‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 228 sur 270 · Syntagma^ t. II, p · texte numérisé non relu

Syntagma^ t. II, p

éloigner de leurs couvents les animaux femelles. Saint Platon et saint Théodore, les auteurs de cette réforme, en éloignent aussi, mais sans être beaucoup imités par leurs collègues, tout ce qui leur paraît de nature à multiplier les relations avec le dehors. Point d'animaux inutiles, ordonnent-ils, point de serviteurs, point de commerce ^

La pauvreté, qui trouve son compte à cette dernière prescription, ne comporte généralement pas l'interdiction du pécule. Même à Stoudion, où Théodore établit que tous les habits seront déposés en commun, les religieux paraissent disposer de quelque argent particulier, car leur règle punit certaines fautes d'amendes pécuniaires et leur supérieur recommande certaines œuvres de bienfaisance à leur générosité. Leur pécule doit, il est vrai, rester en dépôt à l'économat ; quiconque le garderait sur soi manquerait gravement à ses devoirs, et saint Théodore, comme il le fit sur la tombe d'un frère mort avec deux pièces d'argent dans la poche, s'élèverait contre ce vol sacrilège avec la dernière sévérité. D'autre part, même dispersés par la persécution, les studitesne peuvent posséder plus de trois sous d'or, et disposer d'un esclave serait aussi grave pour eux que le fait d'entretenir une femme ^.

Rémunère-t-on les religieux pour le travail qu'ils fournissent? Les couvents bien tenus occupent en effet leurs moines à divers métiers manuels '■' et peutêtre le fruit de ce travail ne tombe-t-il pas, du moins tout entier, dans la caisse commune. Celle-ci, en tout cas, tire ses principaux revenus des biens-fonds dont le

i. TiiÉoD. Stud., col. 9400, laGS»»-, i5'2o''; Vit. Plalonis, n. 23; Vit. I Theod. Stud., n. 9 ; Vit. II Theodori Stud., n. 13.

2. Vit. I Thcod. Stud., n. 22; Vit. II Thcod. Stud., n. 34; Tuéodoric StI'D., Col.Q.'iS", 13t)5'>, VrlV, 1557»; Cozza Lu/,i, p. 18G.

3. Théodore Stld., Co^za Luzi, p. 48; Vit. I Theod. Stud., n. 39; Vit. II Theod. Slud.,n.i>l.

couvent est doté. Voisins du monastère, les biens-fonds conventuels ne font qu'un avec lui; sis au loin, ils constituent des dépendances appelées métokhia. Où qu'ils se trouvent, ces immeubles jouissent, comme le monastère lui-même, de larges franchises, et quiconque se les approprie n'échappe à l'excommunication du VII® concile qu'en les rendant. Car tout monastère doit rester monastère ; on ne peut même sans motif sérieux transformer un couvent d'hommes en couvent de femmes et vice versa ^ .

Ne quittons pas le monachisme sans noter le cas de Stoudion et de Saccoudion réunis sous l'autorité du même hégoumène durant plus de cinquante ans. Notons aussi que l'on saisit déjà deux coutumes appelées à se généraliser dans le moyen âge byzantin : celle de changer de nom lors de la vêture ; celle de revêtir le froc à l'article de la mort 2.

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