Ce nom complet nous est donné par la Chronique d'Eusèbe
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teur de la province de Judée*, et dont les mécontents changèrent le nom en Tyrannus Rufus *.
Ces tracasseries, auxquelles il était facile d'échapper dans les cas qui seuls importaient aux familles pieuses, savoir les cas relatifs à la circoncision des enfants, ne furent pas la principale cause de la guerre. Ce qui réellement mit les armes aux mains des Israélites, ce fut l'horreur que leur causait la transformation de Jérusalem ou, en d'autres termes, les progrès de la construction d'^Iia Capi-
(dans V Histoire ecclésiastiqtte, il y a simplement ^oûçoç). Saint Jérôme et le Syncelle ont lu Tîwtoç; le manuscrit sur lequel a travaillé le traducteur arménien portait Tiuvicu. Saint Jérôme, In Zach.j vin (0pp., III, 4753, Mart.), nomme ce personnage T, Annius Rufifilius. Borghesi (0pp., IV, p. 467; VIII, 189 et suiv., 581) a trdnché la question en faveur de la forme Tineius, et il retrouve notre personnage dans une inscription de Marini, Fr. Arv.j p. 664, note 404. La gens Tineia eut de l'importance (Marini, Arv.j 653; Borghesi, VIII, 489 et suiv.; Waddington, Fastes, 248 et suiv.; Médailles, dans Noris, De epoch. Syromaced., p. 399). On trouve un T. Turranius Rufus dans une inscription latine de Dalmatie, n* 2874 du Corpus; cf. n* 2840. Le célèbre Rufin d'Aquilée s'appelait Tyramiius Rufinus,
4 . Sur ces légats propréteurs, qui avaient succédé aux procurateurs, voir Corpus inscr. gr,, n'» 4029, 4544, 4646, en tenant compte des corrections de M. Waddington.
2. Les talmudistes ont confondu les mesures vexatoires et celles qui suivirent la guerre. Mais il résulte de Tinscription de Dalmatie, n** 2830 [Corpus inscr, lat., III, 4« partie, p. 368) que Tineius Rufus ne fut pas légat de Judée après la guerre.
m ORIGINES DU CHRISTIANISME. fAn 132]
tolina. La vue d'une ville païenne s'élevant sur les ruines de la ville sainte, l'emplacement du temple profané, ces sacrifices païens, ces théâtres élevés avec les pierres mêmes de l'édifice vénéré, ces étrangers habitant la ville que Dieu avait aimée, tout cela leur paraissait le comble du sacrilège et du défi*.
Loin de vouloir rentrer dans cette nouvelle Jérusalem profane, ils la fuyaient comme une abomination. Le sud de la Judée, au contraire, était plus que jamais une terre juive. 11 s'y était formé une foule de gros bourgs, poavant se défendre, grâce à la disposition des maisons, lesquelles étaient serrées en masse compacte sur le sommet des collines. Bélher était devenu pour les Israélites de ces parages comme une seconde ville sainte, un équivalent de Sion *. Les fanatiques se procurèrent des armes par un singulier stratagème. Ils devaient fournir aux Romains une certaine quantité d*ustensiles de guerre ; ils les fabriquaient mal exprès pour qu'on les refusât et que ces armes rebutées restassent à leur disposition. Ils faisaient, à défaut de fortifications apparentes, d'immenses souterrains; les défenses de Béther étaient
4. Dion Cassius, LXIX, 4 2; Chronique d'Alexandrie, à l'an 449; Eusèbo, Démonslr, évang., VIII, 3, p. 406. 2. Voir les Évangiles, ch. u.
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complélées par des ouvrages avancés en pierraille. Ce
qui restait de Juifs en Egypte et en Libye accourait pour grossir la masse des révoltés*.
Il faut rendre cette justice aux parties éclairées de la nation qu'elles restèrent en dehors d'un mouvement qui supposait une prodigieuse ignorance du monde et un complet aveuglement. En général, les pharisiens se montrèrent défiants, réservés. Beaucoup de docteurs s'enfuirent en Galilée *, d'autres en Grèce % pour éviter l'orage qui s'approchait. Plusieurs ne cachaient pas leur fidélité à l'empire, lui attribuaient même une sorte de légitimité*. Rabbi Josué ben Hanania paraît avoir agi jusqu'à son extrême vieillesse dans le sens de la conciliation; après lui, disent les talmudistes, se perdirent le conseil et la prudence *. On vit dans cette circonstance ce qui s'était toujours vu depuis plus de cent ans : le peuple, facile à duper au moindre souffle d'espérances messianiques, allait en avant malgré les docteurs ; ceux-ci ne pensaient qu'à leur casuistique, et, s'ils mouraient, ce n'était pas en combattant, c'était pour se défendre de manquer à la Loi.