Irénée, Adv. hcer., I, prooem
142 ORIGINES DD CHRISTIANISME. [An 130]
calation théologique furent pour eux une page blancbe, et peut-^étre eurent-ils raison. Le christianisme ne venait satisfaire aucune vaine curiosité ; il venait consoler ceux qui souffrent, toucher les fibres du sens moral, mettre rhomme pieux en rapport, non avec on éon ou un logos abstrait, maïs avec un Père céleste, plein d*indttlgence, auteur de toutes les harmonies et de toutes les joies de Tonivers. Le christianisme primitif n'eut, de la sorte, ni science, ni philosophie. Saint Paul, surtout vers la fin de sa vie, sent déjà le besoin d'une théologie spéculative ; il se rapproche de Philon S qui, oent ans auparavant, avait essayé de donner au judaîsnie une tour- Dure rationaliste. Les Eglises d'Asie Mineure, vers le même temps, se lançaient dans une sorte de cabbale, qui rattachait le rôle de Jésus à une ontologie chimérique et à une série indéfinie d'avatars*. L'école d'où sortit le quatrième Evangile éprouva de même le besoin d'expliquer les faits miraculeux de la Galilée par une théologie. Jésus fut le hgos divin fait chair; l'idée toute juive de l'apparition future du Messie se vit remplacée par la théorie du Paraclet. Cérinthe obéit à une tendance analogue. A Alexandrie, celte soif