Spartien, Adr
[An i32I L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 191
laient pour la troisième fois aux armes \ L'accès de folie furieuse de Tan 117 semblait recommencer. Israël répugnait plus vivement que jamais à la police romaine. Tout malfaiteur en révolte contre Tautorilé était un saint, tout brigand devenait un patriote. Arrêter les voleurs paraissait une trahison : « Vinaigre, fils de vin, dit un rabbin à un juif qui avait pour fonction de rechercher les malfaiteurs, pour-
quoi dénonces-tu le peuple de Dieu? » Elie rencontre ce bon gendarme et lui conseille également d'abandonner au plus tôt son odieux métier*.
Il semble que de son côté Fautorité romaine eut
4. Dion CassiuB, LXIX, 42-14; Spartien, 4dr., 14; saint Justin, Apol. I, 31 ; Dial., 4; Tertullien Contra Jud,,\^\ Eusèbe, //. E., IV, 6 (d'après Ariston de Pella; comp. Moïse de Khorène, II, 60); Chron., p. 466-469, Schœne (Syncelle, paralL); saint Jérôme, M Dan.^ix, 27; !n Zach.j vui,xi; ht Joël, i; /n Jerem., XXXI ; InEzech.jY, xxiv; In h., ii, vi; ApoL in Ruf,, ÎII, 34; De viris ill,, Î4 ; Jean Chrys.^ In Jud., orat. v, 44 ; Chron. d*Alexandrie, à l'an 4 4 9 ; Orose, VII, 4 3 ; Chronicon samaritanum, on Liber Josué (édit. Juynboll), c. 47; Mischna, Taanilh, iv, 6, 7, 8; Aboda zara, i, 8; Talm. de Jér., Taanith, iv, 8, fol. 68 d, 69a; Talm. de Bab., GiUin,tn a, b; Taanilh,t^ a; Sanhédrin, 97 b; Midrasch Eka, ii, 4,2; Tarihouma, 67 c; Séder olatn, c. 30. Sur la date, voyez Marquardt, Rœm, StaatsverwaU,, I, p. 262; Eckhel, VI, 482; Saulcy, Numism. de la Palest., p. 83. Inscr. dans Renier, Inscr, rom. de l'Alg., n*» 2320.
2. Talm. de Jér., Maasëroth, m, 8; Talm. de Bab., Baba metsia, 84 a. Cf. Derenbourg, dans les Mélanges de l'Ec, des hautes études, 4878, p. 468etsuiv.
403 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 132]
plus d'un tort. L'administration d^Adrien devenait chaque jour moins tolérante envers les sectes orientales, dont l'empereur se moquait. Plusieurs légistes pensaient que la circoncision était, comme la castration*, un sévice punissable*. Elle fut interdite*. Les cas où ceux qui avaient pratiqué l'épispasme étaient forcés par les fanatiques à se faire circoncire de nouveau * pouvaient surtout donner lieu à des poursuites. Jusqu'à quel point la justice impériale s'avança-t-elle dans cette voie fâcheuse et contraire à la liberté de conscience ? Nous l'ignorons. Adrien n'était certes pas l'homme des excès. Dans la tradition juive, tout l'odieux de ces mesures pèse sur Tineius Rufus ', qui était alors légat propré-
4, Suétone, /)om.^7; Dion Cassius, LXVII, 2; E usèbe, CAron., an 2 deDom.; Martial, IX, 7 et 9 ; Pbilostrate, ApolU, VI, 42; Amrnien Marcellin, XYIII, 4; Saint Justin, Apol. I, 29.
2. Les Romains s'y montrèrent toujours très-contraires en Orient. Bardésane, dans Cureton, Spic. syr,, p. 30.
3. Velabaniur muUlare genilalia, Spartien, Adr., 44. Cf. Spart., Sev., 47. Ce qui porte à prendre ce passage à la lettre et comme impliquant une loi formelle, c'est qu'Antonin permit aux Juifs de circoncire leurs fils : Circumcidere Judœis fiiios suos lanlum rescriplo Divi PU permittilur (Modostin, De sicariis, Dig., XLyiII, VIII, 4 4). Cela suppose une loi antérieure qui défendait de circoncire qui que ce fût.
4. Talm. de Jér., Schabbalh, xix, 2; Bereschith rabba, xl^ fin; Talm. de Bab., Jehamoth, 72 a.