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60 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 420]
quatrième Evangile nous représente en pai'tie; et traiter cet Évangile de composition artificielle, sans base traditionnelle, c'est en méconnaître le caractère aussi gravement que quand on y voit un document de première main et d'un bout à l'autre original.
Ce qui, dans le quatrième Evangile, est vraiment artificiel, sans base traditionnelle, ce sont les discours qui sont placés dans la bouche de Jésus. La critique doit mettre ces discours sur le même pied que les entretiens dont Platon fait honneur à Socrate. Deux omissions y sont frappantes : on n'y trouve ni une seule parabole, ni un seul discours apocalyptique sur la fin du monde et Tapparition messianique. On sent que les espérances d'un prochain éclat dans les nues avaient perdu une partie de leur forcée Selon le quatrième Evangile, le vrai retour de Jésus après qu'il aura quitté le monde, c'est l'envoi que Jésus
clém,, m, 58; Philosophumena, V, viii, p. 457 (Duncker); Pas-- <6ur d'Hermas, Sim. IX, 42. Cf, Hilgenfeld, Nov. Test, extra can. rec, IV, p. 44, note 2.— Une autre curieuse consonnance se remarque entre Jean, m, 4; Homélies pseudo-clém., xi, 26; Justin, Apol. I, 64.
4. Nous disons une partie; car, outre que certains passages de l'Évangile : v, S8; vi, 39, 40, 44, 54; xi, 24, supposent la résurrection au dernier jour, le retour de Jésus est clairement exprimé dans répUre johannique (I Job., ii, 48, 28; m, 2, 5: iv, 47) et dans l'appendice de l'Évangile (chapitre xxi, 22-23), dont la concordance doctrinale avec l'Évangile lui-même est absolue.
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fera du Paraclet, autre lui-même, qui consolera ses disciples de son départ^. L'auteur se réfugie dans la métaphysique, parce que les espérances matérielles lui paraissent déjà par moments des chimères. La même chose semble être arrivée à saint Paul*. Le goût de l'abstraction faisait qu'on attachait peu de prix à ce que nous trouvons de plus réellement divin en Jésus. Au lieu de ce fm sentiment de la poésie de
la terre, qui remplit les Evangiles galiléens, nous ne trouvons ici qu'une métaphysique sèche, une dialectique roulant sur l'équivoque du sens littéral et du sens figuré. Jésus, dans le quatrième Évangile, parle vraiment pour lui seul. Il se sert d'un langage que personne ne devait comprendre, puisqu'il prend exprès les mots dans un autre sens que le vulgaire, et il s'indigne après cela de n'être pas compris*. Cette fausse situation produit à la longue une impression fatigante, et on finit par trouver les juifs excusables dans leur inintelligence des mystères nouveaux qu'on leur présente d'une façon si obscure.
Ces défauts étaient la conséquence de l'attitude exagérée que l'auteur prête à Jésus. Une pareille attitude excluait le naturel. Jésus se proclame la Vérité et