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IrëDée, V, ch. txxiih

[AniÔSJ L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 473

la capitale religieuse de ce pays. Fourvières et Ainai sont les deux points sacrés de nos origines chrétiennes. Fourvières, à l'époque des annales ecclésiastiques oii nous sommes arrivés, est encore une ville toute païenne ; quant à Ainai {Atfianacu7n) ^ il est permis de supposer que les souvenirs chrétiens ont quelque raison de s'y rattacher. Ce faubourg, situé dans les lies du confluent, en aval de la cité romaine et gauloises devait être une basse ville où abordaient les Orientaux et oîi probablement ils faisaient quelque séjour avant de se placer *. Là fut sans doute le premier quartier chrétien, et la très-ancienne église qui s'y voit est peut-être l'édifice de France que l'ami des souvenirs antiques doit visiter avec le plus de respect. Le caractère lyonnais se dessinait dès lors avec tous les traits qui le distinguent, le besoin de surnaturel, la chaleur de Tâme, le goût de l'irrationnel, la fausseté du jugement, l'ardente imagination, la mysticité profonde et sensuelle. Chez cette race passionnée, les hauts instincts moraux dérivent non de la

I • Les principales questions de la topographie chrétienne de Lyon seront disculées dans notre livre Vîî.

I. £n général, dans les grandes villes, les points d'arrivée déterminent jusqu'à un certain point le groupement des étrangers. Ainsi, à Paris, les environs de la gare de TOuest renferment beaucoup de Bretons; les environs de la gare de TEst beaucoup d'Alsaciens.

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raison, mais du cœur même et des entrailles. Les origines de l'école lyonnaise en art et en littérature sont déjà tout entières dans cette admirable lettre sur le drame effroyable de 177. C'est beau, bizarre, touchant, maladif; il s'y mêle une légère aberration des sens, quelque chose du tremblement nerveux des saints de PépuzeV Les rapports d'Épagathus avec le Paraclet sentent déjà la ville du spiritisme*, la ville où, vers la fin du dernier siècle, Cagliostro eut un temple*. Les anesthésies de Blandine*, ses conversations intimes avec Christ, pendant que le taureau la lance en Taîr ", l'hallucination des martyrs, croyant voir Jésus dans leur sœur, au bout de l'arène, attachée nue à un poteau ®, — toute cette légende qui, d'un côté, vous transporte au delà du stoïcisme, et où, de l'autre côté, on touche à la catalepsie et aux expériences de la Salpétrière, semble un sujet fait

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