Tertullien, ApoL
^08 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 138]
Pendant que le monde se reprenait à vivre, les juifs et les chrétiens s'obstinaient plus que jamais à
vouloir qu'il fût à sa dernière heure. Nous avons vu le faux Baruch s'épuiser en annonces vagues. La sibylle judéo-chrétienne, pendant tout ce temps, ne cessait de tonner *. La splendeur toujours croissante de Rome était un sanglant outrage à la vérité divine, aux prophètes, aux saints. Aussi s'appliquait-on à nier effrontément la féHcité du siècle. Tous les fléaux naturels, qui continuaient d'être assez nombreux*, étaient présentés comme des signes d'une colère implacable '. Les tremblements de terre d'Asie, passés et actuels*, étaient exploités dans le sens des
4. On peut rapporter à ces temps certaios morceaux du paragraphe 3 du livre III de Carmina sibyllina. Minucius Félix, \\ : « Mundo cum sidoribus suis minantur incendium. »
2. Les tremblements do terre et les fléaux naturels continuaient d'être très-fi('M]uents, depuis l'effroyable Iromblement do terre qui bouleversa Antiocbe et tout l'Amanus en 415. Voir Dion Cassius (Xiphilin), LXX, 4 ; LXXI, 32 ; Eusèbe, Chron., ann. 6 et \\ d'Adr.; Sparlien, Adr,, 21 ; Capitolin, Ant, Pius, 89; Aurelius Victor, Epit,, 46; Eutropo, VIII, 43; faux n^scrit d'Anlonin, dans Eus., H. E., IV, 43; Chron, Alex., an 428, etc.; iElius Aristide, III, p. cxiii, cxlvj, édit. Dindorf; Mém.de VAcad, des xmcr,, nouv. série, t. XXVI, 4« partie, p. 242-245, 267-268; Tillemont, Emp,, H, Marc-Aurèle, art. 24; Anlonin, art. 6; index, p. 623; Mém., II, p. 383; Corpus inscr. gr,, n° 4404.