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Talm. de Bab., Chulin, 423 a

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Jéhovah est le Dieu unique! » 11 traîna sur le mot « unique » (éhad) jusqu'à ce qu'il expirât. Une voix céleste se fit entendre : « Heureux Aquiba, qui est mort en prononçant le mot « unique M »

Israël n'arrivait aux idées de l'immortalité que tardivement et par des expériences successives. Le martyre imposait cette croyance par une sorte de nécessité*. Comment prétendre que ces observateurs scrupuleux de la Loi, qui mouraient pour elle, avaient ici-bas leur récompense? La réponse qui suffisait pour des cas comme celui de Job et de Tobie * ne suffisait plus ici. Comment parler de longue vie heureuse* pour des héros expirant dans une mort atroce? Dieu était donc injuste, ou bien les saints ainsi tourmentés étaient de grands coupables. On vit des martyrs au moyen âge embrasser cette der-

4, talm. de Babyl., Berakolh, 61 h; Jebamoth, 108 b; Sanhédrin, 12 a; Taira, de Jér., Berakoth, ix, 7; Jebamoth, XII, 12; calendrier juif, 5 detisri.

2. Dans Pesahim, 50 a, la première place dans le ciel est pour les martyrs, tels que Julianus et Pappus. Le récit do la mort d'Âquiba, dans Berakoth babéli, comparé au même récit dans Berakoth ierouschalmi (passage parallèle), montre bien le progrès des idées.

3. Voir Talm. de Bab., Berakolh,^^ 6^ les efforts puérils pour prouver que tout ce qui arrive est bon et juste.

4. « Sepelierunt eum cura gaudio. » Tobie^ xvi, 16 (latin), — eéJ^v* {Al xaXôi;, mOme livre, xiv, 10 (grec).

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nière thèse avec une sorte de désespoir*, et, quand on les conduisait au supplice, soutenir qu'ils l'avaient mérité, qu'ils avaient commis toute sorte de crimes. Mais un tel paradoxe devait être rare. Le règne de mille ans réservé aux martyrs fut la première solution qu'on essaya pour ce redoutable problème. Puis il fut reçu que les ascensions au ciel en esprit, les apocalypses, la contemplation des secrets sublimes de la Gabbale étaient la récompense des martyrs*. A mesure que l'esprit apocalyptique se perdait, la tikva, c'est-à-dire l'invincible confiance de l'homme en la justice de Dieu, prenait des formes analogues au paradis permanent des chrétiens. Jamais cependant cette foi ne fut chez les Israélites un dogme absolu; il n'y en avait pas trace en la Thora; or comment supposer que Dieu eût privé exprès les saints antiques d'un dogme aussi fondamental ?

Toute espérance de voir se relever le temple fut désormais perdue. Môme la consolation d'habiter

4 . Comparez Tidée analogue des gnostiques; ci-dessus, p. 453-

5. Cela se voit bien dans les traditions sur le martyre et Tascension d'Isaïe, dans le fait d'Aquiba, supposé créateur de la Gabbale, dans les légendes des dix martyrs, etc. Voir Jellinek, Beth hafnmidrasch, VI"»" partie, p. xvii-xix, xxxvii-xxxviii. Comp. Cantique d'Azarias, y. 63.

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près des lieux saints, il fallut y renoncer. L'espèce de culte que le peuple juif avait voué à la terre qu'il croyait lui avoir été donnée par Dieu fut le mal que l'autorité romaine voulut guérir à tout prix, pour couper à l'avenir la racine des guerres judaïques. Un édit chassa les juifs de Jérusalem, ainsi que des environs, sous peine de mort. La vue même de Jérusalem leur fut refusée*. Un seul jour par an, à l'anniversaire de la prise de la ville, ils obtenaient l'autorisation de venir pleurer sur les ruines du temple, et oindre d'huile une pierre percée qu'ils regardaient comme marquant le saint des saints*; encore cette permission était-elle fort chèrement achetée*. « Ce jour-là, dit saint Jérôme, tu pourrais voir une foule lugubre, un peuple misérable, sans

4. Justin, Apol. I, 47, 53; Dialog.j 46, 92; Celse, dans Orig., VIII, 69; Tertullien, Adv, Jud,, 43; ApoL, 46 et 24; Eusèbe, H, E.j IV, VI (Moïse de Khor., II, 60); Chran,, année 4 9 d'Adrien; Démonstr. évang.. Il, 38 ; VI, 48 ; VIII, sub un.; In Psalm., p. 267, 382, Montf.; TMophanie, 9; Grég. de Naz., orat. xii, p. 202; saint Jérôme, In Soph., ii, In 7«., vi; In Dan,, ix; Jean Chrys., In Jud., v, 44; Sulpice Sev., II, 46; Orose, VII, 43; saint Hilaire, In Psalm., lviii, § 42. Cf. Midrasch Eka, ii, 2 ; GrœU, IV, p. 462-463.

2. Pèl. de Bordeaux, p. 47 (Tobler), lapis perlusus, peut-être la Sakhra.

3. Origène, InJosue^hom xvn, p. 438, Delanie ; saint Jérôme, InSoph,j I, 45 et suiv. ; In Jerem., xviii, xx, xxx; Pèl. de Bordeaux, /. c; saint Grég. de Naz., L c.

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qu'il réussisse à obtenir la pitié, s'assembler, s'approcher. Des femmes décrépites, des vieillards en haillons... Tous pleurent. Et voilà que, pendant que les larmes inondent leurs joues, qu'ils lèvent leurs bras livides et tordent leurs cheveux épars, le soldat s'approche et leur demande de payer pour avoir le droit de pleurer encore un peu*. » Le reste de la Judée fut aussi interdit aux israéiites, moins rigoureusement cependant; car certaines localités, telles que Lydda, conservèrent toujours leurs juiveries*.

Les Samaritains, qui n'avaient pas pris part à la révolte, n'en souffrirent guère moins que les Juifs*. Le Garizim eut, comme le Moria, son temple de Jupiter*; l'interdiction de la circoncision les atteignit

4 . In Soph., I. c. L^ordre d'expulsion avait été renouvelé par Constantin (Eutychius, Ann., I, 466). Durant le m* siècle, il était presque tombé en désuétude. Grœtz^ IV, p. 462-463; Derenbourg, MéLj^. 466-167.

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