Épiph., hœr. xxv
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plicité religieuse. Les hérésies du iv* et du v« siècle, ayant leur centre en Syrie, sont une espèce de protestation permanente contre les doctrines exagérées sur la trinité et l'incarnation que les Pères grecs avaient fait prévaloir. « Comment celui qui donne la vie serait-il devenu mortel ? se demandait Théodoret. Celui qui a souffert, c'est un homme que Dieu a pris parmi nous. Les souffrances appartiennent à l'homme, qui est passible. C'est la forme de l'esclave qui a souffert. » — « Je ne porte pas envie au Christ, qui est devenu dieu, disait Ibas d'Edesse ; car je peux devenir ce qu'il est devenu. » Et, le jour de Pâques, il osait s'exprimer ainsi : « Aujourd'hui, Jésus est devenu immortel*. » C'est la pure doctrine ébionite ou nazaréenne*. L'islamisme ne dit pas autre chose. Mahomet connut le christianisme par ces communautés ultra-jordaniques, opposées au concile de Nicée et aux conciles qui développèrent celui de Nicée. Les chrétiens sont pour lui des nazaréens '. Le docétisme des musulmans a sa racine dans les mêmes sectes ^.
4. Ms. syr. du Musée Brit., dans Martin, le Pseudo-Synode d'EphêsCj p. 34, 33, 34.
SI. Voir les Évangiles, p. 49 et suiv.
3. Nesara, nom des chrétiens chez tous les peuples arabes et musulmans.
4. Voir surtout Épiphane, hœr. xxx, 3. Cf les Évangiles, p. 460 et suivantes.
âëô ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 135]
Si Tislamisme substitue la kibla de la Mecque à celle de Jérusalem*, il rend d'un autre côté les plus grands honneurs à l'emplacement du temple; la mosquée d'Omar s'élève sur la place souillée par les chrétiens. Omar travailla lui-même à enlever les ordures, et le monothéisme pur rebâtit sa forteresse sur le mont Moria*. On dit souvent que Mahomet fut un arien ; cela n'est point exact. Mahomet fut un nazaréen, un judéo-chrétien. Le monothéisme sémitique reprit par lui ses droits et se vengea des complications mythologiques et polythéistes, que le génie grec avait introduites dans la théologie des premiers disciples de Jésus.
Il y eut un côté par lequel les ébionites hébreux eurent de l'importance dans le travail littéraire de TEghse universelle. L'étude de l'hébreu biblique, si négligée dans les Églises de Paul, continua de fleurir parmi eux. De leur sein ou du sein de sectes très-voisines sortirent les célèbres traducteurs, Sym-
4. Mahomet parait avoir hésité pour la kibla entre Jérusalem, rOrient et la Gaaba de la Mecque.
2. Théophane, C/irono/7r.^ p. 284, Paris; Eutychius, i4nn.^ II, p. 284 et suiv, 364, Oxford; Guillaume de Tyr, I, 2; VIII, 3; Modjir-oddin, p. 35, 48, édit. Sauvaire, et dans les Fund^ grubendes Orients, V, p. 461, 462. Il paraît qu'Abdelmélik, en bâlissant la mosquée, eut l'idée de l'opposer comme lieu de pèlerinage centra! à la Mecque.
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niaque, Théodolion. On présente ces personnages tantôt comme des ébionites, tantôt comme des samaritains,toujours comme des prosélytes, des transfuges, des hérétiques judaïsants*. Les controverses sur les prophéties messianiques, notamment sur Valma^ la prétendue vierge-mère d'Isaïe, ramenaient à Tétude du texte*. L'Evangile hébreu et son frère, légèrement adultéré, l'Évangile de Matthieu, avec ses légendes au début et ses généalogies, étaient un autre objet de polémique '. Symmaque surtout paraît avoir élé dans ces Églises lointaines un docteur universellement respecté*.
C'est dans des conditions peu différentes de celles qui viennent d'être décrites que se fit aussi, à ce qu'il semble, la version syriaque, dite PeschitOj de l'Ancien Testament. Selon les uns, elle aurait eu
4. Irénée, III, xxi, 4 ; Eusèbe, H, E,, VI, 17; Démonstr., VII, 4 ; Théodoret, //œr. fab,, II, 4 , 2 ; saint Jérôme, De viris ilL, 54; Ép. 89 (74), ad Augusl.; Prœf. in Dan., in Esdram, in Job; In Habacuc, m; In Ruf., II, col. 423 et suiv., Mart.; Épiph., De mens. J 6, 47; Synopsc d'Athan., 77, 0pp., Il, p. 203; A?sémani, BibLor.j II, 278 et suiv. ; III, 4'* part., 47. Selon d'autres données, cependant (Ëpiph., De mens,j41)^ Théodotion viendrait de Fécole de Marcion.