L. BWLDOV, Sainte GoUndouch,d^ns Ech.d'Orient^t.Vf^p.iS
les restes mortels de saint Thomas Saliis, fou du Christ en Cœlé-Syrie. Syméon Salus, autre saint du môme genre, emplit Emèse de ses extravagances vers 500. A cette date, le trône patriarcal de la métropole syrienne porte avec orgueil saint Anastase I^"*, homme de vertu et de savoir qui siège une première fois de 559 à 570 et une seconde fois, pour la plus grande joie du pape saint Grégoire, de 593 à 599. Anastase II, son successeur immédiat, cueille la palme des martyrs sous le fer des Juifs en 609.
La Palestine perd aux premières années de Justinien deux de ses gloires monastiques les plus éclatantes, Théodose, le supérieur des couvents, en 529, et Sabas, le supérieur des laures, en 532. Elle perd vers la même date Jean le Khozibite, évoque de Césarée maritime, et Zosime, hégoumène de Sindé à vingt stades environ de Tyr. Vers la môme date aussi, près de Gaza, au monastère de Séridos qu'illustrent saint Barsanuphe le silencieux et saint Jean le prophète \ la phtisie emporte Tangélique saint Dosithée sous les yeux de saint Dorothée, son maître. Un rival on silence de Barsanuphe s'éteint le 7 décembre 558 à la laure Saint-Sabasen lu personne de Jean T'IIésychaste. Peu auparavant, le 29 septembre 556 ou 557, mourait Cyriaque, Ihôte plus que centenaire du désert de Juda et de ses principaux monastères. Saint Georges de Khoziba assiste en 614 à Tinvasion des Perses et aux^ déprédations des Bédouins. A Saint-Sabas, le 12 mai, ces Bédouins prennent quarante-quatre moines qu'ils tuent, le 15, atrocement. A Jérusak;m, où ils entrent le 19 mai, ces Perses aidés parles Juifs exterminent des milliers et des milliers de chrétiens. Saint Zacharie, pasteur de la Ville sainte depuis cinq ans, ne partage
1. s. Vailiik, Saint Barsanuphe, dans Ech. d'Orient, t. VIII, janvier 1905; Jean le prophète et Séridos, dans 2iV/j. d'Onenf,[. VIH. mai 190.N.
point le sort de ces martyrs, mais il est traîné en captivité par le général de Chosroès II et les ouailles survivantes de son troupeau restent aux soins de Modeste qui portera plus tard l'habit blanc ^ des patriarches de Jérusalem.
L'Egypte, à qui le monophysisme a ravi sa fécondité, emprunte péniblement les saints aux provinces voisines. Euloge, cet ami si intime du pape Grégoire, ce polémiste si redoutable aux hérétiques, était prêtre d'Antîoche avant d'occuper de 580 à 607 le sièga patriarcal d'Alexandrie. Jean l'Aumônier, qui devient patriarche en 610 ou 611, appartient à l'île de Chypre, à la ville d'Amathonte, et c'est là qu'il va mourir, le 11 novembre 619, chassé de l'Egypte par l'invasion perse du mois de juin précédent.
§ 51. — La littérature xnonophysite.
Plusieurs des saints qui précèdent, non contents d'illustrer l'Église par leurs vertus, la défendirent aussi par leurs écrits. Et ces œuvres de plume, nécessaires toujours, l'étaient plus que jamais au vi«= siècle, car, de son côté, le camp monophysite ne cessait de multiplier ses productions en faveur de l'hérésie.
En tête des écrivains hérétiques figure Sévère. Ce pisidien, moine de Palestine jusqu'en 512, patriarche d'Antioche depuis, remplit de son activité les règnes d'Anastase et de Justin, ainsi que les dix premières années de Justinien. Ses écrits ont péri sous leur forme originale grecque. A part quelques fragments conservés dans les chaînes scripturaires, il faut les demander aux traductions syriaques entreprises par