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Épiph., XXX

3. Il ne faut lirer de là aucune conséquence pour la date de ces livres. Môme après Adrien, et quand l'Église judéo-chrétienne de Jérusalem n'exista plus, on put présenter un tel tableau comme un idéal qui avait été réalisé dans l'âge apostolique.

4. Voir surtout Épltre de Pierre à Jacques, en tôte des Homélies pseudo-clém., cb. 2. Cf. Recogn., I, 70, 71, 73; IV, 35; Homél. XI, 35. On montrera, au livre VII de cet ouvrage, que les

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les esséens et les elkasaïles d'Orient, ceux de Rome tenaient à posséder une littérature secrète, réservée aux initiés. On employait les fraudes les plus grossières pour donner à ces produits tardifs de l'inspiration chrétienne une autorité qu'ils ne jnéritaient pas. La rédaction la plus ancienne des Cérygmes de Pierre s'est perdue. Nous ne possédons que deux pièces, qui formaient en quelque sorte l'introduction de l'ouvrage \ La première est une lettre par laquelle Pierre adresse à Jacques, « maître et évêque de la sainte Église » , le livre de ses Cérygmes, et le prie de ne le communiquer à aucun païen, ni même à aucun juif sans épreuve préalable. Il faut, dit Pierre, imiter l'admirable politique des juifs, qui, malgré les diversités d'interprétation auxquelles donne lieu l'Ecriture, ont su garder l'unité de la foi et de l'espérance. Le livre des Cérygmes, mis indiscrètement en circulation, engendrerait des schismes. Pierre ajoute :

Ce n'est pas comme prophète que je sais cela, mais parce que je vois déjà le commencement du mal. Quelques- Homélies et les Recognitianeê sont un remaniement des Cérygmes et des Periodi primitifs.

4 . Ces deux pièces ont été conservées en tête du roman des Beconnaissances, écrit postérieurement (voir notre livre VII). Pbotius fcod. cxii-Gxiii) a déjà bien vu qu'elles ne font pas patrie de l'écrit pseudo-clémeotin.

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uns» en effet, de ceux qui sont d'origine païenne ont repoussé ma prédication, conforme à la Loi, et se sont attachés à l'enseignement, contraire à la Loi et frivole, de THorame ennemi*. De mon vivant, des gens ont osé essayer, par diverses interprétations, de fausser mes paroles dans le sens de la destruction de la Loi. Â les entendre, ce serait là ma pensée, mais je n'aurais pas la franchise de le déclarer*. A Dieu ne plaise! ce serait blasphémer la loi de Dieu proclamée par Moïse, et dont Notre-Seigneur a attesté la durée éternelle en disant : <'Le ciel et la terre passeront; mais pas un iota, pas un trait de la Loi ne passera. » Voilà la vérité; mais il y a des gens qui se croient autorisés, je ne sais comment, à exposer ma pensée, et qui prétendent interpréter les discours qu'ils ont entendus de moi plus pertinemment que moi-même. Ils s'en vont présentant à leurs catéchumènes comme mon opinion vraie des choses auxquelles je n'ai jamais songé. Si de mon vivant de tels mensonges se produisent, que n'osera-t-on pas faire après ma mort?

Jacques décide, en effet, qu'on ne communiquera le livre des Cérygmes qu'aux hommes mûrs et circoncis, aspirant au titre de docteur, qui auront été éprouvés au moins six ans. L'initiation se fera peu à peu, pour que, si les résultats d'une première expérience sont mauvais, on puisse s'arrêter.

4 • TivU lOL^ rôiv à:;ô iOvûv t^ ^Li\L(/\i vop.ifiov àirt^oxipiaaav xiipuYpt>a» TGÛ JxO(>cQ àvOpcdTTou dtvopicfv Tiva Kat f Xuapcû^D irpcorixafiivct ^i^aoxoXiav.

Epist. Pétri ad Jac, 8.

2. Allusion à l'aflaire d'Ântioche. Voir Saint Paul, p. 895 et suiv.

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La communication doit se faire avec mystère, à l'endroit même où se confère le baptême, et avec les formules des promesses baptismales, sekn le rit ossène ou elkasaïte. L'initié devra s'engager à être soumis à celui qui lui transmet les CéïygmeSj k ne les transmettre à personne, à ne les copier, ni laisser copier. S'il arrive qu'un jour les livres qu'on lui donnera comme Céjygmes ne lui paraissent plus vrais, il les rendra à celui qui les lui aura donnés. Lorsqu'il partira pour des voyages, il les remettra « à son évêque, professant la même foi que lui, et partant des mêmes principes * ». En danger de mort, il fera de même, si ses fils ne sont pas encore capables de l'initiation ; quand ils en seront devenus dignes, l'évêque leur rendra les livres comme un dépôt paternel. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que le sectaire doit prévoir le cas où il changerait lui-même de religion et passerait au culte de quelque dieu inconnu. En ce cas, il faut qu'il jure * par son dieu éventuel et s'enlève même l'échappatoire de dire ensuite, pour établir la nullité de son serment, que ce

1 . Tôt értoj&OTcu» fAco t2> ttiv aÔT'fiV Exovrt wîariv xai àno rûv aùrûv

dpfAujjLiv». Contesta tio Jacobi, 3.

2. Ibidem,, 4. Comp. 4, S. Le chrétien ossène ne jure pas; il prend seulement la création à témoin; mais, s^il passait au culle d'un autre dieu, il pourrait jurer. Comparez les réserves qu*oa faisait pour les dieux inconnus. Saint Paul, 473 et suiy.

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dieu n'existait pas. « Si je manque à mes engagements, doit ajouter le néophyte, que l'univers me soit ennemi, ainsi que Téther, qui pénètre tout, et le dieu qui est au-dessus de tout, le meilleur, le plus grand des êtres. Et si je viens à connaître quelque autre dieu, je jure aussi, par ce dieu, que je tiendrai les engagements que je viens de prendre, soit que le dieu existe, soit qu'il n'existe pas. » En signe de société secrète, l'initiateur et l'initié prenaient ensuite le pain et le sel.

Ces bizarreries de sectaires peu éclairés fussent restées sans conséquence ailleurs qu'à Rome ; mais tout ce qui se rapportait à Pierre prenait dans la capitale du monde des proportions considérables. Malgré ses hérésies, le livre des Cérygmes avait pour les orthodoxes un grand intérêt. La primauté de Pierre y était proclamée. Saint Paul y était injurié ; mais quelques retouches pouvaient atténuer ce que de pareilles attaques avaient de choquant. Aussi plusieurs essais furent-ils faits pour diminuer les singularités du livre nouveau et l'adapter aux besoins des catholiques. Ces façofts de remanier les livres dans le sens de la secte dont on faisait partie étaient à, l'ordre du jour *. Peu à peu la force des choses

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