‹ L'église chrétienneChapitre 45 sur 371 · Vie de Jésm, append., p. 487 et suiv · texte numérisé non relu

Vie de Jésm, append., p. 487 et suiv

58 ORIGINES DU CHRISTlANISxME. [^ 126]

détails que les premiers narrateurs ignoraient ou avaient négligés. Quant aux discours de Jésus, tels que la tradition galiléenne les redisait, TÉglise d'Ëphèse, si elle les connut, les laissa tomber dans une sorte d'oubli. Avec l'esprit du temps, on ne se faisait pas plus de difficulté de prêter à Jésus des discours destinés à fonder telle ou telle doctrine, que les auteurs de la Thora et les anciens prophètes en général ne se firent scrupule de faire parler Dieu dans le sens de leur passion.

Ainsi naquit le quatrième Evangile, écrit de nulle valeur, s'il s'agit de savoir comment Jésus parlait, mais supérieur aux Évangiles synoptiques en ce qui touche l'ordre des faits*. Les séjours de Jésus à Jérusalem, l'institution de l'Eucharistie, que notre auteur fait résulter d'une habitude de Jésus et non d'une parole prononcée à un moment précis, l'agonie anticipée de Jésus, non rapportée au soir de la veille de sa mort, une foule de circonstances relatives à la Passion, à la résurrection et à la vie d'outre-tombe du Sauveur ; certaines particularités : par exemple, ce qui concerne Cana, l'apôtre Philippe, les frères de Jésus, la mention de Glopas comme membre de la famille de Jésus *,

4 . Ce point a été longuement développé dans Tappendice à la Vie de Jésus, ^3* édition ot suiv.

%, Jean, xix, t'ô. Coiiimcnt, si le quatrième Évangile était dénué

sont autant de traits qui assurent à pseudo-Jean une supériorité historique sur Marc et sur pseudo-Matthieu. Un grand nombre de ces particularités pouvaient provenir des récits mêmes de l'apôtre Jean, dont on conservait le souvenir. D'autres prenaient leur source dans une tradition que ni Marc, ni celui qui le compléta sous le nom de Matthieu, ne connurent* Dans plusieurs cas, en effet, où pseudo-Jean s'écarte de la contexture du récit synoptique, il présente des coïn-

cidences singulières avec Luc et avec l'Evangile selon les Hébreux *. De plus, quelques traits du quatrième Evangile se retrouvent chez Justin et dans le roman pseudo-clémentin, sans que pourtant Justin ni l'auteur du roman aient connu le quatrième Évangile. Il y avait donc, en dehors des synoptiques, un ensemble de traditions, de phrases déjà toutes faites et en quelque sorte répandues dans Tair*, que le

de valeur originale en tant que document, y trouverait-on ce détail, confirmé par ce que nous apprennent Hégésippe, les Constitulions apostoliques, etc., sur les parents de Jésus? Voir les ÉvangileSj appendice.

4. Voir Vie de Jésus, 43» édiU, p. lxxx-lxxxi, 545, 524, 527, 530, 533, 534. Comparez encore le récit du reniement de Pierre dans Luc, xxii, 55-6Î, et dans Jean, xviii, 46-17, 25-27. C'est probablement avec raison que le quatrième Évangile donne au père de Pierre le nom de Jean au lieu de celui de Jonas. Comp. TÉvang. des Hébreux, Hilgenfeld, p. 46, 23, 25-26.

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