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comme la grande gloire de Pierre; ce fut par là que ce dernier prit réellement possession de la ville éternelle. D'après la légende, sa mort suivit de près sa victoire; Néron, irrité de la mésaventure de son jongleur de prédilection, fit subir h Tapôlre le dernier supplice.
Telle est la légende qui, sortie vers Tan 125 des passions et des rancunes de la partie juive de l'Eglise de Rome , s'adoucit peu à peu et produisit, vers la fin du règne d'Adrien, l'ouvrage, en dix livres, intitulé a la Prédication de Pierre * » ou « les Voyages de Pierre ». On était arrivé, pour la rédaction, à couper la légende en trois parties. La « Prédication » contenait le récit de l'apostolat de Pierre en Judée*; les Periodi comprenaient les voyages de Pierre et ses controverses en Syrie et en Phénicie contre Simon*. Le séjour à Rome et les luttes devant l'empereur étaient le sujet des « Actes » de Pierre, autre com-
4. XiipuffAsi ntfrpou et n^rpGu ircpîc^ci. Cf. Lettre de Clément à Jacques, en tête des Homélies et des Recogn., § 20; lettre de Pierre à Jacques et la Conlestalio (en tôle des Homélies). Comp. Recogn., 1,47; III, 74, 73; V, 36; Homélies, i, 20.
2. Lu Cérygme répondait aux trois premiers livres des Rëcognitions.
3. Comp. Recogn,, IV, init. et la suite. L'histoire des dernières transformations des deux premières parties de la légende de lUerre et la façon dont elles ont pris la forme d'un roman, attribué à Clément, seront exposées dans notre livre Vil.
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position qui forma en quelque sorte la suite du Cérygme et des Périodes \ Ces récits de voyages apostoliques, pleins de charme pour l'imagination chrétienne, donnèrent naissance à de nombreuses compositions, qui tournèrent de bonne heure au roman. On entremêlait le récit de sermons pieux ; on faisait de Pierre le prédicateur de toutes les bonnes doctrines ; la peinture de Tamour chaste venait vivifier et réchauffer le tableau; le roman chrétien était créé; aucune machine essentielle n'y a été ajoutée depuis. Toute cette première littérature de Cérygmes, de Périodes, fut l'œuvre de sectaires ébionites, esséens et elkasaïtes *. Pierre, présenté comme le véritable apôlre des gentils, en était toujours le héros ; Jacques y apparaissait comme le président invisible d'un cénacle rempli de l'esprit divin, séant à Jérusalem '. L'animosité contre Paul y était sensible *. Comme
4. Pseudo-Abdia«, I, 6; Pseudo-Marcel, dans Fabr., Codex apocr., p. 632 et suiv. Cf. Eusèbe, H.E.,\I^ 4 et 43; 111,3; ConsUt. apost,, VI. 7-9; Photius, cod. cxu-cxiii.