PREMIÈRE CONFÉRENCE
J.DE MaisTRE, t. VIII, p. 480, édit. 1884, Lettre à M. le marquis de *** sur la fêle séculaire des Protestants 14 janvier 1818.
«Je ne m'avise point de faire le prophète, mais le pays des hypothèses et des probabilités appartient à tout le monde et chacun est libre de s’y promener.
La fermentation germanique est au comble, le protestantisme chancelle visiblement sur ses bases et manifeste à tous les yeux le grand symptôme de mort pour toutes les institutions et associations imaginables, je veux dire la défiance de leurs propres forces et je ne sais quel tâtonnement inquiet qui cherche des appuis et ne saisit que l'air. Les plus grandes conversions ont frappé tous les yeux ; une infinité d’autres moins visibles sont d'autant plus importantes qu’on ne les aperçoit point,encore. Les préjugés se dissipent, les haines s'éteignent, le catholicisme en Angleterre lève déjà un pied respectueux pour franchir le seuil du Parlement ; tout annonce un changement général, une révolution magnifique.