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CHAPITRE XXIV

te GHRISTIANISMB DANS LBS GAPL^S.

t'éCLlS^ pB LYON.

On crut un moment que la mort de Polycarpa avait mis fin à la persécution S et il semble quMl y eut en effet un intervalle d'apaisement. Le zèle des Smyrniotes ne fit que redoubler ; c'est vers ce temps qu'il faut placer le départ d'une colonie chrétienne qui, partant probablement de Smyrne % porta d'un

i. Âfari. PqIuc, i.

2. Les preuves à cet égard sont : 4® que la lettre des Églises de Lyon et de Vienne, çur les martyres dp 177 (Eus., H. p., y, i), est écrite en grec et adressée ^^^x fgljsea d'Asie et de Phrygie; jl en fut de mêmp de9 épitres dos cpnfes^eurs relatives au inont^nisme [ibiçf., Yf ni, 4J; SI'' que la lettrp des(jites Églises au pape Éieulhère {ibid.j Y, iiiet ivj pst ég4|epf)ept en grep; 3<» que plusieurs d^s cqnfess^urs dp l^ypn sont asiates; 4» qi^'Irénée fut prêtre, puis év^qup f)p r|tig|jse dp Lyqn, après I4 mort dp Pothin (Eus., H, E., V, iv). Quant à l'assertion (je Grégoire de Tours (I, 27) sur unp ipissjoq donpép par Polycarpo à Irénée, c'est une hypothèse gri^uite.

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élan vigoureux TÉvangile en des contrées lointaines, où le nom de Jésus n'avait pas encore pénétré. Un vieillard de soixante et dix ans, Pothin S peut-être Smyrniote et disciple de Polycarpe, était, ce semble, le chef du départ.

Depuis longtemps, un courant de communications réciproques était établi entre les ports d'Asie Mineure et les rivages méditerranéens de la Gaule. Les vieux sillages des Phocéens n'étaient pas tout à fait effacés. Ces populations d'Asie et de Syrie, trèsportées à l'émigration vers TOccident, aimaient à remonter le Rhône et la Saône, ayant avec elles un bazar portatif de marchandises diverses *, ou bien s'arrétant sur les rives de ces grands fleuves, aux endroits où s'offrait à elles l'espérance de vivre '. Vienne et Lyon, les deux principales villes de la contrée, étaient en quelque sorte le point de mire de ces émigrants, qui apportaient en Gaule des

1. Lettre des Églises de Lyon et de Vienne, dans Eus., H. E., V, 1, 29. Polhin avait plus de quatre-vingt-dix ans en 477. 11 est donc vraisemblable qu'il partit d'Asie déjà très-âgé.

2. InscriptioD bilingue de Genay, près Trévoux, dans les A/ém. de la Soc, des antiq. de France, t. XXVIII, p. 4 et suiv.; inscription de la fille du maître de poste Moxif&oç (nom arabosyrien), à Vienne, Le Blant, Inscr, chrét. de la Gaule, n« 423. Cf. n«» 445, 524.

3. Le Blant, n°' 524, 643. Un riche Trallien à Vienne : Corpus inscr, grœc, n» 6783. Voir les Apôtres, p. 300.

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qualités de marchands, de domestiques, d'ouvriers, et même de médecins, que les paysans allobroges et ségusiaves n'avaient sans doute pas au même degré. La population laborieuse ou industrielle des grandes villes des bords du Rhône était pour une forte partie composée de ces Orientaux, plus doux, plus intelligents, moins superstitieux que la population indigène, susceptibles, par leurs manières insinuantes et aimables, d'exercer sur celle-ci une profonde influence. L'empire romain avait fait tomber les barrières d'esprit national qui empêchaient le contact des différents peuples. Des propagandes que les anciennes institutions gauloises, par exemple, eussent arrêtées dès le premier pas étaient devenues possibles. Rome persécutait, mais n'employait pas de moyens préventifs, si bien que, loin de nuire au développement d'une opinion aspirant à devenir universelle, elle y servait. Ces Syriens, ces Asiates arrivaient dans l'Occident ne sachant que le grec. Ils n'abandonnaient pas cette langue entre eux; ils s'en servaient dans leurs écrits et dans toutes leurs relations; mais ils apprenaient vite le latin et même le celtique ^ Le grec, d'ailleurs, qui continuait à être

•rXiTotcv àax^Xcufi^vttv. Irénée, I, proœm., 3.

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parlé dans la région du bas Rhône % était assez répandu à Vienne et à Lyon *.

Sortis d'une région bien limitée, TAsie et la Phrygie, tous presque compatriotes, nourris des mêmes livres et des mêmes enseignements, les chrétiens de Lyon et de Vienne offraient une fare unité. Leurs rapports avec les Églises d'Asie et de Phrygie étaient fréquents; dans les circonstances graves, c'était à ces Églises qu'ils écrivaient*. Ils étaient piétistes ardents, comme en général les Phrygiens; mais ils n'avaient pas la nuance sectaire qui allait bientôt faire des montanistes un danger, presque un fléau dans l'Église. Potbin, reconnu tout d* abord

4 . VaiTOD, cité par saint Jérôme, In Galij lib. ll^proœm.; Slrabon, IV, I, 5; Panégyr. de Constantin le jeune, prononcé en grec, à Arles, en 340, hisL tiU. de la Fr., 1, â« partie, p. 402-104; Vie de saint Géi^airej I, M, datis Mabillon, Acia SS. Ord, 3, Béned., I, p. 66S; Corpus inscr. grœt., n»' 6764 et suiy., notamment 6785, 6786; AUmer, Revue épigraph. (Lyon, 4878), p. 4-2, 49- 50, 408; La Saugsaye, Numi&m, de la Gaule narb., p. 463; Le Blant, inscr,} n»» 52 1, 547.

2. Inscriptions grecques, Corptis inscr. grœc. n«» 6784 et suiv., 679â et suiv.; nombreux noms grecs dans les inscriptions latines; J. G. Bdlliol;, Essai hisL sur l'dbb, de Saînt-Màrlin, I^ p; 47, 48, 50 (AuiUD, 4849); Le Blant, /n^cr. chrëL, A<'* 46, 446, 423; Egger, C Hellénisme en France, I, p. 32, 33. La célèbre inscription chrétienne d'Autun se rapporte au même ensemble de faits. Comp. Le Blant, Manuel d*épigr. chréL, p. 93-94.

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