‹ L'église chrétienneChapitre 159 sur 371 · Eusèbe, /7. E,, Vt, xii, 1 ; Actes de saint Pione · texte numérisé non relu

Eusèbe, /7. E,, Vt, xii, 1 ; Actes de saint Pione

3. Digesle, de Decurionibus, L, ii, 3 (loi de Septime Sévèro, en tenant compte de Spart., Sév,, 17); Philosophum,, IX, 4 î (fait de Calliste); Lampride, Alex, Sdv., 22 {Judœis privilégia reservavit). Cf. Origène, Ad Afric, 44 ; De princ,, IV, c. i; Epiph., haer. xxx. Voir ci-dessus, p. 227.

4. C'est l'origine des recueils Mekhilta^MV TExode, Sifré sur les Nombres et le Deutéronome, Sifra sur le Lévitique.

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troduisit, une sorte de classification par ordre de matières, impliquant des divisions et des subdivisions comme celles d'un Corpus juris. Ainsi, à côté de la Thora, se forma un second code, \b, Misthna^ . On cessa de prendre TÉcriture pour base, et, à vrai dire, avec le goût des interprétations arbitraires

qui s'était introduit, TEcriture était devenue presque inutile. Il ne s'agissait plus réellement de bien comprendre la volonté du législateur ; il s'agissait de trouver à tout prix dans la Bible des arguments pour les décisions traditionnelles, des versets aux-

4. MisckML répond à peu près à « leçons orales », « reproduction do choses sues par coeur » (en chaldéen, malnitay d'où tanaïnij « docteurs mischniques »), en opposition avec mikra, a texte écrit pour la lecture publique ». Comparez chez les musulmans korm et swuntu. C'est par une légère confasion que les Grecs ont rendu mischna par hm^tùoiu Saint Épiphane, haer. xv, XXXIII, 9; anaceph., p. 4446; saint Jérôme, In Is., viii, 44; x, 4 ; XXIX, 20; cf. 0pp. t. III, p. 90, 525; IV, p. 207, Martianay; saint Augustin, Contra adv. legis et propk,, II, 4 ; saint Maxime, 0pp. Dionys. Areop., II, 460 (Anvers, 4634). Saint Épiphane rinterprète très-bien «apa^cffei; râv^psor^uTEpcùv. Novellcs, cxlvi, 4 • secunda editio. Saint Jérôme, De viris ilL, 48, fait ^eu7ep»9i< synonyme de ic«p«îc<ttç. Voy. ci-dessus, p. 420, note 3. Cest à tort qu'on a cru pouvoir conclure de certains passages du Talmud (GratK, IV, 449 et suiv., 494 et suiv.) que la Mischna ne dut être écrite que longtemps après sa rédaction. Le vrai sens de ces passages est qu'on doit enseigner la Mischna, et non la lire d*une façon Mcramentelie, tandis que la Bible doit être récitée avec le texte snos les yeux, môme par celui qui la sait par cœur.

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quels on pût rattacher les préceptes reçus. Il est dans la destinée des religions que le livre sacré soit toujours ainsi étouffé par le commentaire. Ce ne sont pas seulement les livres sacrés qui forment les religions; ce sont les circonstances, c'est la force des choses, impliquant mille besoins auxquels l'auteur primitif n'avait pu songer. La coïncidence entre les livres sacrés et l'état religieux d'une époque n'est donc jamais parfaite ; Thabit ne va que médiocrement à la taille ; le commentateur et le traditîonniste viennent alors et procèdent au rajustage. C'est ainsi que, au lieu d'étudier le livre sacré en lui-même, on trouve mieux, à partir d'une certaine époque, de le lire dans les codes qui en ont été tirés ou plutôt qu'on a su y adapter * .

L'essai pour codifier la loi orale juive se fit de plusieurs côtés à la fois. Nous ne possédons plus la Mischna de Rabbi Aquiba, ni tant d'autres qui ont existé*. La Mischna de Juda le Saint, rédigée soixante ans plus tard, a fait oublier celles qui

4 . Vers la fin du moyen âge, les théologiens scolastiques en étaient arrivés à ne presque plus lire la Bible, les jurisconsultes à ne presque plus lire les sources du droit. Du reste, le Talmud lui-même se vit négligé pour les traités plus méthorliquos de Maimonide et des autres canonistes juifs.

2. Épiphane, xv, xxxiu, 9; Talm. de fiab., Horaioih, 43 6. Graetz, IV, 55 et suiv., 430, 431.

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Tavaient précédée; mais Juda le Saint n'inventa pas toutes les divisions, tous les titres. Plusieurs des traités de sa compilation étaient complètement rédigés avant lui*. Après Aquiba, du reste, les écoles originales disparaissent. Les docteurs, désormais pleins de respect pour des prédécesseurs qui leur paraissaient entourés de l'auréole du martyre, n'essayent plus de méthodes nouvelles; ce sont de simples compilateurs. Ainsi, en même temps que les chrétiens, les juifs se firent une nouvelle Bible, qui rejeta un peu dans l'ombre la première. La Mischna fut leur Evangile, leur Nouveau Testament. Du livre juif au livre chrétien la distance est énorme. C'est un des phénomènes les plus extraordinaires de l'histoire que l'apparition simultanée, dans la même race, du Talmud et de l'Evangile, d'un petit chef-d'œuvre d'élégance, de légèreté, de finesse morale, et d'un lourd monument de pédanterie, de misérable casuistique et de formalisme religieux*. Ces deux jumeaux sont assurément les deux créatures les plus dissemblables qui soient jamais sorties du sein d'une même mère. Quelque chose de barbare et d'inintelligible, un mépris désolant de la langue et de la forme, un manque absolu de distinction, de talent,

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