V. V Antéchrist, p. 82, note
[An 12(>] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. C7
risé; il est le législateur, le révélateur, l'organe de Dieu à l'égard de Thomme spirituel. Il est l'Esprit de Dieu, la Sagesse des livres saints. Philon n'a pas d'idée du Messie et n'établit aucun rapport entre son Logos et l'être divin rêvé par ses compatriotes de Palestine. Il ne sort pas de l'abstrait. Le Logos est pour lui le lieu des esprits, comme l'espace est le lieu des corps*; il va jusqu'à l'appeler un « second Dieu » ou « l'homme de Dieu », c'est-à-dire Dieu considéré comme anthropomorphe *. Connaître le LogoSy contempler la raison, c'est-à-dire Dieu et l'univers, voilà la fin de l'homme. Par cette connaissance, l'homme trouve la vie, la vraie manne qui le nourrit *.
Quoique de telles idées fussent aussi éloignées que possible par leur origine des idées messianiques, on entrevoit cependant qu'une sorte de fusion pouvait s'opérer entre elles. La possibilité d'une incarnation plénière du Logos rentre tout à fait dans l'ordre des
Osxo^ Xg'j^o; TTcpUx'i t«c 2Xa xot TrcjTXTJpcoxfv. PJliloi), l. C.
2. AfUTepoç 6eo;, fragm. dans Eus., Prœp. evang., VII, 13. Ailleurs, 6 «pMTeryovo; uto;, é à^y»^; irpioCûtaTOÇ, âpxa-)(7tXoç, àvôpwTrcç
6ecu (voir surtout, De somniis, I, 40, 41). Comparez, dans la cabbaie juive, Fange Mélatrône et l'ange Sandalphon ((MTââpovoç*
ouva^tXopo^).