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ïlpUre ï Diognète

252 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 135]

tivité qu'il y a déployée a été la même que s'il eût labouré un sol large et fécond; or le résultat d'un travail opiniâtre, appliqué à une matière ingrate et sèche, c'est la subtilité. Vouloir tout trouver dans un texte, c'est s'obliger à des tours de force puérils. Quand on en a épuisé le sens naturel, on cherche les sens mystiques, puis on se met à compter les lettres, à les supputer comme des chilTres, etc. Les chimères de la Cabbale et du Notarikon ont été la dernière conséquence de cet esprit d'exactitude à outrance et de servile ponctualité. Il y avait, dans un pareil entassement de disputes sur la meilleure manière d'accomplir la Loi, la preuve d'une foi religieuse bien ardente. Qu'il nous soit permis de rajouter, il y avait aussi une sorte de jeu d'esprit, un amusement. Des hommes ingénieux et actifs, condamnés à une vie sédentaire, chassés des lieux publics et de la société générale du temps, demandaient aux combinaisons de la dialectique, appliquées à des textes légaux, une manière de tromper leur ennui. Même encore de nos jours, dans les pays où les israolites vivent exclusivement entre eux, le Talmud est, si on peut le dire, leur grand divertissement. Les réunions qu'ils forment pour en éclaircir les difficultés, pour discuter des cas obscurs ou imaginaires, leur semblent des parties de plaisir. Ces subtilités, selon

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nous fastidieuses, ont paru et paraissent encore à des milliers d'hommes la plus attachante des applications de l'esprit humain.

A partir de ce moment, Israël a tous les défauts des hommes solitaires ; il est morose, malveillant. Jusque-là, l'esprit de Hillel n'avait pas complètement disparu; quelques portes au moins de la synagogue avaient été ouvertes au converti. Maintenant on ne veut plus de prosélyte. Israël prétend avoir la loi vraie, la loi unique, et en même temps il prétend que cette loi n'est que pour lui. Celui qui cherche à s'agréger au peuple de Dieu est repoussé avec injure. Certes il était bien d'y mettre de la discrétion et d'avertir le néophyte des dangers et des inconvénients qui l'attendaient *. Mais on ne s'arrêta pas là: tout prosélyte fut bientôt envisagé comme un traître, comme un transfuge qui ne ferait que traverser le judaïsme pour passer aux chrétiens. On proclama que les prosélytes étaient une lèpre pour Israël *, et que la défiance jusqu'à la vingt-quatrième génération était tout ce que méritaient ces importuns ^ La sage distinction que faisaient, au point de vue des céré-

4. Talm. de Bab., Jebamolh, 47 a; Kidduschin, 70 b; Masséket Gérim, init. (édit. Kirchheim).

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