III.-CONFÉDlRATIOir
Un grave événement, qui devait changer la face des choses au Canada, signale à l'attention l'époque où nous sommes parvenus.
Le 1er juillet 1867, les diverses colonies anglaises établies sur notre territoire furent réunies en Confédération sous le nom de Puissance du Canada. Par l'acte de réunion, deux langues et deux nationalités, l'anglaise et la française, furent reconnues officiellement et mises sur le même pied. C'était la consécration définitive de notre existence.
Tandis que le Canada marchait, sous l'égide de la Grande Bretagne, dans la possession d'une autonomie presque complète, à de glorieuses destinées, les diverses provinces dont il était composé gardaient avec un soin jaloux leurs privilèges et leur quasi indépendance.
Mais, si la Province de Québec se trouvait, désormais, en possession paisible de la plupart de ses droits, si, dans la Province d'Ontario, la loi sur les écoles séparées donnait satisfaction à plusieurs des revendications des catholiques, l'Ëglise, dont le destin est de lutter toujours et de souffrir, voyait se
former vers l'ouest des nuages pour elle gros de menaces.
Le malheur voulut que. précisément à cette même époque où des émigrants, qui n'appartenaient ni à notre religion ni à notre race, débarquaient dans nos ports par milliers, nos compatriotes, poussés par une espèce d'irrésistible instinct vers des climats plus doux, aient commencé à prendre le chemin des villes industrielles des États-Unis, au grand détriment de notre influence politique et religieuse.
Quels sont les desseins mystérieux de la Providence dans ces migrations populaires que l'histoire signale périodiquement, nous l'ignorons. Ce qui est certain c'est que, si les quinze cent mille ou deux millions de Canadiens, actuellement établis dans la république américaine, étaient demeurés parmi nous, la religion catholique, en possession d'une majorité électorale, n'aurait eu rien à craindre du fanatisme protestant qui vient de nous ravir, au Nord-Ouest, nos droits scolaires.
Espérons que notre courage nous fera reconquérir ce que notre faiblesse nous a fait perdre.
Voici les chiffres du premier recensement officiel de la Puissance, en 1871.
Provincet Pop. totale Catholiques Française
NouveUe-Écosse 387,800 102.001 32.833
Nouveau-Brunswick 285.594 96.016 44,967
Ile du Prince-Edouard 94,021 40.442 «S 000
?!"*?^U 12.228 5.4S2 «sioûO
Colombie Britannique 10,586
Territ Nord-Ouest
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