Vit. Josephi, n
s'en étonner? Ce patriarcat n'est-il pas, comme l'écrit saint Théodore, le fief de l'erreur? N'a-t-il pas dans ses habitudes, comme le déclare le même saint, de vivre presque toujours en rupture ouverte avec le reste de la catholicité '?
Que le patriarcat byzantin subisse aisément le joug du pouvoir civil, la conduite de ses titulaires le prouve assez. Félicitons Germain et Nicéphore qui renoncent à leur dignité plutôt que de souscrire à l'iconoclasme ; louons Taraise et Méthode qui n'acceptent cette dignité qu'à la condition de rétablir l'orthodoxie ^. Mais ces vaillants eux-mêmes, deux au moins de ces vaillants, n'ont-ils pas des condescendances grandes vis-àvis des empereurs? N'est-ce pas Taraise qui ferme les yeux sur la prévarication de l'économe Joseph tant que règne Constantin VI, sauf à le frapper dès l'avènement d'Irène ? N'est-ce pas Nicéphore ^ qui s'abstient de notifier son élection au pape Léon III tant que règne Nicéphore I", sauf à l'en instruire dès l'avènement de Michel? Ne sont-ce pas Taraise et Nicéphore qui donnent lieu aux moines d'affirmer que leur manière d'entendre les canons concorde par trop avec les vues de la cour, l'un dans l'affaire des simoniaques en 788, l'autre dans la question des mœchiens en 809? Mais peut-être le zèle des moines dépasse-t-il quelquefois les bornes.
En tout cas, pour quatre patriarches de caractère, voici Anastase (729-752), Constantin II (753-765), Nicétas I" (765-780) et Paul IV (780-784), voici Théodote (815-821), Antoine I" (821-832) et Jean VII (832-842). Sont-ce là des pontifes ou des esclaves? Bons atout faire, ils adoptent les erreurs les plus grossières du
i. Théod. Stod., col. 1132«.