Breviar.f p. 7.); Chronograph., a
§ 23. — Métropoles, archevêchés et évêchés du patriarcat.
Les spoliations ainsi opérées en 732 se trouvent officiellement consignées dans les deux ta ktika que nous a légués le premier tiers du ix® siècle. Le premier de ces documents, conservé en double exemplaire ^ paraît appartenir au patriarcat de saint Nicéphore et dater de 810 environ. Le second, composé par Basile l'Arménien 2, vit sans doute le jour sous le règne de Michel II ou les débuts de Théophile, vers 829.
Le taktikon de vers 810, comme celui des environs de 650, donne successivement les métropoles, les archevêchés autocéphales et les évêchés. Or, la liste des métropoles présente deux particularités : en premier lieu, entre les numéros 9 et 10, c'est-à-dire entre la Bithynie et la Pampliylie, elle intercale quatre archevêchés non numérotés, qui sont ceux de Crète, de Corinthe, de Syracuse et de Thessalonique ; en second lieu, à la suite du numéro 33, c'est-à-dire après la seconde Phrygie pacatienne, elle ajoute quatre nouveaux sièges numérotés, qui sont ceux d'Athènes, de Fatras, de Larissa et de Philippes. Est-il besoin de faire observer que cette augmentation de huit provinces métropolitaines provient uniquement du vol accompli au préjudice du patriarcat romain? Une remarque de même nature s'impose pour la liste des archevêchés autocéphales : si de 34, qu'il était vers 650, le nombre s'en est élevé à 47, la moitié des treize nouveaux est
i. G. Parthey, Hieroclis synecdemus et notitiae graecae episcopatuum, Berlin, 48G6, nolitia VIU, p. 1G2-180; notilia VI-<-IX, p. 14.>-U9, 181-197.
2. H. Gelzeu, Georgii Cyprii descriptio orbis romani, Leipzig, 1890, p. XIII- XV, 1-27.
le fruit des confiscations décrétées par l'iconoclaste Léon III. Quant à la liste des simples cvcchés, elle ne signale point les sulîragants des huit provinces violemment détachées de Rome, sauf pourtant ceux des deux îles de Crète et de Sicile.
Dans le taktikon de vers 829, Basile l'Arménien énumère 34 métropoles, car aux 33 des siècles précédents vient de s'ajouter Amorion, patrie de Michel II. Après quoi le compilateur s'occupe des récentes annexions. « Voici maintenant, écrit-il, les métropolites arrachés au patriarcat romain avec leurs évêques et soumis désormais au trône de Constantinople : I Thessalonique, Il Syracuse, III Crète, IV Corinthe, V Rhegio, VI Ni. copolis, VII Athènes, VIII Patras. Ces prélats ont été rattachés au synode byzantin, parce que les barbares régnent sur le pape de l'ancienne Rome. Pareillement, détaché du patriarcat oriental, le métropolite de Séleucie d'Isaurie se trouve placé, lui aussi, sous la juridiction de Constantinople avec les 24 évêques de son ressort ». Et Basile, qui vient d'indiquer tous les suffragants des anciennes métropoles, même les cinq d'Amorion, omet d'indiquer ceux des neuf provinces conquises sur Rome et sur Antioche. Hors de ces neuf provinces, le patriarcat byzantin de vers 829 compte un total de 379 simples évêchés, soit 23 de plus qu'au milieu du vii® siècle. En outre, le nombre de ses archevêchés autocéphales est de 41, en hausse de 7 sur la liste de vers G50, mais en baisse de 6 sur celle de vers
Au total, sous les derniers iconoclastes, le patriarcat byzantincomprend, rien que dans ses anciennes limites, plus de 450 diocèses. C'est près de 000 qu'il faudrait dire en tenant compte des neuf provinces nouvelles. La gloire de commander à une pareille armée de pontifes ne vaut-elle pas que le hiérarque de Sainte-Sophie
couche parfois sa conscience avec sa fierté aux pieds du basileus?
§ 24. — L'épiscopat.
Pas plus qu'au sommet suprême de la hiérarchie, ni la grandeur, ni la beauté morale ne brillent dans les rangs de l'épiscopat byzantin durant la première période iconoclaste. Qu'un évêque abandonne la cléricature, devienne fonctionnaire civil et périsse au cours d'une guerre, comme il arrive au métropolite Marcellin de Gangres ^ c'est là une défaillance personnelle qui n'importe guère. Mais quel spectacle de servilité générale que celui de tous ces évêques approuvant l'iconoclasme en 753, parce qu'ainsi le veut Constantin V, et le condamnant en 787, parce qu'ainsi le prescrit Irène ! Evidemment ces évêques n'appartiennent ni à l'école de saint Jean Damascène ^ ni à celle de saint Théodore Studite ^ Ils se rattachent davantage à la tradition byzantine et, malgré les protestations que vient de formuler Jean, malgré les protestations que va formuler Théodore, ils semblent estimer que Dieu a chargé les empereurs de parler en docteurs dans l'bglise et d'arrêter les définitions de foi.
Ils estiment aussi trop souvent que la volonté du basileus l'emporte sur les prescriptions canoniques ou que, du moins, l'autorité spirituelle ne doit jamais entrer en conflit avec le pouvoir civil. Au nom d'un plus grand bien à obtenir ou d'un plus grand mal à éviter.