DIOCÈSE DE PEMBROKE
En remontant l'Ottawa on rencontre, en face du lac et de l'île des Allumettes, la jolie petite ville industrielle de Pembroke, (6,000 habitants). C'est là que, le 11 juillet 1882, un évêque fut installé avec le titre de Vicaire apostolique de Pontiac. Il avait à administrer des régions immenses qui s'étendaient depuis le Manitoba et la Baie d'Hudson jusqu'aux limites du diocèse de Québec. Et quoique ces pays fussent presque totalement inhabités, on comprend qu'un jour devait venir où leur visite et leur surveillance dépasseraient les forces d'un seul homme.
Pembroke fut érigé en diocèse régulier le 4 mai
Des événements mémorables ont hâté la date d'une nouvelle division que tout le monde savait nécessaire.
Le gouvernement fédéral entreprit, récemment, la construction, dans le nord canadien, d'un nou-
veau chemin de fer transcontinental qui ouvrira à la colonisation de vastes terrains, que les explorateurs s'accordent à déclarer susceptibles de culture. D'autre part, la découverte, sur les bords du lac Témiscamingue, d'abondantes mines de cobalt et d'argent a attiré dans ces cantons une foule d'ouvriers et d'industriels dont le nombre grandit tous les jours.
Dams ces conjonctures, l'évêque de Pembroke, Mgr Lorrain, a demandé et obtenu du Saint-Siège, 22 septembre 1908, la création du Vicariat apostolique du Témiscamingue. Espérons que ce Vicariat qui commence sous d'aussi brillants auspices tiendra toutes les promesses de sa naissance.
Il faut avouer que l'évêque de Pembroke, en agissant comme il a fait, montra un grand esprit d'abnégation ; car il a renoncé à la seule partie de son diocèse qui pût se développer à l'aise, et s'est réduit à un territoire, en partie stérile, en partie envahi par la colonisation protestante. Ce n'est que dans les cantons orientaux du Nipissing que les catholiques peuvent encore trouver des terres à leur disposition.