‹ L'église chrétienneChapitre 272 sur 371 · Simil. )x, surtout · texte numérisé non relu

Simil. )x, surtout

5. Il va ici peut-ôire quelque imitation du Tableau do Cébos § 20, etc.

IAnl52J L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 415

« Ton pasteur ne viendra pas ce soir, me direntelles. S'il n'arrive pas, tu resteras avec nous. — Non, leur dis-je; s'il ne vient pas, je retournerai chez moi, et demain matin je reviendrai. — Tu nous es confié, me dirent-elles, tu ne peux nous quitter. » Et je leur dis : « Où voulez-vous que je reste? — Tu coucheras avec nous comme un frère, et non comme un homme, me répondirent-elles, car tu es noire frère ; désormais nous demeurerons avec toi , car nous t'aimons beaucoup. » Je rougissais de demeurer en leur compagnie ; or voilà que celle qui paraissait être la première se mit à m'enibrasser; ce que voyant, les autres se prirent à l'imiter, à me faire faire le tour de Tédiûce et à jouer avec moi. Et moi, comme si j'étais rajeuni, je me mis aussi à jouer avec elles. Les unes exécutaient des chœurs, les autres dansaient, d'autres chantaient, Quant à moi« je me promenais avec elles en silence autour de l'édifice, et j'étais joyeux avec elles. Quand il fut tard, je voulus retourner à la maison; mais elles ne me le permirent pas; elles me retinrent, et je restai avec elles toute la nuit, et je mo couchai à côté de la tour. Les vierges avaient étenilu leurs tuniques de lin à terre, et me firent coucher au milieu d'elles, et elles ne faisaient que prier. Et moi, je pria s sans cesse avec elles, ei les vierges se réjouissaient de nio voir ainsi prier. Et je restai là jusqu'au lendemain, à la deuxième heure, avec les vicrgis. A ors le Pasteur arriva et dit aux vierges : « Vous ne lui avez fait aucun mal? — Interroge-Ie, dirent-elles. — Seigneur, lui dis-je, je n'ai eu que du plaisir à rester avec elles. — De quoi, dit-il, as-tu mangé? — J'ai vécu. Seigneur, lui dis-je, des paroles du Seigneur toute la nuit. — Elles t'ont bien reçu? me dit-il. — Oui, Seigneur, » lui dis-je...

416 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 152]

Ces vierges sont les « esprits saints ^ », les dons du Saint-Esprit, les pouvoirs spirituels du Fils de Dieu et aussi les vertus fondamentales du chrétien. L'homme ne peut être sauvé que par elles. L'ange gardien d'Hermas rendant bon témoignage de la pureté de sa maison, les douze vierges, qui veulent autour d'elles une propreté extrême et se révoltent de la moindre souillure, consentent à y habiter. Hermas promet qu'elles auront toujours chez lui une demeure accommodée à leurs goûts*.

L'auteur d'Hermas est un pur ébion. Le seul bon emploi de la fortune est de racheter des esclaves, des captifs*. Le chrétien, pour lui, est essentiellement un pauvre ; pratiquer l'hospitalité envers les pauvres, les serviteurs de Dieu, voilà ce qui efface même les grands crimes *. « On ne se figure pas, dit-il, quel tourment est la misère; c'est pire que la prison ; aussi voit-on des gens se tuer pour y échapper. Quand un tel malheur arrive, celui qui, connaissant le malheureux, ne l'a pas sauvé est coupable de sa mort •.» L'antipathie d'Hermas contre les

4. "A'fta irviufjiaTa ^uvofoic tcù uicG toû Occû. Sim. ix, 13.

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