Irénée, V, xxxiii
2. V. les Évangiles, p. 524-5112. La coïDcidence est évidente entre le inorceaa sur les vignes messianiques, prêté à Jésus par Papias, et le morceau de TÂpocalypse de Baruch, xxix, 5. Mais Papias n'a pas copié pseudo-Baruch. Son morceau est plus développé et plus original que celui de pseudo-Baruch. Tout cela venait probablement d'apocalypses écloses dans la crise de 68, 69, 70, apocalypses que plusieurs attribuaient à Jésus et dont les discours apocalyptiques, Matth., xxiv, Marc, xiii, sont Hes formes écoiaiées.Y. l'Antéchrist, p. 293 etsuiv. Comparez aussi Hénoch, X, 4 9, et diverses chimères rabbiniques, dans Gebhardt et Harnack, Patres apost., I, 2« partie, p. 88-89.
134 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 1301
place aux énormités du haut Orient. On vise à l'impossible, à une sorte de douceur subversive de l'hunfjanité, comme celle que l'Inde seule a pu, au prix de son anéantissement politique, réaliser dans la vie. L'Église orthodoxe aperçut très-vite le danger de ces chimères; le millenium surtout devint pour tout chrétien sensé un véritable objet d'antipathie. Ne pas prêter à Jésus et aux apôtres une opinion qui, chaque jour, devenait une absurdité de plus en plus évidente; écarter du seuil du christianisme cette cblossale objection que l'idée dominante de ses fondateurs fut un rêve manifeste, ^vint la perpétuelle préoccupation des esprits qui, comme Origène, Denys d'Alexandrie, Euaèbe et les Pères hellénistes, ne virent dans la doctrine de Jésus qu*une philosophie révélée. On chercha tous les moyens possibles pour se débarrasser de l'Apocalypse *. Quant à Papias, qui, de tous les écrivains ecclésiastiques, était le plus fortement pénétré de la pensée primitive, sa fidélité à la tradition lui devint funeste. On s'efforça de le faire oublier; oa cessa de le copier; les curieux seuls le lurent. Eusèbc, tout en ayant pour lui du respect, le déclare sans
4. Vie de Jésus, p, Î93, note 3; l'AnêechrisL, 374-373, aote, 460-464.
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façon un petit esprit, un homme sans jugement ^ Le tort de Papias fut d'êlre trop conservateur. A forée d*être ami de la tradition, il parut arriéré. Le progrès du christianisme devait faire de lui un homme incommode, un témoin à supprimer. De son temps, il répondit sûrement à l'état de bie& des esprits. Les millénaires le tinrent pour leur princi* pale autorité*. Irénée Testime hautement, le place immédiatement après les apôtres, sur le même pied que Polycarpe, et l'appelle, d'un nom fort bien approprié à son caractère, « un homme ancien'». Le discours sur les vignes du royaume de Dieu paraît à l'évêque de Lyon beau et authentique. Irénée admet ces rêves d'un idéalisme concret, dans ce qu'ils ont de plus grossier*. Justin n'y est pas étranger*; TertuHien* et Commodien'' dépassent en maté-
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