Contra Jud
5. In Judœos, homil. v, 11, 0pp., I, p. 045 (Montf.)- Cf. Suidas, au mot P6éXuY(Jia; Chronique d'Alexandrie, à I*an 119.
6. Mischna, Taanilh, iv, 6; Talm. de Bab., Taanith, 29 a. II en faut dire autant de la Chronique Samaritaine^ c. 42.
7. M. Dercnbourg en fait plusieurs fois la remarqu'\ Palestine d'après les Talm., 431-433, 434, 436, note.
8. Comp. Midrasch Eka, ii, 2, ( t Talm. de Jér., Taanith, iv, G, à Midraach Eka, i, 5. Cf. saint Jérôme, In Zach., viii.
a priori, on fit ce qu'on put a posteriori pour lui donner dans rhistoire une base qu'il n^avait pas. Naturellement, c*est sur le premier siège qu'on se rabattit pour cela. Cette confusion a été le piégo où toute l'histoire populaire des catastrophes juives s'est laissé prendre. Comnaei^t préférer de pareilles bévues aux fortes inductions que l'on tire des seuls témoignages historiques qu,e nous ayons dans la question, Dion Gassius et Âriston de Pella?
Deux objections graves me restent à résoudre. Seules, elles font planer des doutes sur la thèse que je soptiens.
La première est tirée d'un passage d'Appjen*. Cet historien, énun^érant les destructions successives qu'ont subies les murs de Jérusalem, place l'une après l'autre et sur la même ligne la destruction de Titus et celle d'Adrien, a qui eut lieu de son temps » (ètr' 8p.oG). ^e passage d'Appien renferme en tout cas une forte inexactitude; il suppose que Jérusalem avait des murs sous Adrien. Appien a l'air de croire que les Juifs, après Titus, relevèrent leur ville et la fortifièrent. Son ignorance sur ce point montre qu'il n'est guidé dans le rapprochement susdit que par 1^ grossière assimilation qui a trompé tout le monde. Les diQiculcultes qu'avait présentées la campagne, les nombreuses 'j:o>.iop)tiai qui l'avaient remplie, expliquent que même un contemporain, qui n'avait pas été témoin des faits*, ait pu commettre une pareille erreur.
Plus grave assurément est l'objection tirée de la nurais-
i. Syr., 50. C'est par erreur que Ti Hem ont {Bist. des emp., I, p. 570) prétend que Pausanias parle d*uno destruction de Jérusalem sous Adrien. Paiisanias, I, 2, dit seulement èxEipuxxocro d;co(TTdvTa;.
2. Appien avait vu en K^ypte la révolte des Juifs sous Trajan (passage découvert par M. Millci*, Revue archéoL, 18G9, 1, p. 101-110); mais, au temps de la guerre d'Adrien, il demeurait à Rome.
matîqqe. li n'est pas doi^teiu q^e les Juifs, durant la révolte, n'aient battii pu surfrappé de^ monnaies. Une telle opération semble au premier cqqp d'œil n'avoir pu se faire qu'à Jérusalem, [^es types de ces monri^ie^ conduisent ^ la même idée. La Jégendp est le pjiis souvent dSvit minS « de la liberté de Jérusalem ». Sur quelques-upes Ogure le temple surmpnté d'une étqile *.
La numismatîqqe juive est plefr^e 4'jocertitudes, et {1 est dangereux dq l'ppposer à n^jstqife ; c'e?t l'histoire, au contraire, qui doit servir à l'éclairer. Aussi l'objection dopt nous parlons nVt-elle pas enipécbé quelques savants numismates de nos jours o|<^ nier résolùnient l'oocupatioii de Jérusalem par les adtiépents 4^ {^^r-Goziba '. On adipettra que les insurgés aient pu battre monnaie à Béther ^ussi bien qu'à Jérusalem, si l'on songe ^ l'état misérable où, dans toutes les hypothèses, était alors Jérusa)em. En outre, il semble que les types des monnaies de la seconde révolte aient été imités ou pris directement sur ceux de la première et sur ceux des Àsmonéens ^ C'est icj un point iipportant, qui mérite l'attention des numjsrpates; car on y peut trouver un principe de solution pour les difficultés qui planent encore sur des groupes entiers du monnayage autonome d'Israël.
Nous voulons parler surtout des monnaies au type de SméoTij nasi d*îsraèL Qn ton^be dans de sqprômes invraisemblances qu^nd on veut prouver ce Siméoji dans BargioraSy dans Bar-Goziba, dans Simon, f]ls de Gan^aliel, etc.
i. Madden, Jemsh Coinage, p. {70-171, 203 et soiy.
S. Madden, op. cit., p. 201, noto 2.
3. Comp. hoyyy Gesclu der jud. MUnsen, p. 104, note; Madden, p. ^P|, 2p3, notes; l^erzbachcr, di^ns |a Zcitschrift fUr Num., de M. de Sallet, t. IV, p. 350 et saiv. Cf. ibid,, V, p. 110-113, 3i9-350.
