‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 216 sur 270 · Jean DamasC, t. XCIV, col · texte numérisé non relu

Jean DamasC, t. XCIV, col

3. Théod. Stod., col. 1417"% leoC; Vit. Nicetx Med., n. 35; Vit. II Theod. Slud., n. 74.

ils ne cessent d'abdiquer devant les pires écarts et ils appellent cela « user d'économie ^ ».

Cette baisse du niveau moral tient à la politique religieuse de Léon III et de Constantin V. Connaissant la vénération dont les icônes jouissent dans les couvents, Léon et Constantin brisent systématiquement avec l'usage suivi jusqu'à eux et ne veulent plus d'évêques formés dans le monachisme. Qu'obtiennent-ils de la sorte? Un épiscopat nouveau sans tendresse pour les images, mais cet épiscopat si étranger à l'iconophilie ne l'est pas moins aux vertus et surtout à la fermeté de caractère qui s'acquièrent dans la vie religieuse.

La fermeté des moines, il est vrai, se révèle volontiers amie de l'outrance et les princes les moins iconoclastes ne sont pas sans en éprouver eux-mêmes un peu d'inquiétude. Aussi quelquefois , pour les plus hautes charges du sanctuaire, préfèrent-ils aux liégoumènes renommés de simples fonctionnaires civils : sur trois laïques devenus patriarches à cette époque, Théodote seul doit sa dignité à un hérétique ; saint Taraise et saint Nicéphore en sont redevables à des orthodoxes. Mais, si le zèle des évêques moines présente souvent quelque chose de brouillon, du moins s'accompagne-t-il presque toujours de rares vertus.

Une vertu particulièrement ignorée de Tépiscopat nouveau, c'est le désintéressement. Depuis longtemps, et de l'aveu de la législation justinienne ^, l'entrée dans les charges ecclésiastiques donnait lieu à de petits cadeaux dénommés « coutumes ». Or, avec les évêques de Léon III et de Constantin V, les coutumes s'étendent à tout, môme aux ordinations, et l'on voit des

i. Théod. Stud., col. 1140, etc.; Mai, p. 160, 162, 170, etc.; Vit. Nicetee Med., n. 41 ; Mansi, t. XIV, col. 16-1. 2. iVov., t. II, cxxiii, 3.

302 DE L'APPAUITION DE L'ICONOCLASME

prélats cupides extorquer de l'argent en frappant les clercs de suspense et les églises d'interdit. Pour réprimer ces abus dans l'avenir, le concile de 787 porte les peines les plus sévères en plusieurs de ses canons, surtout dans les canons 4 et 19 ^ Mais le nombre est si considérable des prévaricateurs passés et présents que les pères ne savent comment régler leur situation. Ils laiss-ent donc ce soin à saint Taraise et celui-ci, sous peine de vider le sanctuaire, est obligé d'agir avec la plus grande indulgence et de réconcilier les pénitents dès l'Epiphanie de 788 2. N'a-t-il pas fallu déployer plus d'indulgence encore vis-à-vis des prélats qui ont reçu l'ordination de mains iconoclastes? Car, à ce point de vue aussi, tout l'épiscopat se trouve contaminé. Du moins, saint Jean de Gothie n'a-t-il pas eu beaucoup d'imitateurs, lui qui, au jour de son élection, est allé trouver le catholicos des Ibères plutôt que de communiquer avec les hérétiques de Byzance ^.

L'épiscopat byzantin se relève à partir de 780, dès que Léon IV y laisse de nouveau pénétrer les moines. Il se relève surtout sous Irène et les mesures qu'il prend en 787, pour se réformer lui-même, montrent bien qu'il entend se relever davantage encore. Dans son canon 2, il exige que les élus connaissent la législation canonique et la sainte Ecriture assez pour en instruire aisément le peuple fidèle. Dans le canon 3, il frappe de nullité les élections dues à T influence trop exclusive des gros personnages qui constituent la classe redoutée des « puissants ». Dans le canon 6, il ordonne la remise en pratique du synode annuel antérieurement imposé à toutes les provinces métropolitaines. Dans son canon 18, il ferme une fois de plus

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