‹ L'église chrétienneChapitre 30 sur 371 · Denys de Cor., dans Eus., //. E., IV · texte numérisé non relu

Denys de Cor., dans Eus., //. E., IV

3. Aristide et Athénagore furent sûrement des philosophes Athéniens. Quadratus fut aussi probablement d'Athènes.

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bets, le plus souvent aux respects des passants \ En embrassant le christianisme, les philosophes se gardaient de répudier leur nom et leur costume*. De là une catégorie de chrétiens inconnue jusque-là. Ecrivains et parleurs de profession, ces philosophes convertis devenaient tout d'abord les docteurs et les polémistes de la secte. Initiés à la culture grecque, ils avaient plus de dialectique et d'aptitude à la controverse que les prédicateurs purement apostoliques. Moment solennel, qui marque l'arrivée à la pleine conscience ! Le christianisme, à partir de cette heure, eut ses avocats. Ils discutaient, et on discutait avec edx. Aux yeux du gouvernement ^ ils étaient des gens plus susceptibles d'être pris au sérieux que les bons adeptes, sans éducation, d'une superstition orientale. Jamais, jusqu'à présent, le christianisme , n'avait osé s'adresser directement à l'autorité romaine pour demander que la fausse position qui lui était faite fût rectifiée. Le caractère d'aucun des empereurs qui avaient précédé n'invitait à de

4. Justin, Dial. cum Tryph., \ ; Orig., Contre CeUe, III^ 50; Martial, IV, B3; Juvénal, xiii, 1î4; Galien, Therap. meth., Xlll, 45; roman de Secunduf* (grec), init.; AmmienMarcellin, XIV, ix, 5.

î. Ainsi Aristide (Eus. yChron., à Tan 427; saint Jér., De viris ilL, tO): Méliton (titre du De veritale, en syriaque); Athénagore (titres de ses ouvrages); saint Justin (litres de ses ouvrages; DiaL cum Ttyph,, init. ; Eus., //. E,^ IV, viii, 3).

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telles explications. La pétition eût sans doute été rebutée et n'aurait été lue de personne. La curiosité d'Adrien, sa facilité d'esprit, la pensée qu'on lui faisait plaisir en lui présentant quelque fait ou quelque argument nouveau, encouragèrent au contraire des ouvertures qui, sous Trajan, eussent été sans objet. Il se mêlait à cela une pensée aristocratique, flatteuse pour le souverain et l'apologiste. Déjà le christianisme dévoile la politique qu'il suivra constamment à partir du iv* siècle, et qui consistera surtout à traiter avec les souverains par-dessus la tête des peuples. « Avec vous, nous voulons bien discuter ; mais la foule ne vaut pas l'honneur qu'on lui donne des raisons*. »

Le premier essai en ce genre fut l'œuvre d'un certain Quadralus *, personnage important de la troi-

(Utv* jxiîvcu; 9i eux ^'Y^^F^^ à^tou; tcû «iroXo^cîaOat au70Î(. Martyr,

Polyc, 40.

2. Eusèbe, Ilist, ecc/.^IV, 3 ; Chron., Schœne, p. 166-467 ; saint Jér., De viris ilL, 49; Epist., 83 (84); Pbotius, cod. clxii. Il est peu probable que Quadralus Tapologiste soit identique à Tévéque d'Athènes, Quadratus, successeur de Publius (Denys de Cor., dans Eus., H. E„ IV, 23). Denys de Corinthe (vers 470) présente le martyre de Publius et la restauration de TÉglise d'Athènes par l'évéque Quadralus comme des faits qui viennent de se passer. Les martyrologes n'ont ici rien de solide. Le prophète Quadralus (Eus., //. E., 111, 37; V, 47) était aussi sans doute un

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sîème génération chrétienne, que Ton dit même avoir été disciple des apôtres. Quadratus remit à Tempereur une apologie du christianisme qui s'est perdue, mais qui fut fort estimée durant les premiers siècles. Il s'y plaignait des tracasseries que de « méchantes gens » suscitaient aux fidèles, et prouvait l'innocuité de la foi chrétienne. Il allait plus loin et cherchait à convertir Adrien par l'argument tiré des miracles de Jésus. Quadratus prétendait que l'on avait connu vivants encore de son temps * quelquesuns de ceux qui avaient été guéris ou ressuscites par le Sauveur. Adrien se fût certainement fort amusé de voir un de ces vénérables centenaires, et son affranchi Phlégon en eût enrichi son traité Sur les cas de lon^ gévité; mais cela ne l'eût pas convaincu. Il avait été témoin de tant d'autres miracles ! et il n'en avait tiré qu'une conclusion, c'est que le nombre des choses incroyables dans ce monde est infini. Phlégon, dans ses recueils tératologiques , avait donné place à plusieurs miracles de Jésus, et certainement Adrien

personnage différent de ces deux-là. La difTuàion du nom de Quadratus à Athènes put tenir à Statius Quadratus, qui remplit les fonctions honorifiques de prêtre des Augustes à Athènes vers 140 (Corpus inscr, ^r.^n» 337; Wadd., Fastes, p. 194, 220-224 ; cf. Arch. des miss,, %• série, t, IV, p. 538-539). Les Quadratus ayant de la notoriété sont du reste très-nombreux à celte époque. 4 . Et; 'wç iftj&tT^pouc XP^'^^C '"^^^ outmv àç ixgvtc.

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avait plus d'une fois causé avec lui sur ce sujet*.

Une autre apologie, ayant pour auteur un certain Aristide, philosophe athénien, converti au christianisme, fut aussi présentée à Adrien. Nous n'en savons rien, sinon qu'elle jouit parmi les chrétiens d'une estime égale & celle qu'obtint l'écrit de Quadratus. Ceux qui purent la lire admiraient l'éloquence, l'esprit de l'auteur et le bel usage qu'il avait su faire des passages des philosophes païens pour prouver la vérité de la doctrine de Jésus*.

Ces écrits, frappants par leur nouveauté, purent n'être pas sans effet sur l'empereur. Des idées singulières en fait de religion lui traversaient l'esprit. Il semble que plus d'une fois il accorda au christianisme des marques d'un véritable respect*. Il fit bâtir un grand nombre de temples ou basiliques sans inscription ni destination bien connues. La plupart restèrent inachevés ou non dédiés; on les appelait des hadrianées ^ . Ces temples vides, sans

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