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CHAPITRE XI

DERnifeRB néVOLTB DBS iOIFS.

Après un séjour de deux ans à Rome, Adrien se fatigua du repos et se mit de nouveau à rêver de voyages. Il visita d*abord la Mauritanie, puis se dirigea pour la seconde fois vers la Grèce et rOrient*. Athènes le retint près d'un an; il consacra les édifices dont il avait, dans son premier voyage, ordonné la construction; la Grèce fut en fcto et vécut de lui. Les souvenirs classiques revivaient de toutes parts; Adrien les fixait par des monuments, par des cippes, fondait des temples, des chaires, des bibliothèques. Le vieux monde, avant de mourir, faisait son pèleri-

i. Eusftbo, Chron., p. 166-167, Schœne. Cf. Greppo, Mém. sur les voy, de l'emp. Adrien, Paris, 1842, p. 181 et suiv., et Noël Desvergera, Biogr. génér., art. Adrien; Clinton, Fasti rofn.,\j aux années 129-31. Cf. Eckhel, VI, p. 489 et suiv.; Waddingion, Inscr.gr. et lat. de Syrie, n° 2o85 ; Vogué, Inser. ^mit, de Syrie, Paimyre, n» 16.

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nage à ses lieux d'origine et semblait célébrer ses dernières panégyries. L'empereur présidait, comme un pontife, à ces solennités inoffensives, qui n'amusaient plus guère que les têtes creuses et les oisifs. L'auguste voyageur reprit ensuite sa course à travers l'Orient , visita l'Arménie, l'Asie Mineure, la Syrie, la Judée. A s'en tenir aux dehors, il était partout accueilli comme une providence. Des monnayages faits exprès * lui souhaitaient la bienvenue dans chaque province *. Ou a ceux de Judée. Hélas ! quel mensonge ! Au-dessous de la légende ADVENTvi AVQ. ivDAEAE, OU voit l'cmpereur, dans une noble et digne attitude, recevant avec bonté la Judée, qui lui présente ses fils. L'empereur a déjà la belle et douce mine philosophique des Antonins et semble la personnification de la civilisation calme morigénant le fanatisme. Des enfants vont au-devant de lui, portant des palmes. Au milieu, un autel païen et un taureau symbolisent la réconciliation religieuse;

4. Ces monnayages, portant S. C, semblent faits à Rome; peut-être un atelier monétaire portatif suivait-il l'empereur.

2. Voir la série des adventvi dans Eckhel, Cohen et Greppo. Ces monnaies portent P. P., et sont par conséquent postérieures à Tan 4 29-130, oii Adrien prit le titre de pater palriœ. V.Noël Desvergers, /.c; Eckhel, VI, 481 et suiv., 515etsuiv. L'inscription 268 de Guérin (Voy. en Tun,, II, p. 7S) ne saurait modifier les résultais acquis (cf. n*» 269). Les pièces avec P. P. sont toutes de la ûo du règne [Longpérier].

188 ORIGINES DU CHBISTIANISME [An 131J

la Judée, une patère à la main, semble participer au sacrifice qui s'apprête*. Voilà comment l'optimisme officiel renseigne les souverains. Au fond, l'opposition deTOrientet de l'Occident ne faisait que s'accentuer de plus en plus, et des signes certains ne permettaient pas à l'empereur d'en douter. Son éclectisme bienveillant était parfois singulièrement ébranlé.

De Syrie, Adrien se rendit en Egypte par Petra. Son mécontentement, sa mauvaise humeur contre les

Orientaux augmentaient à chaque pas. L'Egypte avait été peu auparavant fort troublée. La renaissance des vieux cultes, qui s'opérait de tous les côtés, y amena quelque fermentation. Il y avait très-longtemps qu'on n'avait vu un Apis; on commençait à oublier ces vieilles chimères, quand tout à coup une clameur s'éleva : on avait trouvé l'animal miraculeux; on se l'arrachait, tout le monde voulait l'avoir*. Le chrîstianisme lui-même n'avait pas en Egypte une tenue aussi sévère qu'ailleurs; il s'y mêlait beaucoup de superstitions païennes. Adrien s'amusa de toutes ces folies. Une jolie lettre, qu'il écrivit vers ce temps à son beau-frère Servien, nous a été conservée * :

4 . Eckhel, VI, p.49o-496 ; Cohen, n« 606-64 0; Madden,p.24 2-21 3.

5. Spartien, Adrien, 42. C'est peut-être TApis dont le sarcophage est au dérapéum de Memphis, abandonné à moitié chemin de la cella où il devait reposer.

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