Aucun de ces personnages n'a pu battre monnaie. C'étaient ou des révolutionnaires ou des hommes de haute autorité, non des souverains. Si Tun deux avait mis son nom sur la monnaie, il eût blessé Tesprit républicain et jaloux des révoltes, et même jusqu'à un certain point leurs idées religieuses (qu'on se rappelle les principes de Juda le Gaulonite). Un pareil fait serait mentionné par Josèphe, pour la première révolte, et l'identité de ce Siméon nasi ne serait pas aussi douteuse qu'elle Test. S*est-on jamais demandé si la Révolution française n'a pas eu de pièces à l'effigie de Marat ou de Robespierre? Ce Simon, selon moi, n'est pas autre que Simon Macchabée, le premier souverain juif qui battit monnaie et dont les pièces devaient être fort recherchées des orthodoxes^. Gomme le but qu'on se proposait était de parer aux scrupules des dévots, une telle contrefaçon suffisait aux exigences du temps. Elle avait même l'avantage de ne mettre en circulation que des types admis de tous. Je crois donc que, ni dans la première, ni dans la deuxième révolte, il n'y eut de monnaies frappées au nom d'une personne alors vivante*. VElcazar hac-cohen de certaines pièces doit probablement s'expliquer d'une manière analogue, que trouveront les numismates'.
Je crois de plus que la dernière révolte n'a pas eu de type propre, qu'elle ne fit qu'imiter des types antérieurs. Une circonstance matérielle confirme cette hypothèse. Sur los pièces dont il s'agit, en effet, on ne lit pas toujours pvniz?; on lit souvent layow ou y av. Ces deux formes
i. Voir ci-degsuB, p. 203 et suiy.
S. Modifier en ce gens ce qui est dit dans V Antéchrist, p. 273-^74.
3. Ne serait-ce pas Éléazai*, frère de Juda et do Simon Macchabée? Sur une monnaie, on trouve d*un côté Eléazar hac-cohen, do l'autre Siméon ou plutôt 7CU.
APPËiNDICES. 540
soDt trop fréquentes pour qu'on y puisse voir de simples fautes. Quant à la seconde, la disposition des lettres, dans beaucoup de cas, est telle qu'on ne saurait supposer que deux lettres jQnales aient disparu. Il n'est pas impossible que cette altération du nom de Simèon ait été faite exprès pour impliquer une prière : a Exauce » ou « Exauce-nous. » C'est, en tout cas, contre toute vraisemblance qu'on voit dans ce nom de Simèon le vrai nom de Bar-Coziba. Gomment ce nom royal du faux Messie, inscrit sur un abondant monnayage, serait-il resté inconnu à saint Justin, à Ariston de Pella, aux talroudistes, qui parlent justement de la monnaie de Bar-Coziba^? Encore moins peut-on y voir quelque président du sanhédrin, dont Bar-Goziba aurait reconnu rautorité*.
Ainsi, de toutes tes manières, on arrive à croire que le monnayage de Bar-Goziba n'a consisté qu'en surfrappes, faites dans un motif religieux, et que les types que portent ces surfrappes étaient d'anciens types juifs, dont on ne saurait rien conclure pour la révolte du temps d'Adrien. Par là sont levées quelques-unes des énormes difficultés que présente la numismatique juive : 1^ ces personnages inconnus à l'histoire ou ces révolutionnaires qui auraient battu monnaie comme des souverains; 2« l'invraisemblance qu'il y a à ce que de misérables révoltés aient fait des émissions monétaires aussi belles et aussi considérables ; 3® l'emploi de ce caractère hébreu archaïque, qui était tout à fait hors d'usage au ii* siècle de notre ère; en supposant qu'on eût affecté de revenir au caractère national, on ne lui
1. Tosifta Maaser schéni, i; Talm. de Jér., Maaser schéni, i, 2; Talm. de Bab., Baba kama, 97 6.
2. Deronbourg, Palestine, p. 424; de Saulcy, Sept siècles de l*hist, jud., p. 395.
6S0 L'ÉGLISE ttlRÉTIENNE.
eût pas donbé des formes si ghindes et si belles i k^ la forme du temple tétrastyle, surmonté d'une étoile ^ Cette forme ne répond Hi peu ni beaîticôlip à la fbrme du temple d'Hérode, Or on sait le scrupule que prenaient les liiônétaires anciens de figurer exacteitieilt la pHysionoitiie Hu temple principal de la ville, d'en rendre lé caractère par des traits sommaires, il est vfai, mais très-fexpressifs. Le temple des monnaies juives, au bontrâire, sdtis froritdn triangulaire, et avec sa porte d'im goût singuliei", peut représenter le secotid temple, celui du iempâ des Macchabées« qui parait avoir étë assez mesquin.
Si Ton repousse cetle hypolhiîse et qiie Fbn liiaintiènflô à la seconde févolte les types qui portent l'effigie du temple et Tère de « la liberté de Jérusalem », noUs dirons que la délivrance de Jërdsàlem et là recdhstructibn du temple étaient l'objet unique des révoltés. Il n'est t)as impossible qu'ils aient fait figurer ces deux idées sUr leurs monnaies avant qu'elles fussent réalisées. On p^eriait pour accompli le fait auquel on aspirait avec tant d^efîorts. Béther, d'ailleurs, était une softe de Jérusalem provisoire, un asile sacré d'Israël *.
La numismatique des croisades présente, du reste, identiquement le tnême phénomène. Après la perte de Jérusalem, en effet, l'autorité latine, transportée à Saint- Jean-d'Acre, continua de frapper des monnaies portant refflgie du saint Sépulcre, avec les légendes + SEPVLCHftl : DOMINI ou REX lERLM. Les monnaies de Jean dd BHenhe, qui ne posséda jamais Jérusalem, présentent aussi Pimagé du saint Sépulcre. « Ce type éminemment caractéristique, dit M. de Vogué, semble être de la part des rois dépossé-
1. Saulcy, Num. jud., pi. xi et xtv; Madden, p. 164, 170, 171.