II PRÉFACE
montanisme est un phénomène de l'an 170 à peu près^; or le montanisme est un des événements les plus notables du christianisme naissant. Après plus d'un siècle écoulé depuis les étranges hallucinations du cénacle des apôtres de Jérusalem, on vit renaître tout à coup, dans quelques cantons perdus de la Phrygie, la prophétie, la glossolalie, les charismes que l'auteur des Actes des Apôtres raconte avec tant d'admiration. Mais il était trop tard : la religion, sous Marc-Aurèle, après les manifestations désordonnées du gnosticisme, avait bien plus besoin de discipline que de dons miraculeux. La résistance que l'orthodoxie, représentée par Tépiscopat, sut opposer aux prophètes de Phrygie fut l'acte décisif de la constitution de l'Église. On admit que, au-dessus de l'inspira- . ^ tion individuelle, il y avait le jugement moyen de ^ la conscience universelle. Cette opinion moyeniie, qui triomphera dans tout le cours de l'histoire de l'Église et qui, représentant un bon sens relatif, fit la force de cette grande institution, est déjà parfaitement caractérisée squs Marc-Aiv*èle.^Le tableau des premières lutl#^ que seiivrèrent ainsi la liberté indivi-
4. J'ai toujours eu i'intoation de traiter de rhistoire du monta* uisme; mais je rapportais Tapparition de ce mouvement sectaire au règne d'Antonin. C'est là une chronologie que mes dernières recherches m'ont fait abandonner.
PRÉFACE. ni
dtielie et l'autorité ecclésiastique in*a semblé une partie nécessaire de l'histoire que je voulais tracer du christianisme naissant. «^
Une autre raison, a aUieura, m'a décidé à traiter . r avec détails du règne de Marc-Aurële dans ses r^-^>^' ( ^ ports avec la communauté chrétienne, JI ^ a (^eique / chose de partial et d'injuste à se figSreM^ temS^^^^ f *t^^ tive du christianisme comme uniaifi^ae7comme un effort unique et en^^uelque sorte miraculeux de réformation religieuse et sociale. L'œuvre que lechastia- > nisme a su accomplir, bien d'autres la tentèrent. Timidement encore, au i""' siècle, ouvertem^t et avec ^^^Tafau 11% tousIâLJ^on^êtes gens du monde antique aspiraient à unadbucisseme^ des mœurs et des loig. La piété était le besoin universel du temps. A ne coii8idé|Fer que la haute culture intellectuelle, le siècle était enDU^efirh'y avait plus d'esprits aussi déga^ gés que César, Lucrèce, Cicéron, Sénèque; mais un^T^" r inuDeBse travail d'amélioration morale se^'dursulv^i't
également, rarce que le chnsuanisme a tnompne, ce . r nest pas une imisonpom* se montrer injuste envers ces noblesuuuSives, parallèles àm ffleMe/et qui
n^chôuârenrqfci^ gargs qu'elles'iewLÏent trop aristo-
cratiques, trUp^denuees de ce caractère mystique qui