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CHAPITRE IX

COMUENCBMEKT DU GNOSTICISIIB»

Le christianisme était à ce moment un enfant nouveau-né. Au sortir des langes, une singulière maladie, une sorte de croup des plus dangereux, fut sur le point de l'étouffer. Le principe de cette maladie était en partie interne, en partie externe. A quelques égards, l'enfant en avait apporté le germe en naissant. Le mal cependant vint en grande partie du dehors ; le milieu malsain où vivait la jeune Église lui causa une espèce d'empoisonnement, auquel elle faillit succomber.

A mesure que l'Église devenait plus nombreuse et qu'une hiérarchie arrivait à se dessiner, la docilité et l'abnégation du fidèle commencèrent à n'être pas sans mérite. Marcher comme une brebis perdue dans les rangs pressés du troupeau paraissait fastidieux ; on voulait sortir de la foule, avoir sa règle à part ; la loi

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commune paraissait quelque chose de peu distingué. De toutes parts, il se forma dans TÉglise des petites aristocraties, qui faillirent déchirer la tunique inconsutile du Christ. Deux de ces aristocraties se dessinèrent avec une rare originalité. L'une d'elles, une aristocratie de piété, fut le montanisme. L'autre, une aristocraties de science, fut le gnosticisme.

Cette dernière se manifesta la première en date. A des esprits initiés aux subtilités philosophiques du temps, les idées et le régime de TEglise devaient sembler quelque chose d'assez humble. La moyenne de bon sens relatif où se tenait l'orthodoxie ne convenait pas à tous. Les raffinés prétendaient avoir sur les dogmes et la vie de Jésus des sens plus élevés que le vulgaire, qui prenait simplement les choses et s'abandonnait sans raisonner à la direction des pasteurs. On chercha du sublime dans des enseignements qui voulaient être reçus avec la gaieté de l'âme pure et embrassés avec la simplicité de la foi*.

Jésus et ses disciples immédiats avaient tout à fait négligé ta partie de l'esprit humain qui désire savoir ; ils ne firent aucune part k la connaissance ; ils ne s'adressèrent qu'au cœur et à l'imagination. La cosmologie, la psychologie et même la haute spé-

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