-même, il est vrai, s'était vu dans l'obligation de rapporter une de ses lois et de remettre les registres du fisc aux mains des chrétiens. Ses successeurs continuèrent donc, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, à voir dans les dignitaires ecclésiastiques de très utiles percepteurs d'impôts et l'archidiacre de Jérusalem remplit cette charge vers 775 au même titre que Tévêque de Maïouma l'avait remplie en 742. Pareillement, la cour des califes ne cessa de prendre secrétaires et médecins parmi les baptisés2. Mais, à cela près, les dispositions du persécuteur restèrent.

Du reste, le sang chrétien avait coulé dès avant Al- Mansour : deux évêques, Pierre de Damas et Pierre de Maïouma, étaient morts en 742; plusieurs descendants de Tancienne aristocratie réunis par ruse à Antipatris avaient péri en 751. Après Al-Mansour, le nombre des martyrs s'accrut. La persécution de 780, en particulier, ensanglanta la Syrie entière et des femmes même en devinrent les victimes ^. Est-il besoin d'ajouter que toute conversion de musulman au christianisme entraîna le dernier supplice? Christophore, ce moine

1. Chronograph., a. 6248, 6249, 6251, 6258, 6264; Denys de Tell-Mahré, p. 96, 97,104, i23.

2. Vil. Slephani Sab., n. 109; Chronograph., a. 6234; Vit. Theodori Edess., n.'2H. 70.

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